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Agnès Boisson, BioBourgogne : « Personne n’est obligé de perdre la totalité de sa récolte ».

Gel, mildiou et autres calamités… Le tumultueux millésime 2016 a laissé des traces dans le vignoble.  Certains producteurs remettent en cause l’approche bio soulignant que nombre de leurs collègues ont fait le choix de sortir du cadre de la viticulture biologique pour préserver ce qui pouvait l'être. Agnès Boisson, responsable viticulteurs à BioBourgogne, fait le point sur la situation.

Le millésime 2016 a été très difficile du fait de la pression du mildiou en particulier (lire ici), en plus du gel et de la grêle localement. Dans le vignoble, des chiffres circulent affirmant que 40%, voire davantage, des viticulteurs en bio auraient eu recours à des traitements de synthèse. Confirmez-vous ces chiffres ?
Des viticulteurs bios se sont effectivement trouvés en situation de manquement en 2016 : ils ont eu recours à une matière active sur une surface donnée de leurs domaines. Mais je ne les connais pas tous. Ils n’ont pas d’obligation de le signaler à nous, Biobourgogne, association de développement de la bio, sur un plan réglementaire et technique. Certains nous ont effectivement appelés pour avoir les informations réglementaires concernant ces manquements. D’autres non. Je n’ai donc pas les chiffres précis.


Ces viticulteurs avaient en revanche l’obligation de se signaler auprès de leur organisme certificateur…
Effectivement. Nous leur avons conseillé de prévenir très rapidement leur organisme de contrôle. Tous ceux qui nous ont contactés l’ont fait. Et ils se sont très vite ré-engagés par un courrier annonçant qu’ils souhaitaient respecter le cahier des charges l’année prochaine, tout en étant conscients qu’ils retombaient en première année de conversion. 2016 sera donc considérée chez eux comme une année en viticulture conventionnelle. Ils seront de nouveau en agriculture biologique en 2019 (Ndlr : après les 3 années de conversion prévues pour tout nouveau producteur se lançant dans la bio). C’est le règlement qui s’applique en cas de manquement majeur.

 

Comment quantifiez-vous le nombre de domaines dans cette situation ?
Comme je vous le disais, beaucoup de ces domaines m’ont contactée mais pas tous. Je ne peux pas donner un chiffre car je serais en dessous.


Ce n’est de toute façon pas un phénomène isolé…
Quand on l’analyse, il s’agit d’un phénomène assez isolé. Il est déjà propre à la Bourgogne. Mi-juin quand j’ai constaté que cela chauffait un peu, que beaucoup se posaient des questions, j’ai contacté la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Je voulais leur faire remonter les informations du terrain : le gel, la pression du mildiou, des gens qui pensent à utiliser des matières de synthèse… Comment on fait ? Comment on communique ? Nous avons organisé une conférence téléphonique inter-régionale avec des gens du Bordelais, du Jura, de la Loire, etc. Des vignobles qui connaissaient le même type de problématique face au mildiou. Il n’y avait qu’en Bourgogne où se posait ce problème de manquements majeurs.


Comment s’explique cette exception bourguignonne ?     
Dans certains secteurs du vignoble, les conversions se sont opérées de manière « sociale ». Un vigneron, deux vignerons dans un village, ont fait des essais. Ils ont eu des résultats intéressants. Ils se sont convertis officiellement. Cela a engendré un effet boule de neige. En 2016, le phénomène s’est produit à l’envers. Ils ont constaté une grosse sortie de tâche de mildiou suite à un orage accompagné de 80 mm de pluie. Une fois que le mildiou est présent sur les grappes en inflorescence, c’est la perte sèche assurée. Ils avaient connu le problème gel puis ils avaient été obligés de traiter à l’atomiseur dans des conditions incroyables précédemment. Ils ont dit : « Là, on n'en peut plus…». Dans le même temps, j’ai vu d’autres domaines en bio très bien maitriser la pression du mildiou. J’ai même vu des gens dont c’était la première année de conversion tenir jusqu’au bout. En Côte-d’Or, 20 domaines se sont convertis en 2016.


