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Le domaine de la Romanée-Conti s’offre un 9e grand cru

Un accord avec le domaine Bonneau du Martray va lui permettre d’exploiter 2,5 hectares en Corton- Charlemagne. Le domaine de la Romanée-Conti atteindra ainsi 28 hectares. Uniquement en grands crus...

 

Une porte d'entrée dans le Corton-Charlemagne pour le domaine de la Romanée-Conti. LG
Une porte d'entrée dans le Corton-Charlemagne pour le domaine de la Romanée-Conti. LG

Le fameux domaine de la Romanée-Conti (Vosne-Romanée) a trouvé un accord avec le domaine Bonneau du Martray pour reprendre en fermage 2,5 hectares en Corton-Charlemagne, grand cru blanc de la Côte de Beaune. Le domaine Bonneau du Martray (Pernand-Vergelesses) dispose de 11 hectares dans le Climat Charlemagne dont 9,4 ha en chardonnay, ce qui en fait le premier producteur de ce grand cru. Une production jugée « trop importante pour son marché », selon Aubert de Villaine, cogérant du domaine de la Romanée-Conti.

Le vignoble sera mené en biodynamie, comme il l’est depuis 2004, et devrait produire entre 8 000 et 10 000 bouteilles chaque année. Les premières vendanges seront réalisées en 2019. Le domaine de la Romanée-Conti atteindra ainsi 28 hectares.

 

Avec le Montrachet (67,5 ares en propriété), ce sera le deuxième grand cru blanc commercialisé par le domaine. Ce dernier est par ailleurs déjà présent sur la colline de Corton (Clos du Roi, Bressandes et Renardes) depuis fin 2008 dans le cadre d'un fermage avec le domaine Prince Florent de Merode.

 

Le domaine Bonneau du Martray a été vendu en janvier 2017 par la famille Le Bault de La Morinière à l'américain Stanley Kroenke (lire ici), notamment propriétaire du vignoble californien Screaming Eagle dans la Napa Valley.

 

Carte du vignoble du domaine Bonneau du Matray. Base Collection Pierre Poupon.
Carte du vignoble du domaine Bonneau du Matray. Base Collection Pierre Poupon. (Reproduction interdite sans accord)
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Terra Vitis, en plein renouveau, fête ses 20 ans

Né dans le Beaujolais pour promouvoir la viticulture raisonnée, Terra Vitis a fêté ses 20 ans d’existence. Après avoir connu des hauts et des bas, le réseau attire de nouveaux vignerons et compte plusieurs centaines d’adhérents en France.

Tony Cavot (domaine de Charverron) nouveau labellisé Terra Vitis. LG
Tony Cavot (domaine de Charverron) nouveau labellisé Terra Vitis. LG

« La société avance, il faut aussi que l’agriculture avance. Etre en groupe c’est la meilleure façon d’avancer plus vite », expliquait Gérard Bazin, président de la Chambre d’agriculture du Rhône, lors des 20 ans de Terra Vitis. Expérimenter de nouvelles pratiques et échanger les résultats, c’est précisément la raison d’être de ce réseau qui promeut la viticulture raisonnnée. Une culture basée sur l’observation afin de traiter uniquement lorsque nécessaire, aux bonnes doses et avec le bon appareil. « Pour moi Terra Vitis est une véritable reconnaissance de la viticulture raisonnée. Tout le monde dit avoir ce type de pratiques mais là il y a un véritable cahier des charges, avec 2 audits par an, un interne et l’autre externe. Cette traçabilité le consommateur la demande de plus en plus. On le constate quand on fait de la vente directe. Terra Vitis permet de créer de la confiance. Nous n’en restons pas à une simple déclaration d’intention. Cela nous pousse à être davantage rigoureux, à mieux utiliser les outils à notre disposition », explique Tony Cavot du domaine de Charverron. Ce jeune vigneron, à la tête de 12 hectares en appellation beaujolais, chénas et bourgogne a rejoint Terra Vitis l’année dernière.  

