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Vendanges 2017 : petite quantité en blancs, grande qualité dans l'ensemble

Les vendanges battent leur plein en Bourgogne. Visites aux domaines Dureuil-Janthial (Rully) et Mugneret-Gibourg (Vosne-Romanée). Premières impressions raisins en main et tête dans le pressoir...

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Nouvelle cuvée : Les Hospices de Beaune à Puligny-Montrachet

Largement présent à Meursault, les Hospices de Beaune font avec ce millésime leur entrée à Puligny-Montrachet. LG
Largement présent à Meursault, les Hospices de Beaune font leur entrée à Puligny-Montrachet. LG

Une nouvelle cuvée vient enrichir cette année la déjà riche gamme des Hospices de Beaune. L’institution Beaunoise s’est vu léguer une vingtaine d’ares de puligny-montrachet.

Les vignes, d'une quarantaine d'années en moyenne, sont situées dans le Climat Les Reuchaux dans la partie nord de l’appellation (côté Meursault). C’est Bernard Clerc, vigneron du village (Domaine Henri Clerc), qui est à l’origine de ce don effectué dans le cadre de la transmission effectuée à ses enfants. Sa fille Corinne Guillemard-Clerc, installée sur 9 hectares à Puligny-Montrachet également, cultive la vigne. Après récolte, les raisins seront confiés aux bons soins de Ludivine Griveau, régisseur du domaine depuis 2015. La cuvée portera le nom du donateur.

Une nouvelle appellation fait donc son apparition au domaine des Hospices de Beaune. Les donations se poursuivent  à un rythme soutenu : en 2015 et 2011 un chablis premier cru et un echezeaux grand cru venaient étoffer la gamme. La première donation date de 1457 sur le « finage de Beaune » soit 14 ans après la fondation de l’Hôtel-Dieu de Beaune.

La cuvée sera bien-sûr mise en vente aux enchères en novembre prochain.     

 

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Vendanges 2017 : La Bourgogne croise les doigts !

Ils en ont rêvé, le ciel et la vigne l’ont fait ! La Bourgogne avait besoin d’une récolte généreuse pour regonfler des stocks à sec. Ce sera bien le cas en 2017, sauf très improbable catastrophe généralisée. Les vendanges débutent dès cette semaine dans le Mâconnais et la qualité s'annonce au rendez-vous.

Le soleil et la vigne sont généreux en 2017. Photo de Romaric Chavy
Le soleil et la vigne sont généreux en 2017. Photo de Romaric Chavy

Les vignes sont dans l’ensemble chargées de raisins et devraient remplir abondamment les cuves et les pressoirs dans quelques jours. « On va faire du vin cette année », se réjouit Grégory Patriat, vinificateur de la maison Jean-Claude Boisset (Nuits-Saint-Georges). Une généralité qui souffre d’inévitables exceptions. Dans les secteurs touchés par le gel et la grêle au printemps et en début d’été l’optimisme est plus que tempéré, c’est le cas notamment de certains villages chablisiens à nouveau plombés par une météo décidément sans pitié.
Une bonne nouvelle n’en excluant pas une deuxième, la qualité s’annonce au rendez-vous. Le printemps particulièrement ensoleillé, avec des températures constamment au-dessus des moyennes saisonnière, un été lui aussi lumineux, chaud mais sans excès, ponctué de quelques pluies orageuses, ont quasiment écrit un scénario idéal. La vigne fait murir ses raisins dans de bonnes conditions et sur un rythme précoce : quinze à vingt jours d'avance sur la normale. Quelques inquiétudes ont été rapportées en juillet, ici ou là, sur une possible sensibilité à la pourriture consécutive aux charges importantes de certaines parcelles. Des craintes qui ne se sont pas confirmées jusqu’à aujourd’hui.

 

Vendanges dès le 25 août


Les vendanges débutent dès cette fin de semaine dans le Mâconnais (le domaine Merlin, ou encore les frères Bret annoncent les premiers raisins coupés vendredi et samedi). Certains raisins flirtaient déjà avec les 12° potentiels le 18 août.

A Rully, Vincent Dureuil-Janthial prévoit de récolter à partir du 4. « Les raisins sont sains, avec jusqu’à aujourd’hui de bonnes acidités. La récolte semble belle en pinot noir, mais moins généreuse en chardonnay ». Une saison sans histoire : « Nous avons eu quelques orages en juillet et quelques attaques localisées de mildiou, mais pour nous 2017 c’était les vacances par rapport à ce que nous avons connu en 2016. », expose le vigneron de la Côte Chalonnaise.