Les viticulteurs qui quittent définitivement la bio sont finalement peu nombreux ?         
A ma connaissance, il n’y en a pas. Personne qui ait dit à l’organisme de contrôle : « J’arrête la bio, ce n’est pas pour moi. Je n’y arriverai pas, financièrement je suis trop sur le fil du rasoir ». Tout le monde s’est ré-engagé en bio. Je pense bien-sûr à Laurent Fournier (viticulteur de Marsannay), Vincent Dureuil-Janthial (Rully), les producteurs du Chablisien, etc. Je vais toutefois pondérer mes propos : ils se sont ré-engagés pour que 2016 soit considéré comme une première année de conversion. Il faut attendre le printemps 2017 pour confirmer. S’il est catastrophique comme 2016…

Pour l’instant ce sont donc des intentions de repartir, en croisant les doigts pour le printemps prochain…          
Voilà. Au printemps, on devrait avoir une vision plus claire des surfaces retombées en première année de conversion en 2016. Cela me désole d’entendre tous ces chiffres. Un technicien distributeur de produits a dit l’été dernier : j’ai entendu dire qu’il y a 450 hectares de vignes en bio qui ont arrêté. Des 450 hectares, nous sommes passés à 200 producteurs, puis 17% de la surface, etc. On s’est retrouvé avec un tas de chiffres. Ce que je peux vous dire c’est qu’il n’y pas 50 domaines qui ont connu un manquement majeur.


Un petit air de revanche pour certains ?
Oui, c’est humain. Tout le monde a été mis à mal pendant la campagne, bio ou conventionnel. C’est toujours facile de pointer les échecs des autres plutôt que ces propres difficultés. Dans la crainte, l’angoisse, on a tendance à rejeter la faute sur les autres.

La viticulture bio reste gênante  ?
Oui et non. Nous sommes tout de même beaucoup plus écoutés qu’il y a ne serait-ce que 10 ou 15 ans. Le discours a énormément changé. Mais cela reste compliqué : il y a encore des irréductibles anti-bio. De moins en moins, mais il y en a quand même. 


Quel discours teniez-vous à ces viticulteurs tentés de sortir de la bio ? 
Être en bio, ce n’est pas avoir la corde au cou. Ce n’est pas la fin du monde si l’on connait un manquement majeur. Je leur ai dit : « C’est votre choix, c’est forcément le meilleur ». Ce n’est pas à nous de juger. Nous sommes là pour vous donner des arguments, pour vous aider à prendre du recul. Ce n’est pas facile de prendre du recul en si peu de temps. Au printemps 2016, il n’y avait que 3 jours pour intervenir. Il fallait donc réfléchir très vite. J’ai vu des viticulteurs un peu décontenancés. Essayant d’avoir des infos sur ces produits de synthèse pour utiliser les plus neutres possibles pour l’environnement et rester au minimum dans leur ligne de conduite. Ils ont été généralement très mal accompagnés. On leur a souvent  dit : « Attends tu es en bio et tu nous appelles pour faire un produit de synthèse… Tu veux sauver ta récolte : Prends donc ce qu’on te donne ! ». L’ambiance était lourde.


Vous m’expliquiez en août dernier avoir constaté une typologie de domaines en difficulté. Qu’elle est-elle ?
Des domaines qui ont subi le gel sur une majorité des vignes. Des gens qui pourtant étaient en bio depuis une bonne dizaine d’années, qui maitrisaient techniquement, qui ont connu des millésimes compliqués comme 2012 et 2013. Des domaines qui se situent entre 15 et 25 hectares. On ne traite pas 20 ou 25 hectares comme on le ferait avec 8. En 2016, la répétition devenait épuisante. Des gens qui ont repris l’exploitation il y a une quinzaine d’années avec un système de fermage encore très présent, avec des comptes à rendre aux parents, à la famille. Des domaines avec des appellations en majorité régionales. Tout ça mis bout à bout fait qu’ils n’ont pas pu tenir.   