 

Il n’est pas le seul dans ce cas puisque le réseau, devenu national dès 2001, connait une forte progression ces dernières années. Plus souple que la réglementation bio et validant une démarche environnementale appréciée des distributeurs, le label Terra Vitis permet à des vignerons de structurer une approche de viticulture durable, d’échanger avec des collègues mais aussi d’anticiper les évolutions d’une réglementation sur les produits phytosanitaires appelée à être de plus en plus contraignante dans les années à venir. « Nous avons gagné un tiers d’adhérents depuis l’année dernière », explique Jean-François Pluvinage (Domaine des Joséphins), à la tête de Terra Vitis Bourgogne-Beaujolais-Jura et vigneron dans les Pierres Dorées. « C’est la seule démarche environnementale reconnue par la société des alcools du Québec (Ndlr : monopole de distribution du vin au Québec », insiste-t-il. «  A Terra Vitis on ne s’interdit rien, on peut tout essayer sans dogmatisme, à partir du moment où les interventions sont neutres pour l’environnement, la nature ou l’homme. », conclut Jean-François Pluvinage pour expliquer l’attrait du label.

 

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Philippe Pascal, domaine du Cellier aux Moines (Givry) : « Nous avons mis dix ans pour comprendre le terroir ».

Philippe Pascal, ancien cadre du groupe LVMH et propriétaire du domaine du Cellier aux Moines depuis 2004 revient sur une étonnante carrière. Un parcours où il a été notamment négociant à Bordeaux, à la tête de quelques-unes des plus prestigieuses maisons champenoises ou encore proche conseiller de Bernard Arnault. Il a trouvé à Givry matière à nourrir une « troisième vie ».

 

Philippe Pascal, à la tête du Clos du Cellier au Moines à Givry. LG
Philippe Pascal, à la tête du Clos du Cellier au Moines à Givry. LG

Vous êtes passé par Bordeaux, la Champagne pour finalement vous installer en Bourgogne. Pourquoi ce choix ?

D’abord parce que ma femme est bourguignonne mais aussi parce que j’ai fait mes études d’agronomie à Dijon (Ndlr : ENITA en 1977). La vie étant un cercle, c’était un retour aux sources.

 

Auriez-vous pu imaginer vous installer dans une autre région ?

 Non. Ce qui m’attirait c’est la complexité et la diversité de la Bourgogne. Pour des raisons de recherche de racines, d’origines, mais aussi par curiosité intellectuelle. Aller se frotter à cette complexité et cette diversité nous offraient, moi et ma femme, l’opportunité de vivre un rêve que nous avions depuis 30 ans. Nous nous étions promis de revenir en Bourgogne tout ce temps où nous avons roulé notre bosse sous différentes latitudes .

 

Comment s’est fait pour vous la découverte du vin ? Par votre famille ?

J’ai grandi à Saint-Chamond (Loire) et ma famille a fait faillite dans le textile. Lors de mes études à Dijon, j’ai rencontré énormément de vignerons de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Des amis de mon beau-père, de mon épouse, m’ont également initié à la dégustation. Après avoir fait de l’agronomie tropicale (Ndlr : coopération militaire en Guinée Bissau), je me suis rapproché du vignoble en faisant de la promotion des vins français aux Etats-Unis. De 1980 à 1989, j’ai défendu les couleurs des vins français aux Etats-Unis à une période où ils étaient en pleine essor. J’ai organisé le premier concours du meilleur sommelier en vins de France aux Etats-Unis en 1981-82. Je me souviens du premier Vinexpo : nous avons mis, dans un Concorde, les meilleurs distributeurs américains avec Marvin Shanken (Ndlr : fondateur du magazine Wine Spectator) pour leur faire découvrir l’évènement. Les Américains, le groupe Seagram, avec qui je m’entendais bien m’ont un jour fait un appel du pied pour que j’occupe de Barton & Guestier à Bordeaux, puis de Mumm et Perrier-Jouët en Champagne.

 

Donc une connaissance approfondie de beaucoup de vignobles français...

 ... Et des amateurs. C’est une chose d’être convaincu de la beauté d’un terroir, voire de sa supériorité, c’en est une autre de comprendre, d’apprécier les attentes de gens du monde entier. C’est la beauté de ce métier : 20 ans de ma carrière ont été construits avec des gens de cultures différentes, des Américains, des Asiatiques, des Européens de l’Est ou encore des Japonais qui ont une culture du beau ou du bon extraordinaire. Faire la synthèse d’une complexité, d’une offre excessivement grisante et en même temps pouvoir comprendre les attentes de clients du monde entier qui aspirent à cette beauté, prêts à apprendre des choses complexes et diversifiées, c’est magnifique. J’ai eu la chance d’avoir fait les deux. Je vais au Japon prochainement avec au programme trois ou quatre jours de business, le reste ce sera des visites culturelles. Ce métier du vin ouvre des portes extraordinaires à la confluence des cultures.

