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Vézelay : une promotion avec les honneurs

C’est une première, les 26 et 27 janvier Vézelay reçoit la Saint-Vincent tournante. Une consécration pour cette appellation tout juste promue au rang d’appellation communale. Les bonnes fées se sont penchées sur son berceau.

Vézelay, nouvelle appellation village accueille la Saint-Vincent tournante 2019. Photo : Heko Köster
Vézelay, nouvelle appellation village accueille la Saint-Vincent tournante 2019. Photo : Heko Köster

Il ne subsistait que quelques rangs de vignes dans les années 1960 sur la « colline éternelle » dominée par sa célèbre basilique (classée au patrimoine mondial de l’humanité). Autant dire que le vignoble de Vézelay autrefois prospère (au 19ème siècle il comptait 1 000 hectares) avait quasiment disparu. Quelques vignerons ont décidé de le faire revivre…
Sa superficie reste modeste, une centaine d’hectares aujourd’hui plantés, mais suffisante pour que la démarche soit couronnée par le classement en appellation village. Les premières bouteilles de la nouvelle AOC ont été commercialisées l’année dernière.

Il y a plus de dix ans en effet, les producteurs de Bourgogne Vézelay ont déposé un dossier de classement en appellation village  auprès de l’INAO, concernant les vins blancs. Il vient donc d’aboutir, soulignant un bon potentiel de développement. L’aire d’appellation couvre 260 hectares sur quatre communes : Vézelay, Asquins, Saint-Père et Tharoiseau. Les vignes, chardonnay uniquement, sont plantées vers 250 mètres d’altitude sur des côteaux orientés au sud/sud-est. Des terroirs à fortes proportion d’argile qui produisent des vins aux fruités expressifs et évoquant souvent les agrumes (pamplemousse) en finale. Premier millésime : 2017, avec des bouteilles commercialisées l’année dernière.
L'âme vigneronne est vivace à Vézelay et pour l’encourager toutes les sociétés de secours mutuelles de vignerons de Bourgogne vont s’y donner rendez-vous sous l’égide de la Confrérie des Chevaliers du Tastevins. Ce sera à la Saint-Vincent tournante les 26 et 27 janvier pour l’une des plus grandes fêtes vigneronnes de la région.

> www.vezelay2019.fr

 


La renaissance de Vézelay en 3 grandes dates.

1985 : délimitation de l’aire géographique et reconnaissance en AOC Bourgogne par l’INAO pour une superficie de 333 hectares  sur les communes d’Asquins, Saint-Père, Tharoiseau et Vézelay,

1997 : dénomination Bourgogne Vézelay accordée par arrêté ministériel pour les vignes plantées en Chardonnay dans l’aire d’appellation Bourgogne de ces quatre communes,

Octobre 2017 : reconnaissance de l’appellation Village Vézelay  par un deuxième arrêté pour les vins tranquilles blancs produits dans l’aire validée par l’INAO soit 256 hectares. Vézelay devient ainsi la 44e AOC village de Bourgogne.

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Nouveau record aux Hospices de Beaune

Les années se suivent et les records tombent les uns après les autres à la vente des Hospices de Beaune. Le chiffre d’affaires atteint près de 14 millions d’euros cette année. Le millésime 2018 a conquis les acheteurs.

Toujours plus haut ! La ventes de Hospices de Beaune bat encore des records. LG
Toujours plus haut ! La ventes de Hospices de Beaune bat encore des records. LG

Les chiffres donnent le tournis aux Hospices de Beaune. Il y a tout juste dix ans la vente aux enchères des Hospices rapportait 2,8 millions d’euros. Un chiffre à majorer de plus de 11 millions aujourd’hui pour obtenir le chiffre d’affaires actuel. Une incroyable progression qui a vu les prix des vins de l’hôpital beaunois augmenter sans discontinuer lors des dernières dix éditions à l’exception de 2011.

 

Le ton a été rapidement donné avec le premier grand cru de la vente le Clos de la Roche adjugé 110 000 € contre 80 000 l'an dernier. Plus tard, la palme revenait au chablis 1er cru Côte de Léchet, cuvée Jean Marc Brocard, avec + 70% ! La pièce s'était vendue à 8500 € en moyenne l'an dernier, les futs de 2018 ont atteint un prix moyen de 14 500 € cette année… La qualité du millésime a été saluée.