 

Les vignobles de l'Yonne, avec le gel puis la grêle, ont été très sensibilisés ?
Oui, on parle de domaines avec au minimum 15-20 hectares. Cela finit par faire des superficies importantes. On n’explique pas la pression exceptionnelle de mildiou qui a suivi la grêle. Des vignerons très expérimentés n’ont jamais connu cela.


Faites-vous un lien entre le gel et la pression de mildiou ?
Les vignes peu ou moyennement gelées ont connu un retard de végétation qui a fragilisé fortement les parcelles. Bruno Clavelier (vigneron de Vosne-Romanée) qui utilise beaucoup de tisane plante expliquait avoir l’impression que la vigne ne répondait pas aux messages. Elle n’était pas réceptive. Sans le gel, on aurait eu une pression du mildiou importante mais pas au même stade végétatif, pas dans la période ultra-sensible que l’on a connue.


Y a-t-il des enseignements tirés de ce millésime 2016 ?
Oui. Le premier enseignement, c’est que l’accompagnement technique sur le terrain est très important. La proximité, voir les gens individuellement, leur demander s’ils veulent prendre le temps de parler de certaines questions. Nous co-animons des groupes bio toutes les 3 semaines d’avril à septembre avec la chambre d’agriculture. Nous avons parlé de tout cela mais dans un cadre qui reste collectif. La libération de la parole ne se fait pas pareil en collectif et en individuel. Il y a un besoin d’un accompagnement individuel encore plus poussé pour aider les viticulteurs à prendre du recul. Les aider à assumer leur propre décision. Passer en viticulture bio est un engagement global, de tout le monde, la famille, les salariés… Si on se met tous autour de la table, la décision est bien plus facile à prendre. Certains l’ont fait. Il faut mettre des moyens aussi sur la recherche, les expérimentations sur le terrain. Des innovations techniques faites chez certains viticulteurs ne sont pas assez exploitées.


Il a été aussi évoqué des tensions entre viticulteurs bios. Qu’en est-il ?
Certains comprennent ceux qui ont eu recours à des molécules de synthèse. Qui ne l’auraient jamais fait mais qui comprennent. D’autres ont du mal à comprendre. Sans juger mais qui disent ne pas vouloir d’un système dérogatoire en cas de situation exceptionnelle comme certain l’ont demandé. De fait, il n’y a pas de dérogation possible.
Un système un peu rigide mais finalement rassurant pour le consommateur…   
Certains disent : on n'a rien le droit de faire. Si, on peut utiliser un produit de synthèse mais en connaissant les conséquences. Le cadre est restrictif mais on s’y engage en son âme et conscience. Pour autant personne n’est obligé de perdre la totalité de sa récolte : on peut sortir de ce cadre et rien n’empêche d’y retourner. Ce règlement est fait pour le consommateur. En tant que consommateur de produits bios, j’ai envie de savoir quand un produit est vraiment bio. Je suis capable de le payer un peu plus cher parce que je sais qu’il a été contrôlé, certifié. Il faut vraiment se mettre à la place du consommateur.

 

> Lire notre article d'août 2016.

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Le domaine Bonneau du Martray repris par un milliardaire américain

L’un des fleurons des grands vins blancs de Bourgogne change de mains. Une histoire familiale débutée il y a plus de 200 ans prend fin. L'attrait des investisseurs pour les vignes bourguignonnes dépasse largement les frontières hexagonales.

Une longue page d'histoire du corton-charlemagne se tourne. A 67 ans et sans successeur, Jean-Charles Le Bault de La Morinière ne pouvait plus assurer la continuité familiale du domaine Bonneau du Martray.

La famille s’est employée ces derniers mois à contacter une dizaine de grands noms du vin susceptibles d’assurer la pérennité du travail de fond effectué ces 25 dernières années.  C'est donc Stanley Kroenke qui a eu le dernier mot.
L'américain est propriétaire du club de football londonien d’Arsenal, de nombreux club sportifs aux Etats-Unis (basket, baseball, hockey, etc.), d’un ranch de 210 000 ha aux Texas (source wikipédia), etc. L’homme d’affaires connait le monde du vin pour être par ailleurs propriétaire du domaine californien Screaming Eagle, l’un des fleurons de la Napa Valley ("cult wine" comme diraient les américains).