 

N’est-ce pas un reproche que l’on peu faire à la Bourgogne : ne pas être assez ouverte à ces aspirations venues de l’extérieur ?

Je crois qu’un certain nombre de vignerons et de négociants bourguignons sont à l’écoute, en demande. Le plus dangereux et le plus regrettable, c’est d’être sûr de détenir la vérité. On détient la vérité de nos terroirs mais on ne détient pas celle de la qualité absolue. Cela n’existe pas. On est dans des métiers de perception et de subjectivité. Il faut très bien faire à partir de ce qu’on a, c’est-à-dire de nos terroirs, mais comprendre que ce qui est merveilleux dans nos métiers, c’est de pouvoir parler à des sommeliers, des journalistes japonais, brésiliens, etc., être à l’écoute de leur perception et de les convaincre. Mais pour les convaincre, encore faut-il être à l’écoute, apprécier leur culture, leur différence, leur gastronomie. Cela passe aussi par la gastronomie bien-sûr. C’est extraordinaire de travailler avec des cuisiniers japonais et de voir comment un champagne se marie avec leur cuisine...

 

Vous rachetez le Clos du Cellier aux Moines à Givry en 2004. Vous commencez une longue restauration et une nouvelle aventure. Pourquoi cet endroit, cette appellation ?

J’ai quitté Moët-Hennesy en 2001, pour m’occuper d’un autre secteur de LVMH, l’horlogerie et la joaillerie. Intellectuellement, cela me permettait d’être plus libre pour envisager de mettre un pied ici en Bourgogne. Nous étions à la recherche d’un déclic : la quadrature entre un grand terroir, une histoire et un lieu où nous aurions envie de vivre en se projetant sur ce qui serait pour moi une troisième vie, la retraite. Tout cela a pris du temps. On a su que le Cellier aux Moines était à vendre. En le visitant - il n’était pas en très bon état - on s’est dit instantanément qu’il y avait là une « mission », un terroir potentiellement fantastique, un lieu chargé d’histoire, de spiritualité, qui méritait qu’on s’en occupe. C’était un vrai coup de cœur.

 

Comment s’est passé l’accueil dans le village ?

Je garde le souvenir, plutôt bon, d’un examen de passage avec les représentants de l’appellation et la Safer (Ndlr : Société d'aménagement foncier et d'établissement rural). Nous avons présenté notre projet. Cela faisait longtemps que je n’avais pas passé un examen ! En relisant notre projet, dix ans après, je me suis dis que je n’en changerais pas un mot. On a dit ce qu’on ferait et on a fait ce qu’on avait dit. Je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais j’ai le sentiment que cela a été apprécié au sein de Givry.

 

 

 

« J’étais, parait-il, le faux nez de Bernard Arnault »

 

 

Vous n’avez pas senti de défiance particulière. Un investisseur qui vient dans le village...

Si. Il y a ce que j’ai entendu - j’étais parait-il  le faux nez de Bernard Arnault - et ce que je n’ai peut-être pas entendu... Nos voisins, avec qui j’ai toujours pris le temps de parler, de regarder ce qu’ils faisaient, de demander des avis, ont trouvé, je crois, que ce que nous avons avait fait pour Givry était pas mal. Je me suis inspiré de ce que faisaient certains avec beaucoup de respect.

 

Vous citeriez des noms ?

De par la proximité du Clos, j’ai regardé ce que faisaient mes amis Joblot, les frères Lumpp pour ne citer qu’eux. Il y a beaucoup de gens qui font de très belles choses à Givry.

 

Quelles étaient vos priorités après cette reprise ?

