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Bouchard père et fils : plus proche du bio

Des essais de culture bio sont menés depuis plusieurs années dans les vignes de Bouchard Père et Fils à Beaune. Si les 130 hectares de la maison venaient à être certifiés bio l’un des plus importants et prestigieux domaines de Côte-d’Or passerait ainsi sous la bannière « AB ».

Bouchard Père et fils est notamment le plus grand proprétaire en Chevalier-Montrachet. LG
Bouchard Père et fils est notamment le plus grand proprétaire en Chevalier-Montrachet. LG

La maison Bouchard Père et Fils veut aller plus loin dans son approche de la culture de la vigne. La perspective d’un passage en bio est de plus en plus ouvertement évoquée à la tête de maison (Certifiée Haute valeur environnementale depuis 2015). Son directeur de la maison, Christian Albouy, nous confiait ainsi il y a quelques semaines que des essais sont menés dans des vignobles emblématiques du domaine.
Les deux monopoles beaunois de la maison, le Clos Saint Landry (près de 2 ha) et le Clos de la Mousse (3,36 ha), sont effet cultivés en bio à titre expérimental depuis plusieurs années. Le premier est planté en chardonnay, le deuxième en pinot noir. Ils ont aussi l’avantage d’être situés près de la « base » de la maison.
« L’approche bio est en place depuis déjà 7 ou 8 ans et nous avons réussi à tenir le cap même en 2016 (Ndlr : année aux conditions particulièrement difficiles, lire ici). L’expérience montre qu’il faut être particulièrement réactif en bio et que nous aurons besoin d’investir en matériel comme en personnel pour pouvoir l’élargir », explique Frédéric Weber directeur vignes et vins de la maison. Avec 130 hectares répartis entre la Côte de Nuits et Bouzeron (Cote Chalonnaise) le challenge est de taille et le chemin vers une certification encore long.

 

Les vignes du Beaujolais en certification 


L’approche bio n’est pas une nouveauté dans le groupe (la maison appartient à la famille champenoise Henriot). William Fèvre à Chablis est en bio (non certifié) depuis une dizaine d’années avec une approche en biodynamie sur les grands crus. Seul le millésime 2016 a connu quelques traitements sortant du cahier des charges bio.
Plus au sud, la propriété beaujolaise de Poncié (Fleurie) est pour sa part engagée dans une démarche de certification sur ses chardonnays (2,5 hectares) depuis 2 ans. Une vingtaine d’hectares de gamays doivent faire l’objet d’une officialisation similaire d’ici la fin de ce mois.  « Les sols ressuis rapidement, plus qu’en Côte de Beaune, et la mise en place du bio est plus simple », expose Frédéric Weber.

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Les Saint-Georges grand cru ? Dix ans après…

En 2007, Thibault Liger-Belair et les co-exploitants des Saint-Georges faisaient de la reconnaissance en grand cru de ce Climat leur cheval de bataille. Dix ans plus tard l'emblématique cru de Nuits-Saint-Georges n'a toujours pas changé de statut. Revenir sur l'histoire n'est pas une mince affaire en Bourgogne...

Thibault Liger-Belair ambassadeur persévérant et plus important producteur de Saint-Georges. (LG)
Thibault Liger-Belair ambassadeur persévérant et plus important producteur de Saint-Georges. (LG)

« Nous nous étions réunis dans le presbytère de Nuits-Saint-Georges, c’est là que l’on s’est décidé à l’unanimité de constituer une demande de grand cru pour les Saint-Georges », se souvient Thibault Liger-Belair. Depuis 2007 le dossier a pris de la consistance (200 pages d’études géologiques, historiques, économiques) mais les réticences restent fortes.

 

Bousculer la hiérarchie n’est pas à l’ordre du jour dans beaucoup d’esprits bourguignons. La crainte d’envoyer le feu vert à certains (Pommard à aussi déposé un dossier concernant les Rugiens et les Epenots) signifie ouvrir la boite de Pandore. « Nous pourrions nous retrouver avec un dossier par an », estime Damien Gachot, viticulteur à Corgoloin et habitué des instances de l’Institut des appellations d’origines contrôlées (INAO).