En Côte de Beaune, Grégory Patriat enregistrait des degrés supérieurs à 10,5 sur des pinots noirs le 21 août. Il prévoit d’attaquer la récolte le 6 ou 7 septembre tout en notant un décalage assez sensible entre pinot et chardonnay. « C’est l’une des caractéristiques de cette année : les chardonnays sont plus tardifs que les pinot noirs. C’est l’inverse 8 millésimes sur 10. Nous les couperons certainement une semaine à 10 jours plus tard », poursuit Grégory Patriat. Sans doute une des conséquences des gelés printanières, le chardonnay y est plus sensible.
A Chablis, la récolte s’annonce elle aussi pour la première semaine de septembre. « Nous prévoyons de vendanger à partir  du 5. », annonce Lyne Marchive, au domaine des Malandes. Une présence de mildiou assez forte a été rapportée dans le vignoble chablisien mais sans que les grappes ne soient atteintes.
La vigne profitant encore de longues journées estivales en fin de cycle, les maturités ne devraient donc pas poser problème. Un bémol toutefois lié à des rendements parfois très généreux dans certaines parcelles : les vignes les plus chargées ne feront pas de miracle question concentration. Autre nuance à signaler : les terroirs les plus sensibles au stress hydrique manquent un peu d’eau à ce jour, l’aboutissement de la maturité pourrait être perturbé.     
Quelques journées lumineuses supplémentaires, sans trop de chaleur pour préserver les acidités, permettraient de compléter un tableau qui a déjà belle allure. Les dés pourront ensuite être définitivement jetés...

Photo : « Eclipse de raisin » de Romaric Chavy avec son aimable autorisation. www.chavy-chouet.com

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Bouchard père et fils : plus proche du bio

Des essais de culture bio sont menés depuis plusieurs années dans les vignes de Bouchard Père et Fils à Beaune. Si les 130 hectares de la maison venaient à être certifiés bio l’un des plus importants et prestigieux domaines de Côte-d’Or passerait ainsi sous la bannière « AB ».

Bouchard Père et fils est notamment le plus grand proprétaire en Chevalier-Montrachet. LG
Bouchard Père et fils est notamment le plus grand proprétaire en Chevalier-Montrachet. LG

La maison Bouchard Père et Fils veut aller plus loin dans son approche de la culture de la vigne. La perspective d’un passage en bio est de plus en plus ouvertement évoquée à la tête de maison (Certifiée Haute valeur environnementale depuis 2015). Son directeur de la maison, Christian Albouy, nous confiait ainsi il y a quelques semaines que des essais sont menés dans des vignobles emblématiques du domaine.
Les deux monopoles beaunois de la maison, le Clos Saint Landry (près de 2 ha) et le Clos de la Mousse (3,36 ha), sont effet cultivés en bio à titre expérimental depuis plusieurs années. Le premier est planté en chardonnay, le deuxième en pinot noir. Ils ont aussi l’avantage d’être situés près de la « base » de la maison.
« L’approche bio est en place depuis déjà 7 ou 8 ans et nous avons réussi à tenir le cap même en 2016 (Ndlr : année aux conditions particulièrement difficiles, lire ici). L’expérience montre qu’il faut être particulièrement réactif en bio et que nous aurons besoin d’investir en matériel comme en personnel pour pouvoir l’élargir », explique Frédéric Weber directeur vignes et vins de la maison. Avec 130 hectares répartis entre la Côte de Nuits et Bouzeron (Cote Chalonnaise) le challenge est de taille et le chemin vers une certification encore long.

 

Les vignes du Beaujolais en certification 


L’approche bio n’est pas une nouveauté dans le groupe (la maison appartient à la famille champenoise Henriot). William Fèvre à Chablis est en bio (non certifié) depuis une dizaine d’années avec une approche en biodynamie sur les grands crus. Seul le millésime 2016 a connu quelques traitements sortant du cahier des charges bio.
Plus au sud, la propriété beaujolaise de Poncié (Fleurie) est pour sa part engagée dans une démarche de certification sur ses chardonnays (2,5 hectares) depuis 2 ans. Une vingtaine d’hectares de gamays doivent faire l’objet d’une officialisation similaire d’ici la fin de ce mois.  « Les sols ressuis rapidement, plus qu’en Côte de Beaune, et la mise en place du bio est plus simple », expose Frédéric Weber.

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Les Saint-Georges grand cru ? Dix ans après…

En 2007, Thibault Liger-Belair et les co-exploitants des Saint-Georges faisaient de la reconnaissance en grand cru de ce Climat leur cheval de bataille. Dix ans plus tard l'emblématique cru de Nuits-Saint-Georges n'a toujours pas changé de statut. Revenir sur l'histoire n'est pas une mince affaire en Bourgogne...

Thibault Liger-Belair ambassadeur persévérant et plus important producteur de Saint-Georges. (LG)
Thibault Liger-Belair ambassadeur persévérant et plus important producteur de Saint-Georges. (LG)

« Nous nous étions réunis dans le presbytère de Nuits-Saint-Georges, c’est là que l’on s’est décidé à l’unanimité de constituer une demande de grand cru pour les Saint-Georges », se souvient Thibault Liger-Belair. Depuis 2007 le dossier a pris de la consistance (200 pages d’études géologiques, historiques, économiques) mais les réticences restent fortes.

 

Bousculer la hiérarchie n’est pas à l’ordre du jour dans beaucoup d’esprits bourguignons. La crainte d’envoyer le feu vert à certains (Pommard à aussi déposé un dossier concernant les Rugiens et les Epenots) signifie ouvrir la boite de Pandore. « Nous pourrions nous retrouver avec un dossier par an », estime Damien Gachot, viticulteur à Corgoloin et habitué des instances de l’Institut des appellations d’origines contrôlées (INAO).