Armand de Maigret, directeur des opérations viticoles de Stanley Kroenke, prendra la suite dans quelques mois de Jean-Charles Le Bault de La Morinière à la direction opérationnelle.

« Le plus important était que l’intégrité et l’identité du domaine soient préservées » a réagi Jean-Charles Le Bault de La Morinière.

 

Architecte de formation Jean-Charles Le Bault de La Morinière avait rejoint le domaine familial en 1993 pour épauler son père dans un moment difficile. Ses rencontres avec Yves Hérody, géologue et Pierre Masson, spécialiste de la biodynamie, deux personnalités qui ont largement contribué au renouveau de la viticulture de terroir en Bourgogne, seront déterminantes dans les évolutions du domaine.
A partir de 2003, ce dernier s’est orienté vers l’agriculture biologique et les premiers essais en biodynamie ont été lancés l’année suivante. Le domaine est certifié en viticulture biodynamique depuis 2013 (Demeter).
Après les changements de mains du domaine Engel à Vosne-Romanée par François Pinault en 2006 (devenu Domaine d’Eugénie), la prise de possession du Clos des Lambrays par LVMH en 2014, la vente du domaine Bonneau du Martray constitue une nouvelle démonstration de taille de l’attrait des investisseurs d’envergure mondial pour le vignoble bourguignon.

 

> Lire notre dégustation verticale (février 2015)

Carte du vignoble du domaine Bonneau du Matray. Base Collection Pierre Poupon.
Carte du vignoble du domaine Bonneau du Matray. Base Collection Pierre Poupon. (Reproduction interdite sans accord)
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Pierre Vincent au Domaine Leflaive

Pierre Vincent lors des vendanges 2016 au domaine de la Vougeraie. LG
Pierre Vincent lors des vendanges 2016 au domaine de la Vougeraie. LG

Régisseur du Domaine de la Vougeraie depuis 2006, Pierre Vincent a mis le cap vers la Côte de Beaune. Il officie depuis aujourd’hui au domaine Leflaive, référence de Puligny-Montrachet et de la "Côte des blancs". Le domaine Leflaive poursuit donc ses évolutions consécutives au décès de sa gérante emblématique, Anne-Claude Leflaive, disparue en avril 2015. Son neveu Brice de la Morandière, issu du monde l'entreprise et de l'industrie lui a succédé. Ce dernier a donc décidé de s’entourer d’un homme ayant l’expérience d’un domaine d’une superficie conséquente et travaillant en biodynamie. Le domaine de la Vougeraie (Nuits-Saint-Georges), propriété de la famille Boisset, s’étend sur 34 hectares principalement en Côte de Nuits.
Le domaine Leflaive compte 24 hectares dans les plus prestigieuses appellations blanches de Bourgogne : Montrachet, Chevalier-Montrachet, Bâtard-Montrachet, etc. Les premiers essais en bio et en biodynamie ont été menés dès le début des années 1990. Le vignoble a été totalement converti en biodynamie en 1997.       
Assistant de Pierre Vincent pendant les vinifications 2015 et 2016, François Lecaillon a pris la tête du domaine de la Vougeraie. On ignore encore si ce changement est définitif ou provisoire.

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Gevrey-Chambertin 2015 : le palmarès des meilleures cuvées

Des villages aux grands crus, All About Burgundy vous livre son palmarès des meilleures cuvées goutées à l’occasion de l’édition 2016 du « Roi Chambertin ». L'événement annuel, qui tient lieu de présentation primeur, s'est tenu le mois dernier.

Le Chambertin du Domaine Denis Mortet. L'une des grandes bouteilles du millésime 2015 à Gevrey.
Le Chambertin du Domaine Denis Mortet. L'une des grandes bouteilles du millésime 2015 à Gevrey.