Comprendre le terroir. Je pensais qu’on allait le comprendre plus rapidement. Nous avons mis dix ans pour arriver à une démarche parcellaire rigoureuse. Nous souhaitions familialement passer au bio, à la biodynamie. Là-aussi il a fallu une petite dizaine d’années, même si les herbicides ont été stoppés tout de suite, pour passer à une viticulture extrêmement raisonnée. Avec l’arrivée de Guillaume Marko en 2015, nous avons su que nous pouvions mettre la bio en place de façon rigoureuse et convaincue. Je suis persuadé maintenant avec un peu de recul que c’est un acte d’amélioration fondamental. Nous sommes beaucoup plus attentifs à ce qui se passe dans la vigne et dans nos sols. La première certification est prévue pour 2019.

 

Vous avez travaillé longuement chez LVMH (25 ans). Il est beaucoup question de luxe en Bourgogne ces derniers temps. Pensez-vous que certains vins sont devenus des produits de luxe ?

Le luxe est un mot qui a été galvaudé. L’origine sémantique, c’est la lumière. En terme de philosophie, c’est le bien faire ou le très bien faire. Une connotation très artisanale, respectueuse, perfectionniste que l’on peut retrouver dans tous les métiers. Ce n’est pas le bling-bling, la pub, non. Chez LVMH, j’ai vécu le rachat de Krug, Yquem ou encore Cheval Blanc. Je pense que ces maisons, ces marques continuent à progresser, à vivre leur vie au sein de leurs appellations où, il me semble, elles ont des rôles moteur. Un investisseur qui n’a que faire de l’excellence et de la progression de la qualité peut faire beaucoup de mal. Un investisseur dont le métier de base c‘est l’excellence dans différents métiers a, je pense, à cœur de comprendre les mécanismes, les subtilités, la diversité des terroirs qui font que l’on pourra produire quelquechose d’excellent.

 

Quand vous avez appris que Bernard Arnault reprenait le Clos des Lambrays, quelle a été votre réaction ?

J’ai dit enfin !

 

Et quand François Pinault reprend son voisin, le Clos de Tart ?

Je dis tant mieux. Je parle de gens et de familles, que je connais assez bien, qui ont une vraie culture de l’excellence, une vision à long terme. Je conçois que cela ait des effets collatéraux sur la valorisation des terres, etc. Mais je préfère cela à des investisseurs qui ont une vision purement spéculative, qui veulent faire une culbute, une opération foncière. Ce n’est pas le cas des investisseurs dont on parle, même s’ils avaient envie de s’offrir de très beaux « trophées » bourguignons. J’aurais été plus inquiet si d’autres investisseurs en dehors du vin avaient mis la main sur ces Clos pour s’en désintéresser au bout de dix ans, parce que ce n’est pas dans leur culture.

 

Les prix de vos vins sont relativement élevés. Comment les avez-vous fixés ?

Je différencierai Côte Chalonnaise et Côte de Beaune. Sur Chassagne et Puligny, je ne suis pas sûr que l’on soit à côté du marché. Nous sommes dedans et même pas très élevés. Mon parti pris sur la Côte chalonnaise, c’est que je pense que ces terroirs rivalisent avec ceux de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Après, il y a le travail que l’on y met. Je ne suis pas dans une démarche de profitabilité, je suis dans une démarche d’excellence. Je veux que l’on produise des vins superbes. Je sais que nos coûts d’exploitation ont augmenté avec le passage au bio et la biodynamie, nos rendements sont relativement faibles. Je veux que nos vins soient appréciés par une clientèle exigeante. Il vaut mieux s’engager dans cette voie, quite à être cher... J’espère que dans le temps nous susciterons des vocations et que les « grands premiers crus » de la Côte chalonnaise pourront se permettre de mieux rémunérer le travail accompli. Ce n’est pas mon ambition de sortir un grand cru mais sortir un grand vin, oui. Il faut aller chercher dans les tripes de ces terroirs. Assembler des premiers crus en Côte Chalonnaise, c’est une ineptie. Cela veut dire qu’on ne les a pas compris, ou qu’ils ne valent pas le coup.

 

Il y a le terroir et le matériel végétal. Comment avez-vous abordé cette problématique ?

On s’est rendu compte qu’un certain nombre de plantations des années 1970, donnant de gros raisins, étaient peu adaptées à l’excellence. Un ami vigneron de Givry m’a dit : tu verras, tu finiras par tout arracher. Nous n’avons pas tout arraché... Mais oui, le matériel végétal est déterminant. Il faut trouver ces pinots fins, voir très fins. Nous avons beaucoup travaillé avec un pépiniériste.

