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Un nouveau record aux Hospices de Beaune

La vente des Hospices de Beaune 2017 a vu le record de son chiffre d’affaires battu. Il s'établit à plus de 11 millions d’euros. Les blancs et les grands crus ont flambés. Les rouges ont tempéré la hausse globale (+8,5%).

 

Les blancs ont progressé de 30% aux Hospices de Beaune cette année. LG
Les blancs ont progressé de 30% aux Hospices de Beaune cette année. LG

Un nouveau palier a été franchi aux Hospices de Beaune. Personne n'avait parié qu'un tel chiffre d'affaires, 11 millions d'euros, serait atteint cette année, même avec un important volume à la vente. En 2009, ce chiffre n'était même de la moitié (5 millions). Le millésime était pourtant superbe et le volume encore plus important (799 pièces).

Les grands crus rouges ont tout d'abord tiré vers le haut une vente qui peinait à s'emballer. Premier coup chaud avec un coup de marteau à 80 000 € pour une pièce de Clos de la Roche ! C'était 63 000 l'an dernier...
Ce sont les blancs qui ont ensuite pris le relais avec des corton-charlemagne, bâtard-montrachet, et meursault-charmes à 30% d'augmentation et plus. Le pouilly-fuissé allait atteindre une hausse de 50%, plus forte progression en blanc, en deuxième partie d'après-midi. Une fin de vente menée tambour battant qui allait faire trembler puis tomber le record de 2015 (10,1 millions d'euros). Du côté des vendeurs, Jasper Morris (Christies), comme du côté des acheteurs, Albéric Bichot par exemple, on ne cachait une certaine surprise voir même une forme d'incrédulité. " Nous avons acheté 115 pièces, mais on aurait bien voulu que ce nombre soit encore plus important", concluait Albéric Bichot à l'issue de la vente. "Y-en-aura pour tout le monde ? " écrivions-nous en présentation de la vente le mois dernier. Visiblement non. Cette hausse sur un bon millésime, sans être exceptionnel, et avec un volume conséquent montre que les Hospices de Beaune ont considérablement élargi leurs clients au cours des 10 dernières années. Une clientèle qui ne craint pas de payer des vins à des prix très élevés.     


Les résultats en chiffres

Chiffre d’affaires final : 11 164 900 €

 

Évolution du prix moyen de la pièce (fût de 228 litres) : +8,59%

 

Rouges : +3,14 % (630 pièces)
Prix moyen de la pièce : 13 301 €

 

Blancs : 29,64 % (117 pièces)
Prix moyen de la pièce : 17 613 €

 

Pièces de Charité : 420 000 euros achetées par un ressortissant chinois avec le concours de la maison Bichot (un brésilien a abondé de 10 000 €)

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Hospices de Beaune : notre palmarès des cuvées 2017

Notre sélection des meilleurs vins des Hospices de Beaune après dégustation de toutes les cuvées du millésime 2017. Des cuvées mises aux enchères le 19 novembre prochain.

 

Impressions générales : Après deux millésimes qui ont vu les vins atteindre des niveaux de concentration particulièrement élevés, ce millésime 2017 revient à des standards nettement plus habituels. Les cuvées de rouges affichent dans l’ensemble des matières assez friandes, souples, d’une persistance assez modérée. La raison est parfaitement identifiée : des rendements dans l’ensemble confortables. La vigne à produit cette année, et c’est là l’une des principales bonne nouvelle de ce millésime, après une suite de campagnes de disette. Une générosité qui s’est accompagné d’une météorologie bienveillante, permettant aux raisins d’atteindre une bonne maturité.
Le nombre de pièces mis en vente (fûts de 228 litres), 787 au total,  en est la concrétisation. La vente 2017 se situe parmi les quatre plus généreuses de l’histoire.  Ludivine Griveau, régisseur du domaine, insiste sur le travail nécessaire à mettre en place lors de cette campagne à la vigne pour contenir certaines parcelles trop productives : ébourgeonnage sérieux et éventuellement vendanges vertes. « Nous sommes à un rendement contenu d’un peu plus de 40 hectolitres par hectare. Avec une production nettement plus basse dans les grands crus, je pense au mazis-chambertin ou aux cortons, où nous avons récolté un peu plus de 30 hectolitres par hectares. Soit moins qu’en 2016 ». La date de vendanges était également primordiale : les parcelles les moins chargées ont muri plus facilement et profité des derniers jours d’aout pour parfaire leur maturation dans de bonnes conditions (coup d’envoi des vendanges le 1 septembre). Le retour de la pluie et d’un climat davantage de saison ont conduit les équipes des Hospices de Beaune à repousser la récolte des parcelles les plus tardives aux 20 et 21 septembre (monthelie, santenay, pernand-vergelesses).