La Bourgogne regorge de très grands vins en 2015. Et si quelques bémols sont parfois à apporter ici sur l’homogénéité du millésime, les pinots noirs de la Côte de Nuits ne font pas exception. La dégustation « primeur », terme peu adéquate vu le profil du millésime et la date de la dégustation, des cuvées produites à Gevrey-Chambertin (à raison d’un maximum de trois vins par producteurs) a permis de confirmer le potentiel de ce millésime, chaud, ensoleillé, propice à des bonnes maturités. Une année aussi parfois sèche et par endroit productive.

 

Les vins sont dans l’ensemble bien structurés, généreux mais sans basculer dans le caractère figuée ou compoté que l’on pouvait craindre avant les vendanges. Des vins charnus qui offriront rapidement du plaisir mais dont le potentiel de garde s’inscrit dans la lignée des plus grands.  

 

 

 

Domaine Berthaut-Gerbet

9 Rue Noisot - 21220 Fixin – Tél. 03 80 52 45 48 - www.domaine-berthaut.com

 

Gevrey-Chambertin 1er cru Clos des Chezeaux – 16 sur 20

Des arômes suaves associés à une touche boisée-grillée bien mariée forment un bouquet plaisant. Après une attaque en bouche souple, des tannins fins et concentrés donnent une texture charnue. Amélie Bertaut-Gerbet, installé depuis 2013, propose  là un vin prometteur.

 

 

Domaine Bernard Bouvier

Chemin de Saule – Brochon - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 52 21 37

 

Gevrey-Chambertin Jeunes Roy – 15 sur 20

Bien dans le style tout en finesse et en précision qui signe les vins de Bernard Bouvier. Ce n’était pas le millésime le plus évident pour préserver de la fraicheur et pourtant ce gevrey « pinote » bien. Un vin digeste.

 

 

Domaine Bruno Clair

5 Rue du Vieux Collège - 21160 Marsannay-la-Côte – Tél. 03 80 52 28 95 - www.bruno-clair.com

 

Gevrey-Chambertin – 15,5 sur 20

Bruno Clair fait partie des sages de l’appellation et il trace son sillon avec une belle constance depuis de nombreuses années. Ce gevrey village précis, droit, déploie des notes de fruits rouges d’une belle intensité. Un vin de garde et de gastronomie.

 

 

Domaine Nicolas Burguet

2 Rn 74 – 21220 Brochon - Tél. 06 59 22 51 42 – burguet.nicolas@gmail.com

 

Gevrey-Chambertin – 16 sur 20

Une découverte puisque Nicolas Burguet exploite 47 ares de gevrey-chambertin et une parcelle d’aligoté depuis 2015. Le jeune vigneron revendique une vinification sans soufre (un sulfitage à la mise en bouteille toutefois). Le vin montre un profil gourmand sur une matière charnue, ample. Une réussite.

 

 

Domaine Philippe Charlopin

14 Route de Dijon - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 51 81 18 – www.domaine-charlopin-parizot.com

 

Mazis-Chambertin – 16,5 sur 20

Figure du village, Philippe Charlopin s’est longtemps fait remarquer par ses vins en souplesse et en concentration. Il surprend ici avec un 2015 jouant plus volontiers la carte de l’élégance (des notes de violette), avec une certaine fraicheur en bouche. L’ensemble montre beaucoup de charme et de caractère. A noter également lors de cette dégustation, la présentation d’un gevrey-chambertin vieilles vignes (15 sur 20), dynamique et d’une belle tenue.

 

 

Domaine Pierre Damoy

11 Rue de Lattre de Tassigny - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 30 47 – info@domaine-pierre-damoy.com

 

Chambertin Clos de Bèze – 16,5 sur 20

Pierre Damoy dispose d’une belle gamme de grands crus (chambertin, clos-de-bèze, chapelle-chambertin). Vigneron exigeant, ses vins sont généralement d’une grande densité, voués à une longue garde. Ce 2015, puissant et profond, fera le bonheur des amateurs patients.