 

Que retenez-vous de vos expériences bordelaises, champenoises, etc. ?

A Bordeaux, dans les années 1990, j’étais négociant. J’ai fermé notre bureau à Beaune car je me suis dis que jamais nous n’arriverions à acheter les bons bourgognes... J’ai appris à Bordeaux qu’il fallait se recentrer sur sa région. En Champagne, j’ai eu la chance d’être le patron de Veuve Clicquot pendant 10 ans, de participer au rachat de Krug, puis d’être patron de Moët-Hennessy. En Champagne, les maisons ont des contacts avec de nombreux vignerons, doivent gérer leurs propres vignes. C’est une gestion lourde en amont. Et de l’autre côté il y a l’impératif de faire des cuvées  avec des personnalités bien marquées, sur la durée, et donner du sens aux marques. Cela a été un travail passionnant de développer des marques avec des « ADN » différents, et ce à assez large échelle.

 

La Bourgogne peut-elle s’inspirer de ce qui se fait dans ces grandes régions ?

Les vignobles ont tous leurs particularismes. En Champagne, l’équilibre entre les maisons, les marques, la production est assez subtil, exemplaire même. On y fait des assemblages de millésimes. Ces régions ont des « recettes » gagnantes différentes mais où que l’on soit, et même si la finalité n’est pas la même, l’équation passe par un meilleur travail dans la vigne. La grande prise de conscience, c’est que tout part de la vigne, que ce soit pour faire un grand cru classé de Bordeaux, une grande marque de Champagne ou un vin de Bourgogne. Le mouvement de fond est le même.

 

Comme président de la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France (de 1996 à 1999), vous avez également participé au « Wine Accord » entre l’Europe et les USA. Avez-vous des inquiétudes par rapport à un retour possible du protectionnisme ?

Il y a toujours une actualité politique internationale un peu « excitée », c’est dans la nature humaine. Pour avoir travaillé avec nos partenaires européens et américains, au moment du Wine Accord, j’en retiens qu’il existe une vraie communauté des acteurs du vin. Quand on parle avec des gens du monde du vin, les convergences sont évidentes. Les vignerons, les négociants, ne sont pas dans un état d’esprit protectionniste et frileux. Au contraire, ce sont des catalyseurs de communication, des porteurs d’ouvertures. Les rapports étaient durs avec les Américains mais grâce aux réunions que l’on a eues, nous sommes arrivés à nous entendre. Les excitations de tel ou tel leader autour des agendas électoraux malheureusement nous échappent. C’est comme ça. Par contre, je suis plus inquiet quand une nouvelle ministre de la santé agite à nouveau l’épouvantail du vin pour des raisons dogmatiques...

 

> Lire aussi : Le domaine du Cellier aux Moines ouvre une nouvelle ère.

 


Philippe Pascal en 9 dates

 

 

25 septembre 1954 : Naissance à Saint Chamond (Loire).

 

1977: Diplômé d’Agrosup - ENITA Dijon, coopération militaire en Guinée Bissau.

 

1981 : Directeur marketing vins & spiritueux de Sopexa Amérique du Nord, directeur du bureau de New York, puis président de Sopexa Amérique du Nord de 1986 à 1989.

 

1990 : Directeur général de Barton & Guestier (Bordeaux) propriété du groupe Seagram, alors leader mondial des vins et spiritueux puis directeur général des champagnes Mumm et Perrier-Jouët.

 

1994 : Rejoint le groupe LVMH comme président directeur général de Veuve Clicquot puis développe un portefeuille de vins du Nouveau Monde (Cloudy Bay, Cape Mentelle , Newton...), et réalise l’acquisition du Champagne Krug. Parallèlement de 1996 à 1999, il préside la Fédération des Exportateurs de Vins & Spiriteux de France.

 

2000 : Président directeur général de Moët-Hennessy.

 

2004 : Reprise du Domaine du Cellier aux Moines (Givry) à titre personnel.

 

2001 : Crée la division Montres & Joaillerie de LVMH.

 

2012 : Quitte LVMH et s’installe en Bourgogne.