 

Les conditions demandées par l’INAO pour aboutir portent davantage aujourd’hui sur la forme que sur le fond. Mais celles-ci sont suffisamment restrictives pour bloquer le processus. Parmi elles une valorisation deux fois supérieure aux autres premiers crus de Nuits sur le marché. Et surtout une procédure exigeant qu’un quorum élévé (90%) de producteurs de l’appellation de Nuits soient réunis en même temps et bien-sûr que tout ce monde vote à une large majorité (deux tiers) la promotion du climat.

 

Pourra-t-on remettre à plat le découpage des grands crus à l'avenir ? Les Saint-Georges font figurent de test. Car l’argument consistant à s’alarmer du galvaudage du sommet de la hiérarchie bourguignonne ne tient pas. Avec 7,52 hectares (et 13 propriétaires) le classement de ce climat verrait la superficie de grands crus rester aux environ de 2% du vignoble bourguignon.

 En attendant, Thibault Liger-Belair et d’autres avec lui, sont bien décidé à réparer ce qu’ils considèrent comme un oubli de l’histoire. L’occasion de gouter ou de re-gouter ses derniers millésimes de Saint-Georges.

 

Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2016 – 17 sur 20 (dégusté sur fût)
L’expression « bonne surprise » est parfois galvaudée à force d’être convoquée dès lors qu’il s’agit d’évoquer les millésimes dit « intermédiaires », nés dans la douleur. 2016 à encaissé bien des coups mais au fur et à mesure de nos dégustations il apparait nettement que cette année est à classer dans la catégorie au-dessus : celle des bons ou très bons millésimes. Charnu, gourmand et d’une belle intensité aromatique, ce Saint-Georges a le profil du grand vin. Celui qui ne déçoit jamais : bon jeune, le plaisir est déjà là, et bon en vieillissant. C’est en tout cas le pari que nous prenons.  

Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2015  - 15,5 sur 20
Thibault Liger-Belair s’inscrit dans la mouvance de ces producteurs qui utilisent de manière raisonnée la vendange entière. Le millésime 2015 a été une année particulièrement faste pour ce type d’approche. La moitié des grappes a ainsi été encuvée sans éraflage pour cette cuvée. La technique n’a pas pris le pas sur le terroir et l’on retrouve un Saint-Georges complexe, sur une dominante épicée, avec une belle finale sur la réglisse et les fruits noirs. En vin encore en devenir.

   
Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2012  - 18,5 sur 20
« Les Saint-Georges c’est un vin d’abord large en bouche puis qui va en s’étirant », exposait Thibault Liger-Belair en préalable de cette dégustation. C’est ce millésime 2012, très peu productif pour cause de floraison difficile, qui illustre le mieux cette remarque. La robe est très jeune et ne trahit en rien les déjà 5 années au compteur. La texture  en bouche montre une superbe densité mais une finesse tannique qui donne à l’ensemble un délicieux touché velouté. La finale est très persistante. Grande réussite.


Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2011 – 15 sur 20
C’est peut-être dans ce type de millésime, flatteur mais d’une consistance moyenne, que toutes les qualités d’un tel terroir se mettent en évidence. Charmeur le vin l’est incontestablement avec son aromatique à dominante de cerise, il ne manque pas pour autant de caractère (les tannins sont solides) ni de longueur. A ouvrir, pourquoi pas, lors d’un prochain repas festif. 


Nuits-Saint-Georges premier cru Les Saint-Georges 2010 – 15,5 sur 20
Un millésime qui suscite beaucoup d’attente tant son homogénéité est remarquable. Attente pas tout à fait comblée sur le plan complexité : malgré ses plus de 5 années de vieillissement en bouteille, cette cuvée parait encore sur la réserve, entre deux eaux. Le fruit primaire est encore là : il s’exprime avec précision sur des notes de groseille et de petits fruits rouges en général. La largeur de sa palette laisse davantage sur sa faim. La bouche est dense et fraiche. Un vin à aérer avant le service ou à attendre.

 

> Site du domaine Thibault Liger-Belair


Terroir : Une prédominance de l’argile

 Exposé plein est, à mi-coteau, Les Saint-Georges est un terroir de 7,52 hectares situé dans la partie sud de l’appellation. La pente est moyenne (10% environ) pour une altitude aux alentours de 250 mètres. Comme beaucoup de Climats de Bourgogne, grands crus compris, ses caractéristiques géo-pédologique sont loin d’être homogène. Les études de sols ont toutefois mis en évidence la présence d’argiles épaisses et  de cailloux ou graviers. Cette richesse du sol expliquerait la puissance des Saint-Georges. Une belle présence tannique en bouche qui leur assure une capacité de vieillissement hors du commun. Les vins se distinguent aussi par un caractère souvent épicé au nez. La  constance de ce terroir à donner de grands vins quelques soient les conditions du millésime est surtout à souligner. Qualité indispensable pour faire partie des grands.