 

 

Domaine Claude Dugat

1 Place de la Cure - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 36 18

 

Gevrey-Chambertin – 16,5 sur 20

Un de ces  domaines qui portent haut les couleurs de Gevrey-Chambertin, mais avec une certaine discrétion et humilité. Le nez de ce gevrey, lui, ne s’embarrasse pas de grands principes. Il exhale de puissantes notes de fruits noirs. La bouche est à la fois gourmande et dense. Une très belle bouteille.     

 

 

Domaine Sylvie Esmonin

1 Rue Neuve - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 36 44

 

Gevrey-Chambertin vieilles vignes  - 17 sur 20

Le remarquable travail de Sylvie Esmonin fait une nouvelle fois mouche dans ce millésime 2015. La grande maturité des raisins a donné un vin expressif sur le plan aromatique mais aussi intense et profond en bouche. Un surcroit de précision et de longueur le place à notre avis un peu au-dessus du lot parmi les cuvées de villages.

 

 

Domaine Jérôme Galeyrand

16 Rue de Gevrey - 21220 Saint-Philibert – Tél. 03 80 34 39 69

 

Gevrey-Chambertin En Croisette- 15 sur 20

Un gevrey construit sur des tannins solides, avec une pointe d’austérité même. L’ensemble fait preuve de fond et de longueur. Une cuvée sérieuse et bien typée de son appellation. 

 

 

Domaine Jean-Michel Guillon

33 Route de Beaune, 21220 Gevrey-Chambertin – Tél.03 80 51 83 98 - www.domaineguillon.com

 

Gevrey-Chambertin vieilles vignes  - 16 sur 20

Président de l’appellation depuis quelques années, Jean-Michel Guillon a annoncé passer la main. Il pourra toujours se prévaloir de représenter dignement son village grâce à ses vins. Ce « vieilles vignes » séduit par son expression aromatique intense. En bouche les tannins sont fins et serrés. Du potentiel. 

 

 

 

Domaine Harmand-Geoffroy

3 Place des Lois - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 10 65- www.harmandgeoffroy.com

 

Mazis-Chambertin – 15,5 sur 20

Le mazis-chambertin du domaine, une des très belles références en grand cru de la côte de Nuits, tient son rang. La bouche est à la fois dense et gourmande. A noter aussi une belle cuvée de gevrey village vieilles vignes, un peu plus marqué par un boisé grillé à ce stade.

 

 

Domaine Herestyn-Mazzini

27 rue Richebourg - 21220 Gevrey-Chambertin - Tél. 03 80 34 13 99 - www.heresztyn-mazzini.com

 

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Goulots – 16 sur 20

Le tout jeune domaine (2012) mené par le sympathique couple Florence et Simon Herestyn-Mazzini continue sur son élan. Le domaine se lance d’ailleurs dans la viticulture bio. Nous avons particulièrement apprécié le premier cru Les Goulots. Un vin d’une belle élégance, bâti sur des tannins fins et concentrés à la fois.

 

 

Domaine Denis Mortet

22 Rue de l'Église - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 10 05 - www.domaine-denis-mortet.com

 

Chambertin – 19 sur 20

Il y a un peu plus de dix ans Arnaud Mortet prenait la suite de son père disparu tragiquement (lire ici). Le jeune vigneron a conservé la grande exigence paternelle dans la conduite des vignes, tout en se montrant plus à l’écoute des caractéristiques du millésime et de la diversité des terroirs. Le résultat donne un vin qui tutoie tout simplement les sommets. Ce chambertin est un modèle de raffinement et de longueur. La palette aromatique marie à merveille les épices et le fruit.

 

 

Domaine Louis Remy

1 Place du Monument - 21220 Morey-Saint-Denis – Tél. 03 80 34 32 59 - www.domaine-chantal-remy.com

 

Chambertin – 15,5 sur 20

Chantal Remy et son fils Florian (arrivé en 2011 au domaine) sont à la tête de vignes héritées du domaine Louis Rémy. Ils proposent trois grands crus. Ici le caractère généreux et puissant du millésime donne sa pleine mesure. La bouche fait preuve d’une grande concentration.