 

 

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Domaine Briday : "Le plaisir avant le prestige"

Fondé en 1976, le domaine Briday a été l’un des acteurs emblématiques de la renaissance de l’appellation Rully. Stéphane Briday est aujourd‘hui à la tête d’une quinzaine d’hectares en Côte chalonnaise. Un vigneron qui n’a pas oublié que le vin était avant tout synonyme de plaisir et de convivialité.

Dans le vin les belles histoires ne peuvent naitre qu’avec une bonne dose de détermination et un travail acharné. En 1976, Michel Briday est chef de culture dans un grand domaine viticole de Rully. Il a l’opportunité de reprendre 6 hectares de vignes en location. Le 8 août de cette même année il grêle. La récolte sera quasiment nulle… Pourtant dès le départ la décision de mettre en bouteille les vins du domaine est prise. Le domaine Briday sera l’un des acteurs emblématiques de la renaissance de l’appellation Rully. Il est aujourd‘hui constitué d’une quinzaine d’hectares sous la conduite de Stéphane Briday, fils de Michel et Lucette.
« Bourgogne. C’est un mot magique ! ». Stéphane Briday n’est pas de ceux qui cachent leur enthousiasme. Vigneron à 200% comme il se définit, rien de tel pour lui que d’avoir « le nez dans le feuillage ».
Il ne se revendique pas bio mais a intégré un mode de culture véritablement raisonné, certification à l’appui (Terra Vitis). Dès 1996, la décision a été prise d’arrêter les désherbants pour revenir à un travail du sol intégral.
Après récolte manuelle et tri, les vinifications s’effectuent avec un minimum d’interventions (pas de levurage, pas plus de 30% de futs neufs). Les vins du domaine conjuguent ainsi pureté et délicatesse pour les blancs, sans manquer de structure. Les rouges ont un temps été assez extraits. Si les cuvaisons restent toujours assez prolongée (20 à 25 jours), Stéphane Briday favorise aujourd’hui plutôt la gourmandise que la concentration. Le vigneron aime d'ailleurs à citer Paul Claudel : " En matière de vin, il faut savoir faire passer le plaisir avant le prestige."

Compte-rendu de notre dégustation dans les millésimes 2015 ou 2016.

 

 

Les blancs

 

Bouzeron « Cuvée Axelle » 2016 – 15 sur 20
Les parcelles du domaine Briday sont situées en haut de coteau sur un sol de marnes blanches. La terre y est moyennement profonde mais compacte. Les vignes cinquantenaires permettent d’y obtenir un aligoté d’une belle concentration. Le nez évoque les fleurs blanches et les agrumes. Récolté à pleine maturité ce millésime a donné un vin harmonieux, qui joue sa partition avec un belle cohérence.

Rully 2016- 14 sur 20
Cette cuvée est issue d’un assemblage de 4 parcelles différentes. Elle donne une bonne photographie du vignoble de Rully car les vignes sont toutes situées dans des secteurs différents.
« Le but n’est pas de boire un verre mais d’avoir envie d’en boire un autre », aime à souligner Stéphane Briday au sujet de cette cuvée. Le nez évoque la poire, le citron, les épices. Une petite note de fruits secs complète l’ensemble. La gourmandise et la fraicheur des chardonnays de l’appellation font bon ménage en bouche.


Mercurey 2016 – 16,5 sur 20
Situé dans la partie ouest de l’appellation, sur le Climat Roc blanc, ce terroir est exposé plein sud. Il bénéficie d’un ensoleillement maximal. Le sol est constitué de marnes blanches et de rocs de couleur rosâtre. « Il faut surveiller de près la progression du mûrissement des raisins pour éviter toute surmaturité » précise Stéphane Briday. Ici, c’est l’ampleur, l’opulence, qui l’emportent souvent mais le millésime 2016 lui a aussi apporté une bonne vivacité. Sur le plan aromatique des notes de chevrefeuille et de poivre s’expriment sans retenu. Un très joli blanc de la Côte Chalonnaise.

Rully 1er cru Les Cloux 2015 – 15 sur 20
Les Cloux est un premier cru situé au nord du village. Il est idéalement exposé, à l’est, recevant les premiers rayons du soleil. La parcelle du domaine est implantée sur un sol très profond en bas de coteaux. C’est un secteur où la maturité est atteinte assez précocement. Le vin montre généralement beaucoup d’amabilité dès sa jeunesse. Il a aussi pour particularité d’être très régulier d’un millésime à l’autre. Avec ses notes d’amandes grillées, le nez de ce 2015 est un peu marqué par le bois à ce stade. Un caractère floral apparait à l’aération. La bouche joue sur la densité, l’ampleur plutôt que la finesse.