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Boris Champy (Clos des Lambrays) : "Le plus grand est toujours devant nous !"

Boris Champy s’apprête à vivre ses premières vinifications au Clos des Lambrays. Il prend ainsi ses marques dans l’un des fleurons de la Bourgogne (8,66 hectares) acquis en 2014 par LVMH, groupe leader dans le monde du luxe. Il nous livre ses premières impressions.

Après Dominus (Napa Valley), le domaine Louis Latour, une nouvelle étape s’ouvre pour vous avec le Clos des Lambrays. Qu’est-ce qui vous a incité à relever ce nouveau challenge ?

J’étais déjà très heureux de m’occuper de grands terroirs chez Latour (ndlr : 48 hectares dont 27 en grands crus). L’échelle d’un domaine comme le Clos des Lambrays permet s’occuper de tout pour viser la perfection. Cela me plait beaucoup.

 

Quel est l’objectif d’un grand groupe comme LVMH avec ce grand cru bourguignon ?

Cela faisait longtemps que LVMH cherchait un domaine en Bourgogne. Quand je suis arrivé au siège à Paris, j’ai réalisé que c’était le domaine du groupe avec la plus longue existence parmi toutes les marques, il a été fondé en 1365. Le but de LVMH  est de toucher à l’excellence.

 

Chose assez exceptionnelle, Bernard Arnault, PDG, a tenu à vous rencontrer. Que vous a-t-il dit ?

Son but c’est de faire très, très, bon. Le groupe était très content d’avoir gardé Thierry Brouin (ndlr : régisseur depuis 1980) car il incarne le domaine depuis longtemps. L’objectif est de continuer de développer l’image du domaine. Ils veulent que le Clos des Lambrays soit reconnu comme un des meilleurs domaines de Bourgogne. Et ce n’est pas exclusivement une question de prix.

 

Justement quels seront les signes que cela est le cas. Les notes des critiques, les prix, les cours des enchères, etc. ?

Une combinaison de tout cela. Il est aussi évident que le fait de voyager pour représenter le Clos des Lambrays à l’international fait partie de mes attributions pour assurer cette reconnaissance. Le Clos de Tart (Ndlr : Clos monopole voisin) a aujourd’hui une image un peu plus développée par exemple.

 

Vous avez dégusté les derniers millésimes du Clos des Lambrays. Quels enseignements en tirez-vous ?

On a une belle série de millésimes avec 2013, 14, 15, 16. Il va falloir que l’on continue. C’est un point que j’ai retenu de la Napa Valley : il y a eu de grands millésimes par le passé mais le plus grand est toujours devant nous. J’aime partir avec cet état d’esprit. Il faut chaque année travailler très fort.

 

Beaucoup de grands domaines bourguignons sont aujourd’hui en bio, en biodynamie. Est-ce des approches qui vous intéressent ?

J’aime bien-sûr qu’une viticulture soit écologique : pratiquer le travail du sol plutôt que d’employer des désherbants, éviter les tassements, etc... Je trouve aussi que s’enfermer dans une technique trop restrictive peut être négatif.

 

Le bio ne fait pas partie de vos priorités donc…

Pas la certification. Lors du millésime 2016, un viticulteur bio peut avoir traité 15 ou 16 fois. A-t-il fait mieux qu’un viticulteur ultra raisonné qui a traité seulement 10 fois. Qui aura moins tassé ses sols ? Le plus important dans la bio, ou la biodynamie, c’est l’attention que l’on porte au vignoble. Une vigne dont le feuillage est détruit par le mildiou, qu’elle soit en biodynamie ou en conventionnelle, sera plus faible l’année suivante. Il faut une viticulture écologique mais ne pas oublier la base de l’agronomie. Un arbre qui souffre plusieurs années va arrêter sa croissance, ne plus fructifier. Je prête de l’attention à avoir un milieu qui vit : avec des replantations d’arbre, la mise en place d’abris pour les oiseaux, de ruches, comme nous l’avons fait à Corton. Cela me va mieux que dire qu'il faut telle ou telle préparation pour la plante, que la vigne a besoin de ci, de cela. J’ai un peu de mal avec l’approche biodynamique.