 

Une fois en cuverie et triés, les raisins ont été systématiquement égrappés et vinifiés sans recherche d’extraction poussée. Les fruits étaient mûrs et ne manquaient pas d’expression aromatique. Un caractère flatteur que l’on retrouve dans la plupart des cuvées. Il fait dire à Ludivine Griveau que le millésime se rapprochant le plus de ce profil est 1999. Une année qui dans l’ensemble a laissé de bons souvenirs aux amateurs de vins de Bourgogne.

 

Voici nos notations et commentaires pour chaque cuvée :

 

La note maximale est ++++

 

Les Rouges

 

Mes coups de cœur :

 

- Le trio de Beaune premiers crus : Maurice Drouhin, Pierre Floquet et Nicolas Rolin.

 

- Volnay premier cru Santenots Gauvain

 

- Pommard premier cru Epenots Dom Goblet

 

- Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ

 

- Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey

 

 

 

Monthelie Lebelin +++

Une bonne entame de dégustation. Au nez, les touches expressives de fruits frais donnent la note de départ. En bouche, la souplesse, la densité et même la longueur de ce vin forment un ensemble harmonieux.

 

 

Santenay Christine Friedberg ++

Le nez mêle avec une certaine complexité des notes de framboise et de petits fruits noirs. Les tannins s’affirment avec une certaine vigueur en bouche, tout en montrant un peu moins de densité que dans le monthelie précédemment dégusté.

 

 

Pernand-Vergelesses premier cru Rameau-Lamarosse +++

L’élevage sous bois (en fût de 456 litres) a apporté d’agréables notes de pain grillé à ce pernand. Sa souplesse et sa gourmandise sont quant à eux certainement le fruit de vendanges tardives pour l’année (21 septembre). Un vin de plaisir immédiat.

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard

Un retour sur le catalogue après une année 2016 marquée par la grêle. Le nez se montre très avenant sur une tonalité de fleurs fraiches et de fruits rouges. La bouche mordante rend le vin austère, cinglant et difficile d’approche. A oublier, pour l’instant en tout cas…

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++++

Une cuvée composée de jolis terroirs de l’appellation : Serpentières, Gravains, etc. Ils ont donné une cuvée particulièrement harmonieuse, dense et longue en bouche. Le nez s’ouvre un bouquet de pivoine. Un beau premier cru.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Les Vergelesses Forneret +++(+)

Un petit peu moins flatteur que la cuvée Fouquerand, ce Forneret ne manque pas pour autant de caractère. Les tannins sont denses et fins à la fois. Il développe une belle palette aromatique sur les épices. Un vin à potentiel.

 

 

Auxey-Duresses premier cru Les Duresses Boillot ++

Changement d’appellation et changement de profil. Si les cuvées affichaient pour l’heure un caractère plutôt « féminin » nous sommes ici sur une trame plus robuste. Le tout est accompagné de notes finement épicées.

 

 

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron Montrevenots +++

Ce terroir de haut de coteau n’est pas le plus côté de l’appellation pourtant cette cuvée livre millésime après millésime des vins accomplis. L’attaque est précise, franche puis laisse se développer des tanins denses et agréables au touché malgré un boisé assez prononcé à ce stade.

 

 

Beaune premier cru Bétault +

A l’inverse de la cuvée de Montrevenots, Bétault peine régulièrement à nous emballer. Le nez se montre plutôt flatteur et expressif. La bouche manque d’allonge et plus globalement de présence pour un premier cru.