 

 

Domaine Philippe Rossignol

59 Avenue de la Gare - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 51 81 17

 

Gevrey-Chambertin – 15 sur 20

Philippe Rossignol et son fils Sylvain travaillent ensemble depuis 2005 sur ce petit domaine de 7 ha. Ils livrent un 2015 consistant, intense, doté également d’une belle longueur. Un beau vin de garde qui deviendra, avec le temps, un vin de plaisir.

 

 

Domaine Rossignol-Trapet

4 Rue de la Petite Issue - 21220 Gevrey-Chambertin - www.rossignol-trapet.com

 

Chambertin  - 16 sur 20

 Avec deux belles parcelles au cœur du Chambertin (pour un total 1,6 ha) le domaine mené par David et Nicolas Rossignol-Trapet figure parmi les principaux producteurs de ce grand cru. Des vignes qu’ils mènent en bio depuis de nombreuses années. Le millésime 2015 a donné un vin d’une grande complexité aromatique avec une bouche privilégiant davantage la finesse que la puissance par rapport à la moyenne.

 

 

Domaine Marc Roy

8 bis Avenue de la Gare - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 51 81 13

 

Gevrey-Chambertin Clos Prieur – 17 sur 20

Sous la zone des grands crus, le Clos Prieur est magnifiquement mis en valeur par Alexandrine Roy. On apprécie une fois de plus son fruit expressif et ses notes florales, mais peut-être plus encore la qualité et la densité de ses tannins en bouche.

 

 

Domaine Cécile Tremblay

8 Rue de Très Girard, 21220 Morey-Saint-Denis – Tél. 03 45 83 60 08 - www.domaine-ceciletremblay.com

 

Chapelle-Chambertin – 16,5 sur 20

Une autre de ces vigneronnes, déterminée et talentueuse, qui démontre que le vin s’écrit de plus en plus au féminin. Pour le plus grand plaisir des amateurs de grands vins. Forte de son expérience de 2009, Cécile Tremblay a eu largement recours à une vinification en vendanges entières. L’expression aromatique de ce grand cru, florale, très élégante, s’en ressent. La bouche est profonde et harmonieuse.   

 

 

Domaine des Varoilles

11 Rue de l’Ancien Hôpital - 21220 Gevrey-Chambertin – Tél. 03 80 34 30 30 - www.domaine-varoilles.com

 

Charmes-Chambertin - 14,5 sur 20

 Un vin d’une belle densité construit sur des tannins solides. Cette cuvée s’éloigne du profil type des vins de cette appellation, l’effet millésime n’y est sans doute pas étranger, tout en gagnant certainement en profondeur et en potentiel de garde.   

 

Carte du vignoble de Gevrey-Chambertin en Côte de Nuits. © S.Pitiot et JC Servant. "Les Vins de Bourgogne".
Carte du vignoble de Gevrey-Chambertin en Côte de Nuits. © S.Pitiot et JC Servant. "Les Vins de Bourgogne".
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Les Cités des vins adoptées à une large majorité

C'est donc oui. Le projet des Cités des Vins (Beaune, Chablis, Mâcon) a reçu une large majorité de soutien, 72%, lors de l'assemblée générale de l'interprofession des vins de Bourgogne (BIVB). "Le projet d'une génération", selon Louis-Fabrice Latour, président du BIVB.