Rully 1er cru La Pucelle 2016 – 16,5 sur 20
Situé en plein cœur de l’appellation Rully, ce premier cru est orienté plein est. La parcelle bénéficie d’une exposition au soleil très favorable au mûrissement des raisins. Les ceps sont implantés sur un sol argileux, peu profond, favorisant une certaine élégance dans les vins. Ce millésime 2016 répond parfaitement aux attentes sur ce point. Sur une dominante d’agrumes, il développe de la minéralité, de la subtilité avec une belle cohérence tout au long de la dégustation. La finale est longue évoquant la fleur d'acacia avec une note légèrement grillée.A garder 6 à 7 ans sans crainte.

Rully 1er cru Grésigny 2016 – 15,5 sur 20
Grésigny fait partie des « grands premiers crus » de l’appellation Rully. Nous sommes ici sur un terroir du sud de l’appellation Rully, sur un sol peu profond où le calcaire est dominant. La vigne se trouve donc rapidement en contact avec le minéral. C’est un secteur froid et venté où les maturités assez tardives réclament de la patience pour vendanger au bon moment. Les vins demandent un peu de temps pour s’ouvrir. Ce 2016 montre beaucoup d’harmonie, sur un profil tendu mais assez charmeur malgré tout. Des arômes floraux, de poire et une touche miellée montent au nez. En bouche, la finale est minérale.


Rully Clos de Remenot (Monopole) - 2015 – 17 sur 20
Orienté plein sud, le Clos de Remenot réalise la synthèse entre chaleur et minéralité. Il est situé en haut du coteau dans un secteur où l’épaisseur de terre ne dépasse pas 10 cm. La roche mère calcaire est donc toute proche. Il s’agit de l’une des premières parcelles vendangées au domaine lors de la récolte. C’est un peu le « secret » du domaine : un simple village qui a tous les atouts d’un premier cru (la parcelle n’était pas plantée au moment du classement). Le vin réalise un mariage particulièrement réussi entre des qualités pouvant paraître contradictoires. Riche et opulent, il se montre aussi raffiné, comme soutenu par un zeste d’agrumes. Des notes de fruits mûrs caractérisent le nez. Une bouteille d’une grande intensité.

 

Les rouges

 

Rully « Les 4 vignes » 2015 - 16 sur 20
Sa dénomination l’indique : cette cuvée est issue d’un assemblage de 4 parcelles différentes. Comme la cuvée de Rully blanc, elle donne une excellente photographie du vignoble de Rully, car les vignes sont toutes situées dans des secteurs différents. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes de cerises juteuses, mais aussi de petits fruits comme la framboise, la groseille. En bouche, sa structure donne à ressentir des tannins concentrés mais d’une bonne finesse. Un vin à boire entre 4 et 10 ans.

Rully 1er cru Champs Cloux 2015 – 15,5 sur 20
La parcelle est située sur le coteau est de Rully, exposé au soleil levant, sous l’imposant château du village. Le sol y est argileux, assez profond tout en restant bien drainant, ce qui permet d’obtenir des raisins sains et bien constitués.Le nez se déploie avec beaucoup de grâce sur des notes florales  et de myrtille. Une petite touche boisée-épicée lui confère un surcroît de complexité. Une matière gourmande prend sa place en bouche. Des tannins fins assurent à cette cuvée un caractère croquant et charmeur. Un beau pinot noir bourguignon.

Rully 1er cru Les Pierres 2015 – 14,5 sur 20
Un tel nom laisse présupposer que nous sommes ici en présence d’un terroir caillouteux. Il l’est effectivement : le sol est constitué d’un cailloutis calcaire assez dense laissant peu de place à l’argile. Il est exposé plein est, à proximité de la Pucelle. C’est un petit climat en superficie et le domaine est l’un des deux seuls propriétaires. La parcelle donne de petites grappes, concentrées. Elles ont été vinifiées en vendanges entières à 20% en 2015. Le vin offre un profil charnu, suave en bouche, avec une solidité tannique en finale qui incite à le garder entre 5 et 10 ans. Un bouquet de petits fruits rouges à bonne maturité, accompagnés d’une note de rose fraiche se développe au nez.