 

 

Beaune premier cru Brunet ++

Un vin sur la réserve qui laisse entrevoir des notes de framboise. La bouche est un peu rugueuse mais ne manque de fond. Sans doute une cuvée qui demande un peu de temps pour se mettre en place.

 

 

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++++

Le nez s’ouvre sur des notes florales d’une belle élégance. Une matière charnue, gourmande vient remplir la bouche. Un vin long et déjà séduisant. Généralement pas la cuvée la plus simple à déguster à cette époque, elle nous offre cette année un joli contrepied.

 

 

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++++

Marche après marche la gamme des Hospices nous emmène vers des vins de plus en plus complets. Ce beaune premier cru n’est pas le plus expressif sur le plan aromatique mais son équilibre et sa profondeur en fait très certainement une future très belle bouteille.

 

 

Beaune premier cru Grèves Pierre Floquet ++++

«  Les Hospices de Beaune semblent avoir trouvé un bon rythme de croisière avec cette cuvée mise à la vente pour la première fois en 2004 », écrivions-nous l’an dernier. Cela se confirme en 2017, avec ce vin un rien sévère aujourd’hui mais d’une concentration nettement au-dessus de la moyenne.

 

 

Beaune premier cru Clos des Avaux ++(+)

Terroir de bas de côteau, la profondeur argileuse et la richesse du sol du Clos des Avaux semblent vouloir se faire sentir dans cette cuvée. L’ensemble ne manque pas de fond mais souffre d’un petit déficit d’élégance pour atteindre le niveau des trois dernières cuvées dégustées.

 

 

Beaune premier cru Dames Hospitalières +

Une prise de bois marquée donne un caractère « plancheux » à cette cuvée qui généralement nous fait belle impression. A revoir.

 

 

Beaune premier cru Guigone de Salins +++

Le nom de Guigone de Salins, cofondatrice de l’Hôtel-Dieu, est associé notamment au Climat des Bressandes. Le nez développe une palette aromatique sur la finesse (une dominante florale). En bouche, le vin semble cette année digérer son bois plus difficilement qu’à l’accoutumé. L’ensemble reste plutôt prometteur.

 

 

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++

Le dernier mot sur les beaune revient à Nicolas Rolin, co-fondateur des Hospices : une note finale profonde, intense et d’une grande longueur sur des notes de réglisse. Le nez livre une large palette de fruits noirs. Solide à son poste cette cuvée ne déroge pas à sa réputation.

 

 

Volnay premier cru Général Muteau ++++

Plaisir garanti ! Cette cuvée est une belle association entre finesse et gourmandise. Les tannins sont caressants en bouche, mis en valeur par un boisé bien intégré. Le nez sur les fruits rouges, la cerise en particulier, n’est pas en reste. Bien dans la typicité de son appellation

 

 

Volnay premier cru Blondeau ++

La finesse aromatique, sur un caractère floral, est au rendez-vous. La bouche davantage marquée par le bois laisse une sensation de rugosité un peu moins flatteuse à ce stade. Un peu de temps est surement nécessaire pour que la matière se fonde.

 

 

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++

Expressif sur des notes aromatiques d’une rare élégance (pivoine, rose), la cuvée Gauvain ne tarde à passer en mode séduction. La bouche soutenue par une belle vivacité est très harmonieuse. Une texture fine vient tapisser le palais. On en boirait dès aujourd’hui…

 

 

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++(+)

Les amoureux de ce beau terroir qu’est Les Santenots trouveront là une nouvelle occasion d’assouvir leur passion. Sur un profil assez similaire à la cuvée Gauvain, nous y avons trouvé peut-être un petit peu moins de précision. Une nuance qui n’en fait pas moins une belle réussite.

 

 

Pommard Billardet ++

Pas de doute nous avons basculé à Pommard, où en tout cas dans l’idée que l’on s’en fait le plus souvent : un vin solide, musclé, aux tannins bien affirmés. Celui-ci propose également une bonne longueur en bouche.