 

Volume important (un total de 828 pièces mis aux enchères soit le plus haut depuis 1973) et hausse des prix des vins, la logique a donc abouti à une envolée du chiffre final.

 

Avec une progression de 19% du prix moyen des vins, cette vente est donc la confirmation du pouvoir d’attraction exceptionnel des grands vins de Bourgogne. Elle n’est pas sans poser question sur l’image d’inaccessibilité qui pourrait se renforcer parmi les consommateurs. Dans les rangs des négociants on va donc s’efforcer de faire passer le message que les Hospices de Beaune sont une vente de charité avant tout et non pas le baromètre de la région. Il y a du vin en cave, avec ces deux derniers millésimes productifs, c’est une donne nouvelle par rapport à ce qu’a connu la région depuis le début de la décennie. De quoi satisfaire la demande sans tensions excessives sur les prix. Sauf peut-être dans le haut de la gamme…  

 

 

 

Les pièces de charité adjugée 230 000 €

 

Alaor Pereira Lino, originaire de Sao Paulo (Brésil) et partenaire de la société Anima Vinum, a acquis le lot de charité  200 000 €. Albéric Bichot (maison Albert Bichot) et l'un de ses clients québécois, Daniel Tangay, ont complété les enchères de 30 000 €. Les fonds récoltés seront versés à l’Institut Pasteur, soutenu par Nathalie Baye et Erick Orsenna, à ASMAE qui poursuit l’action de Sœur Emmanuelle pour les enfants défavorisés (parrainée par l’acteur Pascal Elbé) et à BAB, association qui œuvre pour les enfants malades et leurs proches à l’hôpital Trousseau (représentée par l’actrice Emmanuelle Béart).

 

 

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Livre : les Climats de la Côte Chalonnaise ont aussi leur "bible"

Après leur ouvrage de référence dédié à la Côte de Beaune et à la Côte de Nuits*, Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot poursuivent leur exploration des terroirs bourguignons et publient "La Côte Chalonnaise - Atlas et Histoire des Noms de Climats et de Lieux" (Editions de Monza - Editions du Meurger).

 

Atlas et Histoire des Noms de Climats et de Lieux de la Côte Chalonnaise (Sylvain Pitiot).
Atlas et Histoire des Noms de Climats et de Lieux de la Côte Chalonnaise.

Mercurey, Givry, Montagny, Rully, Bouzeron racontés par les cartes et les noms de leurs 561 Climats. C'était le rêve de tous les amoureux de la Côte Chalonnaise, dont l'accessibilité a attiré à elle de nombreux amateurs de vins de Bourgogne ces dernières années.

Sylvain Pitiot, consultant viti-vinicole et cartographe, a doté ce livre d'une cartographie détaillée des différentes appellations, de la superficie précise de leurs Climats, mettant ainsi en lumière les singularités de chacune d’elles.

Marie-Hélène Landrieu-Lussigny, professeur agrégée de lettres classiques, livre un éclairage étymologique sur ces fameux terroirs. On y apprend par exemple que "Les Margotés", Climat de Rully, vient de « margotte » qui désigne dans le patois local un fagot ou une botte de branches. On sait que l’endroit était couvert de chênes avant que la vigne ne prenne la place.

"Les Combins" à Mercurey fait référence à la combe, une dépression de terrain dans la côte. A Givry, "Clos Marole" vient de la racine pré-indo-européenne MER ou MAR qui signifie rocher ou hauteur rocheuse. Une origine que l’on retrouve par exemple dans l’appellation Maranges.

 

Le lecteur trouvera donc l’origine, l’histoire et la signification de chacun de ces noms. Ce livre constitue donc un témoignage précieux de la culture du terroir en Bourgogne. Il devrait, comme son ainé, faire date.

Sylvain Pitiot ingénieur topographe reconverti dans la vigne (il a été régisseur du Clos de Tart jusqu’en 2015), en a notamment assuré la cartographie.