Le moment du vote pour la Cité des vins. LG
Le moment du vote pour la Cité des vins. LG

« Peut-être le plus grand sujet évoqué ces dernières années », « Le projet d’une génération », « Une réalisation structurante ». Non sans un certain sens de la dramaturgie, la filière des vins de Bourgogne a adopté le projet de Cités des Vins, avec 72% de votes favorables, ce 19 décembre lors de l’assemblée générale de l'interprofession des vins de Bourgogne (BIVB).
Pendant près d’une heure et demie, les responsables de la filière se sont succédé à la tribune du palais des congrès de Beaune pour appuyer le projet, soit de manière franche et massive : comme Frédéric Drouhin (à la tête du négoce bourguignon), Pierre-Henry Gagey (co-initiateur du projet en 2010) ou encore Louis-Fabrice Latour et Claude Chevalier (présidents du BIVB), soit plus timidement comme Jean-Michel Aubinel représentant des vignerons de Bourgogne.
Une dramaturgie venue clore une année mouvementée. Jean-Michel Guillon, vigneron à Gevrey-Chambertin, n’a pas manqué de le rappeler avant de se faire l’écho d’une certaine défiance parmi ses collègues à l’issue des présentations. « Il y a vraiment des domaines en difficulté sur la côte. On ne va pas remettre en question les chiffres présentés mais je pense qu’il faut questionner la base, que l’ensemble des vignerons soit soumis à un vote. Nous ne sommes pas complétement contre le projet mais je dis que nous n’avons pas de visibilité. Pour en avoir vu pas mal comme celui-là sortir de terre, y compris celui de Bordeaux, je pense qu’il serait raisonnable que l’interprofession ne s’engage pas plus financièrement. Surtout pour tenir les déficits qui vont arriver ».
La salle pleine, pour une fois lors d’une AG interprofessionnelle, s’est vue détailler le projet. Plus particulièrement celui de Beaune qui a suscité les réticences les plus fortes (lire ici).

 

"Un bâtiment qui ait du souffle"

 

Un site de 10 hectares arboré et desservi par des liaisons en véhicules électriques, dans lequel la Cité des vins et son centre d’interprétation des Climats tiendraient un rôle central. Un hôtel 5 étoiles, une grande halle de réception de 1000 personnes, une galerie marchande et deux restaurants viendraient compléter l’ensemble. Le Centre d’interprétation des Climats doit dominer le tout et permettre d’avoir une vue panoramique sur la côte viticole. « Il nous faut un bâtiment qui ait du souffle », a ainsi argumenté Pierre-Henry Gagey.
Les questions budgétaires, dans tous les esprits, ont été largement évoquées. Le projet beaunois se chiffre à 13,5 millions d’euros. Son financement serait assuré très majoritairement par les collectivités et l’interprofession n’aurait à débourser qu’1,5 million. Les débats ont surtout porté sur le coût d’exploitation annuel estimé à 2,1 millions d'euros. « Le sujet qui nous fait à tous un peu peur », reconnaissait Pierre-Henry Gagey, tout en assurant qu’un important travail a été mené pour se prémunir de futurs déficits. L’interprofession table ainsi sur 100 000 entrées par an (billet d’entrée autour d’une dizaine d’euros) pour une dépense moyenne de 20 euros par visiteur. « Un risque financier très raisonnable » selon les responsables du BIVB. Ces derniers n'ont toutefois pas encore tranché sur les modalités de gestion : mise en place d’une structure sous la houlette directe de la filière ou déléguée à un opérateur privé.
Chablis et le Mâconnais n’ont pas été oubliés lors des débats. Ces deux vignobles, aux extrémités de la Bourgogne, auront eux aussi leurs « cités ». Des sites plus modestes et conçus comme des extensions à des bâtiments déjà existants. Chacun proposera un parcours visite, des ateliers, une plateforme d’information touristique. Ainsi le site du Petit-Pontigny (anciens bâtiments cisterciens) à Chablis sera étendu de 900 m² pour un coût de 2,2 millions d’euros, tandis que celui de la Maison mâconnaise des vins sera agrandi de 1 900 m²pour 3,9 millions d’euros. L’ensemble de ces trois « cités » doit fonctionner en réseau pour mettre en valeur le patrimoine de la Bourgogne et donner envie d’aller plus loin.
La mairie de Beaune, maitre d’œuvre du projet côte-d’orien, annonçait récemment la livraison des premiers éléments en 2018. Mais, étrangement, aucun calendrier des réalisations à Chablis, Beaune ou Mâcon n’a été évoqué lors des présentations.

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