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La Bourgogne : « Le point chaud par excellence »

Saint-Aubin, Marsannay ou encore Pouilly-Fuissé figurent parmi les appellations montantes en Bourgogne selon une récente étude de la société Wine Lister. Quant à l’évolution des grands vins de Bourgogne, prix et notoriété, « rien n’indique un potentiel refroidissement dans un avenir proche », conclut-elle…

 

Saint-Aubin (Côte de Beaune) l'appellation qui monte selon Wine Lister. LG
Saint-Aubin (Côte de Beaune) l'appellation qui monte selon Wine Lister. LG

C’est une nouvelle étude qui démontre la notoriété acquise par les plus belles bouteilles de Bourgogne. La société Wine Lister vient de réaliser une étude sur l’évolution des grands noms de la région et ses conclusions sont sans appel : « La Bourgogne est le point chaud par excellence du monde des grands vins et rien n’indique un potentiel refroidissement dans un avenir proche. Après le récent changement de mains de quelques grands noms, ce n’est pas seulement la valeur de la terre qui augmente – le prix, la popularité, la demande, tout monte en flèche. »
Le système de notation mis en place inclut qualité, notorité, marque et force économique.
Basé à Londres, Wine Lister a ainsi mis en place un partenariat officiel avec « les instances qui font autorité au plan mondial dans le secteur des grands vins ». Pour la qualité, la société est partenaire de quatre grands critiques : Jancis Robinson, Vinous, Bettane et Desseauve et Jeannie Cho Lee. La notoriété est quant à elle basée sur deux facteurs : la visibilité sur les cartes des vins des meilleurs restaurants au monde et la fréquence de recherche sur le site Wine-Searcher.
A l’échelle du vignoble, la Bourgogne totalise 934 points quand Bordeaux en obtient 920 et le Piémont, en troisième place sur le podium, affiche 864.
La société propose un classement en ligne des plus grands crus de la planète. L’étude bourguignonne a tablé plus particulièrement sur 175 vins. Le domaine de la Romanée-Conti écrase le classement du Top 25 bourguignons avec 7 références classées, en prenant surtout les quatre premières places.
Les données économiques confirment ce que beaucoup constate : « Ces dernières années, les prix bourguignons ont augmenté plus vite que ceux des autres grandes régions viticoles ».
L’engouement pour les bourgognes ne semblent pas se limiter aux grands crus de la Côte de Nuits puisque la plus forte progression de prix revient aux premiers crus et villages blancs de la Côte de Beaune. Ils ont plus que doublé en valeur sur cinq ans.

 

Des appellations et des domaines qui montent


On note que l’appellation Saint-Aubin, figure en tête des AOC dont la popularité va augmenter le plus au cours de 5 prochaines années. Elle est notamment suivie de Fixin, Pouilly-Fuissé, Gevrey-Chambertin ou encore Marsannay… Résultats d’une enquête menée auprès de 52 acteurs clés du négoce mondial du vin.
Les domaines Comte Liger-Belair (Vosne-Romanée), Fourrier (Gevrey-Chambertin) et Georges Noëllat (Vosne-Romanée), sont les plus fréquemment cités parmi les étoiles montantes. 
Si la qualité et la performance économique des vins de Bourgogne sont mises en exergue, l’étude pointe aussi du doigt l’une des faiblesses de la région : des marques en retrait. Les recherches internet sur le Château Lafite à Bordeaux sont nettement plus fréquentes que celles sur la Romanée-Conti par exemple.    
« C’est l’étude qui me semble la plus aboutie, la plus large, prenant en compte des éléments qu’on ne voit pas par ailleurs », estime Louis-Michel Liger-Belair à la tête du domaine Comte Liger-Belair (Vosne-Romanée). « On se rend compte que les appellations constituent de moins en moins des rentes de situation et qu’il faut aussi avoir une approche de marque. Un vin de Bourgogne doit reposer sur trois choses : la qualité, la marque et l’appellation ». 
On ajoutera que l’étude des 175 vins les plus reconnus de Bourgogne ne résume pas la Bourgogne toute entière. De nombreuses appellations et producteurs offrent des vins de qualité à des prix accessibles…

 

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