 

 

Pommard Suzanne Chaudron +++

Une cuvée où domine le climat Les Noizons (secteur nord de l’appellation). C’est l’un des pommard que nous apprécions le plus (avec la cuvée Dom Goblet). Son profil dessine un vin d’une belle densité aussi bien bouche, les tannins sont concentrés, qu’au nez. L’aromatique s’ouvre sur un fruité d’une bonne pureté.

 

 

Pommard Raymond Cyrot +

Ce pommard est le résultat d’un assemblage de nombreuses parcelles. Assez expressif sur le plan aromatique, comme la cuvée Chaudron, sa matière en bouche est moins bien définie et les tannins montrent davantage d’aspérité.

 

 

Pommard premier cru Dames de la Charité +++

Une belle synthèse entre densité et finesse sur des notes de petits fruits rouges (framboise). Les Petits Epenots et les Rugiens, deux beaux terroirs de pommard, se trouvent bien mis en valeur dans cette cuvée.

 

 

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++++

« Une cuvée qui surclasse d’une bonne tête les autres pommards de la série », écrivions-nous l’année dernière. On ne dira pas mieux pour ce millésime 2017. En complexité comme en intensité, ce vin affiche une grande classe. Un beau terroir mis en exergue avec talent.

 

 

Corton grand cru Charlotte Dumay ++

Cette cuvée issue de parcelles situées à mi-côteau (Les Bressandes et Les Renardes), au cœur de la colline de corton, se présente sous des atours plutôt charmeurs (dominante épicée). La bouche manque toutefois un peu d’harmonie et de définition à ce stade pour susciter une franche adhésion.

 

 

Corton grand cru Docteur Peste ++++

Une cuvée qui nous avait particulièrement séduit l’année dernière. Elle s’affirme sur un profil un peu plus réservé et avec davantage de finesse cette année. Une trame fraiche emmène sa texture en bouche vers la longueur. Voilà qui promet un beau vin de gastronomie.

 

 

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++

On retrouve la Baronne du Baÿ au niveau auquel elle nous avait habitué (décevant l’an dernier) : celui de l’une des très belles cuvées de rouges de la gamme des Hospices (climat Clos du Roi). Les fruits noirs et le réglisse s’en donnent à cœur joie en bouche. La bouche est charnue, profonde.

 

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey ++++

C’est sans doute la première fois depuis l’apparition de cette cuvée aux Hospices (2011) qui nous trouvons vraiment matière à s’enthousiasmer. Le nez évoque la cerise et la mure avec une belle intensité. Des tannins denses, patinés, soutenus par ce qu’il faut d’acidité lui assurent une présence majestueuse en bouche. D’autant plus que la persistance aromatique ne fait pas défaut. Grande classe.

 

 

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter +++

Le millésime 2016 jouait la carte du fruit sans une énorme densité. C’est l’inverse cette année : les tannins sont costauds, bien affirmés. Le nez évoque la myrtille mais peine à se libérer d’un boisé dominant pour l’heure. Prometteur mais difficile d’approche aujourd’hui.

 

 

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++

La constance de ce terroir à produire un vin de grande classe est remarquable. Nous sommes ici sur une cuvée encore en retenue (l’inverse serait inquiétant deux mois après les vendanges) mais sa densité et la qualité de sa texture annoncent des futures grandes bouteilles. Une cuvée qui ne devrait pas se brader cette année et devrait encore arrondir le chiffre d’affaires de la vente…

 

 

Les blancs

 

Impressions générales : Millésime précoce, assez chaud et sec, 2017 présente a priori un profil météorologique plus favorable aux rouges qu’aux blancs. Les acidités sont en effet moins bien préservées lors de ce type d’année ce qui peut aboutir à un manque de vivacité dans les vins. Pourtant une floraison difficile pour les chardonnays a vu les rendements se restreindre dès le début du cycle de la vigne. Les raisins se sont concentrés tout au long de l’été. Les pressurages n’ont permis d’extraire que peu de jus. Les vins sont logiquement riches et denses. Un peu moins « lisibles » que les rouges à ce stade de la dégustation aussi. L’équilibre est là et ils s’annoncent de bonne garde. Ce millésime devrait faire date pour les chardonnays.