 

LVMH vous a donné carte blanche dans vos choix ?

La particularité de LVMH est de disposer de très grands domaines (Ndlr : Château Cheval Blanc ou d’Yquem) et maisons comme Moët et Chandon, Veuve Cliquot, Ruinart, Krug, etc. Ils sont restés des entités à part entières. La Bourgogne fait aussi un peu peur. Je ne le dis pas seulement pour LMVH. En 2012 nous avons reçu l’association des œnologues de Champagne ou encore le chef de culture du Château Cos d’Estournel chez Louis Latour. Quand on explique que les différents Climats de Corton (Clos du Roi, Les Bressandes, etc.) sont vinifiés séparément ils se disent : « Ils sont sur une autre planète ! ». Notre viticulture est très compliquée. Le climat n’est pas simple. On fait du blanc et aussi du rouge.  Ce que l’amateur de Bourgogne trouve extraordinaire fait peur a beaucoup de vignerons en France.

 

Quand on vous a dit « Carte blanche » il faut traduire : «  Nous on ne comprend pas trop, débrouillez vous… » !?

Non, je ne pense pas… Ils étaient très contents que cela se passe comme cela avec Thierry Brouin et LVMH veut que cela continue.

 

Quelles sont les caractéristiques du Clos des Lambrays par rapport à la Romanée Saint-Vivant ou au Chevalier Montrachet de Latour, pour évoquer des terroirs que vous connaissez bien ?  

Il y a déjà une différence de vinification puisque le Clos des Lambrays est vinifié en grande partie en vendanges entières (Nldr : la tige de la grappe n’est pas retirée avant la mise en cuve). Cela apporte une petite note épicée et il faut faire attention de ne pas aller chercher trop les tannins. Sur les Corton avec des climats aux tannins assez puissants, les Corton Perrières par exemple, on peut avoir des vins trop fermes avec la vendange entière. Le Clos des Lambrays est un terroir fin et j’aime sa finesse. Je trouve que la grappe entière lui va bien. Sur les derniers millésimes la proposition utilisée se situe entre 70 et 100%.

 

Comment définissez-vous ce vin ?

C’est davantage un vin en longueur que sur la rondeur ou la puissance. Ce qui m’intéressera beaucoup c’est les différences entre le haut le bas du Clos. C’est l’une des clés. C’est un clos, un seul vin, mais à l’intérieur il y a des différences. C’est l’assemblage de ces différences qui donne encore plus de complexité au vin.  

 


Bio express

Issu d’une famille de vignerons champenois, Boris Champy (42 ans) a passé l’essentiel de sa carrière chez Dominus Estate, propriété californienne du bordelais Christian Moueix (de 1997 à 2007). Il a rejoint la maison Louis Latour en 2008 comme directeur des domaines. Œnologue (DNO à Bordeaux en 1996), il confirme là son enracinement dans les plus beaux terroirs bourguignons.


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Jadot devient le plus grand exploitant en Côtes de Beaune et de Nuits

La maison Louis Jadot vient d’acquérir le domaine Prieur-Brunet et ses 18 hectares. Elle devient ainsi le plus grand exploitant de vignes en Côte-d’Or.

 

Jadot ajoute des vignes à sa gamme sur Chassagne, Meursault, Santenay. Elle totalise 138 ha en Côtes de Beaune et de Nuits. LG
Jadot ajoute des vignes à sa gamme sur Chassagne, Meursault, Santenay, etc. Elle totalise 138 ha en Côtes de Beaune et de Nuits. LG

Vigneron ou négociant ? Les frontières sont de plus en plus ténues entre les deux grandes familles historiques de la production des vins de Bourgogne. L’achat du conséquent domaine Prieur-Brunet (Santenay), 18 hectares, par la maison beaunoise Louis Jadot confirme la tendance.
Elle marque aussi un petit évènement dans la hiérarchie des exploitants des grands vignobles bourguignons. La maison passe ainsi à 138 hectares de vignes en Côte de Beaune et Côte de Nuits. Elle devient donc le premier exploitant Côte-d'Orien  (Bouchard Père et Fils étant à 130 ha).*

 
Le domaine Prieur-Brunet, installé au sud de la Côte de Beaune depuis plus de 200 ans, compte une belle gamme d’appellations. On citera en tête d’affiche le Bâtard-Montrachet (même si la parcelle se limite à 0,08 ha) asseyant ainsi un peu plus la présence de la maison dirigée par la famille Gagey dans ce secteur des grands crus blancs de la Côte de Beaune. S’y ajoute, non loin de là, les chassagne-montrachet premiers crus Morgeot et Les Embazées. En blanc toujours, la liste compte aussi le premier cru Les Charmes à Meursault.