L'ouvrage est bilingue Français/Anglais et les photos d’Armelle Hudelot illustrent le propos.

Avec la participation de Jacky Rigaux, universitaire, écrivain, spécialiste de la pratique de la « dégustation géo-sensorielle ».

 

Editions du Meurger - Editions de Monza - 49 €

 

Disponible ici par exemple : > Athenaeum (Beaune)

 

* "Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne" (Editions de Monza - Editions du Meurger)

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Vendanges 2018 : « Ça me rappelle 1999 ! »

Raisins magnifiques, temps idéal, le millésime 2018 est plein de promesse. Plus particulièrement en rouge. All about Burgundy a suivi les vendanges au domaine Hubert Lignier à Morey-Saint-Denis. Laurent Lignier nous fait découvrir sa parcelle de Pommard (Climat En Brescul), une vigne acquise avec notamment Eric Carrière, ex-footballeur international, consultant et caviste. L’occasion d’un échange entre les deux hommes sur cette association entre deux passionnés.    

 

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Encore un millésime précoce !

On l’oublierait presque dans cette série de millésimes de grande précocité, vendanger en août est exceptionnel en Bourgogne. C’est pourtant bien le scénario qui se répète pour la deuxième année de suite en 2018. Une année aussi marquée par la sécheresse.

 

 Les premières caisses de raisins chargées au Château de la Commaraine (Pommard). LG.
Les premières caisses de raisins chargées au Château de la Commaraine (Pommard). LG.

Des premiers coups de sécateurs dès la dernière semaine d’aout et des vignerons qui rentrent de vacances pour se plonger sans transition dans la récolte de leurs raisins. C’est une nouvelle fois le scénario offert par le millésime 2018 en Bourgogne. C’était déjà le cas en 2017, même si cette année est encore plus précoce. Elle rentre même dans l’histoire du vignoble dans le palmarès des millésimes les plus en avance sur la normale (autour du 20 septembre). Il ne bat pas l’inoubliable 2003 (entre le 20 et le 25 août en Côte d’Or) mais se situe tout juste après.
L’été particulièrement chaud, a provoqué une situation d’avancement de la maturité généralisée dans tous les vignobles bourguignons. Les cuveries sont en activité partout : de Chablis au Mâconnais.


Le domaine Roux à Saint-Aubin a débuté la récolte dès le mercredi 29 août. Avec un premier constat : les raisins ont conservé du jus. C’était la grande crainte après un été très déficitaire en pluie. « Les grappes sont dans un état sanitaire parfait, mon père me dit qu’il n’a jamais vu cela. Nous avons la qualité et la quantité. Seules trois parcelles ont dû être triées », expose Sébastien Roux.


Plus au nord, le domaine Gouges à Nuits-Saint-Georges a débuté ses vendanges le 3 septembre par quelques parcelles de blancs. «Il était temps de commencer car nous avons enregistré des degrés potentiels à plus de 13 et même un maximum à 13,7°. La quantité est au rendez-vous même dans les vignes grêlées début juillet. Dans notre parcelle de Nuits premier cru La Perrière, où nous avons été touché à 20% environ, nous atteignons 36 hectolitres hectares. On peut dire que l’on s’en sort bien. A l’inverse dans les rouges, les prélèvements ne témoignent d’aucune urgence. « Nous sommes entre 12,5 et 12,8° selon les parcelles. La maturité phénoliques n’étaient pas encore complète jusqu’à ces derniers jours ». La faute certainement à la grêle mais aussi peut-être au manque d’eau qui a bloqué les vignes.


Au Château de la Commaraine à Pommard, la nouvelle équipe (voir l’article de novembre dernier) a commencé la récolte ce mardi 5 septembre. Les raisins sont là aussi parfaitement sains et ne nécessiteront que très peu de tri. La quantité est au rendez-vous : le millésime était potentiellement très généreux dans certaines parcelles. Nous avons pratiqué des vendanges vertes pendant l’été », explique Jean-Luc Vitoux, directeur.
Un deuxième millésime quantitatif et certainement qualitatif pour la Bourgogne se profile consécutivement pour la Bourgogne. Une situation inespérée après la série d’années déficitaires rencontrées jusqu’en 2016.

 

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