A noter que les cuvées de Chablis et de Puligny-Montrachet n’était pas présentée à la dégustation faute de volume suffisant.

 

Mes coups de cœur :
-Meursault Loppin
-Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay
-Corton-Charlemagne Roi Soleil

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Première cuvée récoltée dès la fin août, comme à son habitude, la cuvée Poisard fait valoir sa traditionnelle générosité et de sa souplesse en bouche. Elle exprime aussi une pointe végétale de bon aloi au nez.

Saint-Romain Joseph Menault +++
Changement de décor avec cette appellation de la côte de Beaune, en altitude. C’est ici davantage la finesse, la minéralité et une belle vivacité qui sont mis en exergue. Un vin précis.

Beaune premier cru Les Montrevenots Suzanne et Raymond ++(+)
Cette toute récente cuvée au catalogue des Hospices (parcelle replantée en chardonnay en 2010), nous a laissé jusqu’ici que de bonnes impressions. Le boisé est cette année un peu marqué (pain grillé) mais l’ensemble ne manque pas de fond. Prometteur.
 
Meursault Loppin ++++
Les deux terroirs du nord de l’appellation (Les Cras et les Criots) mis en avant ici ont donné ce qui pourrait bien être l’archétype des blancs de ce millésime : profond, riche, mais aussi intense sur le plan aromatique. Une cuvée qui annonce beaucoup de plaisir.

Meursault Goureau ++++
Comme la précédente cuvée, ce vin est le fruit d’un assemblage de terroir dans lequel on retrouve en partie des premiers crus (Porusots ici). La comparaison s’arrête là puisque ce vin joue la carte de la fraicheur, de la tension avec une dominante d’agrumes. On aime aussi !

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++
Porusots, terroir généralement minéral, aux vins purs et ciselés, exprime son caractère avec une certaine constance. C’est tout à fait le profil qu’il s’entête à nous montrer cette année encore…  Le tout avec une très belle persistance. De grandes promesses.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot  et Philippe Le Bon
Deux vins qui n’ont pas terminé leur fermentation. Le sucre résiduel rendant l’appréciation de l’équilibre très compliquée, nous nous abstiendrons de les noter.

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay ++++
Le nez développe de fines notes florales soutenues par une boisé bien intégré. Une matière d’une grande harmonie vient flatter le palais, le gras est rehaussé d’une pointe de minéralité et persiste longuement en finale. Un vin complet.

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++
Une cuvée qui développe des arômes de fruits à haute maturité : abricot, pêche, auxquels s’associent une touche vanillée. La matière est profonde, intense, d’une très grande longueur aussi.

Corton Docteur Peste ++
Le nez particulièrement prometteur s’exprime avec intensité et précision à la fois. La bouche laisse un peu sur sa faim. Le vin peine à prendre de la largueur. Une phase délicate ?

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson +++
La cuvée la plus au nord de la Côte de Beaune pour les Hospices de Beaune. On retrouve au nez les notes d’une maturité assez avancée du fruit. La bouche se distingue par une petite pointe d’amertume qui lui donne un surcroit de vigueur.

Corton-Charlemagne Roi Soleil +++++
Particulièrement prometteur et porté par une belle minéralité en 2015, le Roi Soleil récidive cette année. Il semble aimer les années précoces ! On apprécie sa grande finesse, sa finale longue et salivante. Un grand blanc en devenir.

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins +++
Droite, pure, cristalline, cette cuvée peut revendiquer un lien de parenté avec le précédent corton-charlemagne. Il est toutefois un peu plus austère, un rien hermétique à ce stade. Les aléas d’une dégustation précoce.

Bâtard-Montrachet grand cru +++
Dans un millésime d’une belle concentration on pouvait s’attendre à un bâtard-montrachet au format XXL. Il est effectivement riche et intense sans pour autant tout écraser sur son passage. Il n’a pas non plus la finesse rencontrée dans les deux corton-charlemagne précédents. D’où une note assez moyenne.