 

Les conditions demandées par l’INAO pour aboutir portent davantage aujourd’hui sur la forme que sur le fond. Mais celles-ci sont suffisamment restrictives pour bloquer le processus. Parmi elles une valorisation deux fois supérieure aux autres premiers crus de Nuits sur le marché. Et surtout une procédure exigeant qu’un quorum élévé (90%) de producteurs de l’appellation de Nuits soient réunis en même temps et bien-sûr que tout ce monde vote à une large majorité (deux tiers) la promotion du climat.

 

Pourra-t-on remettre à plat le découpage des grands crus à l'avenir ? Les Saint-Georges font figurent de test. Car l’argument consistant à s’alarmer du galvaudage du sommet de la hiérarchie bourguignonne ne tient pas. Avec 7,52 hectares (et 13 propriétaires) le classement de ce climat verrait la superficie de grands crus rester aux environ de 2% du vignoble bourguignon.

 En attendant, Thibault Liger-Belair et d’autres avec lui, sont bien décidé à réparer ce qu’ils considèrent comme un oubli de l’histoire. L’occasion de gouter ou de re-gouter ses derniers millésimes de Saint-Georges.

 

Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2016 – 17 sur 20 (dégusté sur fût)
L’expression « bonne surprise » est parfois galvaudée à force d’être convoquée dès lors qu’il s’agit d’évoquer les millésimes dit « intermédiaires », nés dans la douleur. 2016 à encaissé bien des coups mais au fur et à mesure de nos dégustations il apparait nettement que cette année est à classer dans la catégorie au-dessus : celle des bons ou très bons millésimes. Charnu, gourmand et d’une belle intensité aromatique, ce Saint-Georges a le profil du grand vin. Celui qui ne déçoit jamais : bon jeune, le plaisir est déjà là, et bon en vieillissant. C’est en tout cas le pari que nous prenons.  

Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2015  - 15,5 sur 20
Thibault Liger-Belair s’inscrit dans la mouvance de ces producteurs qui utilisent de manière raisonnée la vendange entière. Le millésime 2015 a été une année particulièrement faste pour ce type d’approche. La moitié des grappes a ainsi été encuvée sans éraflage pour cette cuvée. La technique n’a pas pris le pas sur le terroir et l’on retrouve un Saint-Georges complexe, sur une dominante épicée, avec une belle finale sur la réglisse et les fruits noirs. En vin encore en devenir.

   
Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2012  - 18,5 sur 20
« Les Saint-Georges c’est un vin d’abord large en bouche puis qui va en s’étirant », exposait Thibault Liger-Belair en préalable de cette dégustation. C’est ce millésime 2012, très peu productif pour cause de floraison difficile, qui illustre le mieux cette remarque. La robe est très jeune et ne trahit en rien les déjà 5 années au compteur. La texture  en bouche montre une superbe densité mais une finesse tannique qui donne à l’ensemble un délicieux touché velouté. La finale est très persistante. Grande réussite.


Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2011 – 15 sur 20
C’est peut-être dans ce type de millésime, flatteur mais d’une consistance moyenne, que toutes les qualités d’un tel terroir se mettent en évidence. Charmeur le vin l’est incontestablement avec son aromatique à dominante de cerise, il ne manque pas pour autant de caractère (les tannins sont solides) ni de longueur. A ouvrir, pourquoi pas, lors d’un prochain repas festif. 


Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2010 – 15,5 sur 20
Un millésime qui suscite beaucoup d’attente tant son homogénéité est remarquable. Attente pas tout à fait comblée sur le plan complexité : malgré ses plus de 5 années de vieillissement en bouteille, cette cuvée parait encore sur la réserve, entre deux eaux. Le fruit primaire est encore là : il s’exprime avec précision sur des notes de groseille et de petits fruits rouges en général. La largeur de sa palette laisse davantage sur sa faim. La bouche est dense et fraiche. Un vin à aérer avant le service ou à attendre.

 

> Site du domaine Thibault Liger-Belair


Terroir : Une prédominance de l’argile

 Exposé plein est, à mi-coteau, Les Saint-Georges est un terroir de 7,52 hectares situé dans la partie sud de l’appellation. La pente est moyenne (10% environ) pour une altitude aux alentours de 250 mètres. Comme beaucoup de Climats de Bourgogne, grands crus compris, ses caractéristiques géo-pédologique sont loin d’être homogène. Les études de sols ont toutefois mis en évidence la présence d’argiles épaisses et  de cailloux ou graviers. Cette richesse du sol expliquerait la puissance des Saint-Georges. Une belle présence tannique en bouche qui leur assure une capacité de vieillissement hors du commun. Les vins se distinguent aussi par un caractère souvent épicé au nez. La  constance de ce terroir à donner de grands vins quelques soient les conditions du millésime est surtout à souligner. Qualité indispensable pour faire partie des grands.


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