Encore un millésime précoce !

On l’oublierait presque dans cette série de millésimes de grande précocité, vendanger en août est exceptionnel en Bourgogne. C’est pourtant bien le scénario qui se répète pour la deuxième année de suite en 2018. Une année aussi marquée par la sécheresse.

 

 Les premières caisses de raisins chargées au Château de la Commaraine (Pommard). LG.
Les premières caisses de raisins chargées au Château de la Commaraine (Pommard). LG.

Des premiers coups de sécateurs dès la dernière semaine d’aout et des vignerons qui rentrent de vacances pour se plonger sans transition dans la récolte de leurs raisins. C’est une nouvelle fois le scénario offert par le millésime 2018 en Bourgogne. C’était déjà le cas en 2017, même si cette année est encore plus précoce. Elle rentre même dans l’histoire du vignoble dans le palmarès des millésimes les plus en avance sur la normale (autour du 20 septembre). Il ne bat pas l’inoubliable 2003 (entre le 20 et le 25 août en Côte d’Or) mais se situe tout juste après.
L’été particulièrement chaud, a provoqué une situation d’avancement de la maturité généralisée dans tous les vignobles bourguignons. Les cuveries sont en activité partout : de Chablis au Mâconnais.


Le domaine Roux à Saint-Aubin a débuté la récolte dès le mercredi 29 août. Avec un premier constat : les raisins ont conservé du jus. C’était la grande crainte après un été très déficitaire en pluie. « Les grappes sont dans un état sanitaire parfait, mon père me dit qu’il n’a jamais vu cela. Nous avons la qualité et la quantité. Seules trois parcelles ont dû être triées », expose Sébastien Roux.


Plus au nord, le domaine Gouges à Nuits-Saint-Georges a débuté ses vendanges le 3 septembre par quelques parcelles de blancs. «Il était temps de commencer car nous avons enregistré des degrés potentiels à plus de 13 et même un maximum à 13,7°. La quantité est au rendez-vous même dans les vignes grêlées début juillet. Dans notre parcelle de Nuits premier cru La Perrière, où nous avons été touché à 20% environ, nous atteignons 36 hectolitres hectares. On peut dire que l’on s’en sort bien. A l’inverse dans les rouges, les prélèvements ne témoignent d’aucune urgence. « Nous sommes entre 12,5 et 12,8° selon les parcelles. La maturité phénoliques n’étaient pas encore complète jusqu’à ces derniers jours ». La faute certainement à la grêle mais aussi peut-être au manque d’eau qui a bloqué les vignes.


Au Château de la Commaraine à Pommard, la nouvelle équipe (voir l’article de novembre dernier) a commencé la récolte ce mardi 5 septembre. Les raisins sont là aussi parfaitement sains et ne nécessiteront que très peu de tri. La quantité est au rendez-vous : le millésime était potentiellement très généreux dans certaines parcelles. Nous avons pratiqué des vendanges vertes pendant l’été », explique Jean-Luc Vitoux, directeur.
Un deuxième millésime quantitatif et certainement qualitatif pour la Bourgogne se profile consécutivement pour la Bourgogne. Une situation inespérée après la série d’années déficitaires rencontrées jusqu’en 2016.

 

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