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Deux américains reprennent le clos de la Commaraine à Pommard

Denise Dupré et Mark Nunnelly ont repris l’exploitation des 3,75 hectares du Clos de la Commaraine, premier cru de Pommard, et son Château. Ce dernier redeviendra un lieu de vinification mais aussi un site d’oenotourisme haut de gamme.

Le Château de la Commaraine et son Clos premier cru à Pommard. LG
Le Château de la Commaraine et son clos premier cru à Pommard. LG

C'est une nouvelle transaction qui devrait faire parler d'elle en Bourgogne. La Commaraine est un clos monopole (un seul tenant, un seul propriétaire) en premier cru et un château qui ne manque pas d'allure. Ce dernier redeviendra un lieu de vinification mais aussi un hôtel-restaurant gastronomique. Le projet doit voir le jour dans un délai non précisé pour l’heure.  « Nous voulons en faire un lieu intimiste qui sera peut-être également doté d’un spa », explique Jean-Luc Vitoux, directeur.

Les raisins du clos étaient jusqu’à présent vinifiés par la maison Louis Jadot (Beaune). Cette dernière assurant aussi la commercialisation du vin sous sa marque. 

 

Denise Dupré est professeur à Harvard (restauration et hôtellerie) et Mark Nunnelly financier (Bain Capital à Boston). Le couple poursuit donc ses investissements en Bourgogne puisqu’il a repris, avec d’autres investisseurs, le domaine Belleville (22 ha) et le Manoir murisaltien (maison de négoce) en mai dernier (lire ici). Le Manoir murisaltien, nom peu accrocheur pour des non-francophones, doit changer de dénomination à l’occasion de cette reprise pour être rebaptisé La Commaraine.

Le Clos de la Commaraine a déjà un lien historique avec les États-Unis : Thomas Jefferson, célèbre  contributeur à la Déclaration d'indépendance et troisième président des USA, a été l’un des acheteurs de ces vins (millésime 1785).

Des américains qui semblent avoir les yeux de Chimène pour les belles propriétés de Pommard : le Château de Pommard est la propriété du californien Michael Baum depuis 2014.

 

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Le Clos de Tart repris par François Pinault

L’un des plus prestigieux grands crus de Bourgogne change de main. Les 7,53 hectares d’un seul tenant du Clos de Tart ont été repris par Artémis, société d'investissement de la famille Pinault. Un montant supérieur à 250 millions d'euros est évoqué, établissant un nouveau record pour le prix d'un vignoble bourguignon. La passation aura lieu début 2018. François Pinault sera voisin de son rival de toujours, Bernard Arnault, patron de LVMH, qui a repris le Clos des Lambrays en 2014.

Le Clos de Tart grand cru de Côte de Nuits n'avait connu jusqu'alors que 3 lignée de propriétaires. LG
Le Clos de Tart grand cru de Côte de Nuits n'avait connu jusqu'alors que 3 lignées de propriétaires. LG

Après de nombreuses rumeurs et fausses informations, le nom du repreneur du Clos de Tart est désormais connu : François Pinault. Le prix de transaction serait supérieure à 250 millions d’euros pour les 7,5 hectares d’un seul tenant. Terroir de Morey-Saint-Denis et grand cru monopole de la Côte de Nuits, il est considéré parmi les tous meilleurs en Bourgogne depuis des siècles. Il appartenait à la famille Mommessin depuis 1932 (suite à un achat aux enchères en plein marasme économique). Seulement trois lignées de propriétaires se sont succédé en neuf siècles.
En 1141, l'abbaye cistercienne Notre-Dame de Tart (près de Dijon) en prenait possession en lui donnant son nom au passage. A la révolution, le clos était acheté par Claude-Nicolas Marey appartenant alors à la fameuse dynastie Marey-Monge, à la tête de superbes terroirs en Côte de Nuits et Côte de Beaune.