En rouge, la gamme de santenay premier crus mérite elle aussi une mention spéciale (Maladière, Comme, Clos Rousseau, Clos Faubard). Les regards des amateurs avisés de pinot noir noteront la présence de vignes en volnay Santenots et pommard Les Platières. La déjà très solide présence de Jadot dans le trop méconnu vignoble de Beaune (plus de 23 hectares dans cette seule AOC) se voit renforcée par l’arrivée d’une parcelle de premier cru Clos du Roy.
Louis Jadot exploite dorénavant 243 hectares de vignobles en Bourgogne avec le Domaine des Héritiers Louis Jadot, le Domaine Louis Jadot, le Domaine Gagey et le Domaine du Duc de Magenta. La maison Jadot possède également le Château des Jacques, en Beaujolais et le Domaine Ferret, à Fuissé, en Mâconnais.


* Parmi les poids lourds du vignoble, la cave Nuiton-Beaunoy (Beaune) regroupe les 520 hectares, essentiellement en Côte-d’Or, exploité par 88 vignerons associés.

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Chambertin 1959 Louis Latour : un pan d’histoire

La maison bourguignonne Louis Latour fêtait ses 220 ans au Ritz (Paris) le 7 juin dernier. L’occasion de déguster des millésimes d’anthologies : 1934, 1947 ou encore 1959.

 

Un grand cru majestueux, un millésime mythique : Chambertin 1959 Louis Latour. LG
Un grand cru majestueux, un millésime mythique : Chambertin 1959 Louis Latour. LG

C’était une autre époque. Ou le début d’une nouvelle. « Avant on se trouvait sous le coup de la grande crise, de la guerre et d’une faiblesse de la Bourgogne en général. Elle produisait  peu et n’était pas entièrement replantée. Elle vivait dans la continuité du XVIIIe siècle... », confiait Louis Latour (1932-2016) en 2000 à l’occasion du 200e anniversaire de la maison éponyme. Et puis vint ce millésime de la fin des années 1950.

« En 1959, la Bourgogne a connu une récolte stupéfiante de qualité et d’abondance, qui a coïncidé avec l’ouverture du marché commun. »
Un véritable tournant pour un vignoble qui se cherchait encore.
Ce chambertin 1959 dégusté pour l’anniversaire de la maison est donc un morceau d’histoire. Visuellement, on pourrait le croire appartenir définitivement au passé : robe tuilée, trouble et terne. Il a pourtant constitué le clou de la soirée. Un millésime chaud qui a donné des textures d’une superbe finesse, des tannins que les années ont elles aussi patinés. Le plus étonnant restant sa fascinante complexité aromatique au fil de l’aération : rose séchée, champignon frais, torréfaction, etc.


Auparavant cette anniversaire a aussi été l’occasion de déguster une très belle trilogie de corton-charlemagne, remarquable de finesse aromatique, sur les millésimes 2010, 2009, 2008. Un puissant chevalier-montrachet « Les Demoiselles » 1947 année devenue mythique. « Le premier millésime chaud de l’ère moderne », selon Louis-Fabrice Latour. Et côté rouges, une romanée-saint-vivant 2010 d’un raffinement et pureté envoutante. Un corton-grancey 1990 plein de chair. Un clos vougeot 1934 mêlant à la fois sucrosité et vivacité.

 

La maison Louis Latour est propriétaire de 0,8 hectares de vigne dans ce grand cru. Voir la carte parcellaire du Chambertin (disponible en version murale sur le site Collection Pierre Poupon).

 

Carte du Chambertin (Bourgogne)
Carte du Chambertin (Bourgogne)

> Les cartes des vignobles de Bourgogne sont issues des ouvrages de la collection Pierre Poupon : www.collection-pierrepoupon.com

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