A partir de 1996, sous l’impulsion de Sylvain Pitiot régisseur mandaté par la famille Mommessin, le Clos de Tart a connu un spectaculaire retour parmi les grands crus les plus prisés de Bourgogne. Observateurs et critiques ont salués ce retour en pleine lumière. Les prix ont suivi une ascension exponentielle (420 € prix TTC particulier). Jacques Devauges a succédé à Sylvain Pitiot en 2015 avec un passage en biodynamie en cours. La production est d’environ 25 000 bouteilles (une partie de la récolte est parfois repliée en premier cru "La Forge de Tart").

Après Bonneau du Martray et le Clos des Lambrays, un nouveau joyau de la Bourgogne change donc de mains en quelques années. Le prix à l'hectare du Clos de Tart risque de faire grincer bien des dents localement. Chaque inflation du coût des vignes rend en effet les transmissions familiales de plus en plus complexes.

 

> Lire aussi notre dégustation : Clos de Tart : les millésimes du retour en grâce

 


Un nouveau joyau chez Pinault

 

Les propriétés viticoles de la famille Pinault s'enrichissent d'un nouveau domaine de prestige. C'est aussi la troisième fois que François Pinault investit en Bourgogne. En 2006, il rachetait le domaine Engel (devenu Domaine d’Eugénie) et en 2012 il se portait acquéreur de quelques rangs dans le Montrachet. Ses autres propriétés sont à Bordeaux avec le Château Latour, 1er grand cru classé Pauillac, dans la vallée du Rhône avec Château Grillet et dans la Napa Valley avec le domaine Eisele Vineyard.


Carte du vignoble de Morey-Saint-Denis en Côte de Nuits. © S.Pitiot et JC Servant. "Les Vins de Bourgogne".
Carte du vignoble de Morey-Saint-Denis en Côte de Nuits. © S.Pitiot et JC Servant. "Les Vins de Bourgogne".
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Hospices de Beaune : Y en aura pour tout le monde ?

Le millésime 2017 permettra aux Hospices de proposer à la vente une récolte abondante. Seules trois années ont été plus généreuses dans l’histoire du domaine. De quoi battre de nouveau record ? Réponse le 19 novembre prochain lors de la fameuse vente aux enchères.

Depuis 2011, la vente des Hospices de Beaune était restreinte en volume. 2017 change la donne.
Depuis 2011, la vente des Hospices de Beaune était restreinte en volume. 2017 change la donne.

Ils se comptent sur les doigts de la main : seuls trois millésimes : 2009, 2005 et l’année record, 1973 (871 pièces), ont été historiquement plus généreux aux Hospices de Beaune.
La  récolte 2017 permettra aux Hospices de proposer à la vente 787 pièces (fûts de 228 litres, dont 157 pièces de blanc et 630 pièces de vin rouge. C’est surtout une fin de série qui est annoncée : il faut en effet remonter au millésime 2011 pour voir un millésime avec une récolte normale lors de la fameuse vente de charité. Une rareté de l’offre qui avait tiré les prix vers le haut.
Autre fait marquant cette année, les Hospices de Beaune atteignent pour la première fois la barre des 50 cuvées. Le résultat d’un nouveau leg intervenu avant l’été sur l’appellation Puligny-Montrachet (Lire aussi : les Hospices de Beaune à Puligny-Montrachet).
En 2015, la vente avait battu un record de chiffre d’affaires (plus de 11 millions d’euros) avec seulement 575 pièces en vente. Cette édition généreuse pourrait donc voir ce record dépassé même si les prix devaient se tasser.
Une édition 2017 par ailleurs fournie en « people » avec pas moins de quatre « présidents ». Ils pousseront les feux lors de la mise aux enchères de deux pièces de 228 litres de Corton Grand – Cru Clos du Roi.
Charles Aznavour soutiendra la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Dans le même temps, la Fédération pour la  Recherche sur le cerveau se représentée par Marc-Olivier Fogiel.
La créatrice Agnès b et l’actrice Julie Depardieu parraineront la Fondation Tara Expéditions. Cette fondation agit depuis 2003 en faveur de l’environnement et de la recherche grâce au fameux bateau du même nom.


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