Domaine de Courcel : 100% Pommard

Le Domaine de Courcel (10,5 hectares) est l’un des noms historiques de Pommard. Il dispose d’une superbe palette de terroirs dont deux des premiers crus emblématiques de l’appellation : le Grand Clos des Epenots (monopole) et Les Rugiens. Des climats mis en valeur par une viticulture exigeante et de petits rendements (une trentaine d’hectolitres par hectare).

Gilles de Courcel, ex directeur de Chanson Père et Fils, est à la tête du domaine familial. LG
Gilles de Courcel, ex directeur de Chanson Père et Fils, est à la tête du domaine familial. LG

Relativement discret dans la presse vin, la famille de Courcel a fait le choix d’une production de vins de longue garde. Les vinifications s’opèrent en vendanges entières*, « sans que cela soit une religion », tempère Gilles de Courcel, et les élevages sont longs (21 à 23 mois). C’est Yves Confuron (issu d’une famille vigneronne de Vosne-Romanée) qui est en charge des vinifications. Fondé au 17e siècle, le domaine a la particularité de s’être transmis par les femmes depuis quelques générations. Ancien dirigeant de la maison Chanson Père et fils, Gilles de Courcel, s’y consacre aujourd’hui pleinement. Nous avons dégusté les 2015 et quelques Grand Clos des Epenots de millésimes plus anciens.


* Bien avant que cette approche se répande largement, au moins pour une partie de la récolte, dans de nombreux domaines de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits…

 

Bourgogne – 17 sur 20

Trois parcelles limitrophes à l’appellation pommard village du domaine donnent un vin d’une complexité et d’une profondeur nettement supérieures aux « standards » d’une simple appellation régionale. L’élevage long (20 mois) et les 20% de fût neuf montre clairement que cette cuvée n’est pas considérée comme une simple entrée de gamme. La palette aromatique se révèle large (épices, fruits noirs) et la bouche riche.

 

Pommard Vaumuriens – 15 sur 20

Ce terroir tardif de haut de Coteau est situé au sud de l’appellation (près des Rugiens) et se caractérise par une terre peu épaisse. Le domaine y dispose de deux parcelles, les dernières à être vendangées à l’heure de la récolte. Ce terroir favorise un profil de vin plutôt réservé, se distinguant par une aromatique délicate. En bouche, les tannins sont sérieux offrant une texture davantage en longueur qu’en ampleur.

 

Pommard premier cru Croix Noires – 16,5 sur 20

Nous passons cette fois en piémont de côteau, prés du village, sur des sols argileux et profonds. L’ensemble donne un beau pommard, typé, sur des notes de fruits noirs à maturité, des épices douces. La bouche est dense mais surtout d’une grande longueur. Une belle réussite.

 

Pommard premier cru Fremiers – 15,5 sur 20

Quelques mètres plus au sud, par rapport aux Croix Noires, suffisent à atteindre Les Fremiers. Là aussi la terre est assez épaisse mais le vin semble un peu moins démonstratif à ce stade. Après une attaque plutôt discrète en bouche,  il développe une belle matière qui tend à s’installer durablement en bouche. La finale épicée fait montre d’une bonne persistance aromatique également.

 

Pommard premier cru Rugiens – 16 sur 20

Opposer la finesse des Epenots à la masculinité des Rugiens est un jeu auquel on se prête souvent lorsque l’on déguste les vins de Pommard. Le terroir, il est vrai est bien différent : nous sommes ici à mi-coteau au sud de Pommard avec une grande diversité de sols. Pour autant si les tannins sont un peu plus présents en final que dans le Grand Clos des Epenots (voir ci-dessous), la finesse aromatique  à dominante florale et un certain soyeux des tannins montrent que nous ne sommes pas là en présence d’un vin rustique.

 

 

Le Grand Clos des Epenots dans le temps

 

Le Grand Clos des Epenots, 4,89 hectares, est un monopole du domaine de Courcel. C’est un terroir du nord de l’appellation, dans un secteur quasiment plat. Le sol caillouteux est toutefois assez peu profond, 40 à 60cm, et filtrant. Après tri, les raisins sont encuvés sans égrappage. A l’image des autres cuvées du domaine, les extractions sont assez longues, environ un mois. De même, les élevages s’étendent sur une période de près de deux ans (20% fût neuf). Les vins sont mis en bouteilles sans ni collage, ni filtration.
Le Grand Clos des Epenots démontre à travers cette dégustation une belle régularité dans la qualité, quelque soit le profil du millésime. Le privilège des grands…

Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2015 – 17 sur 20
Un beau terroir, des vignes de 70 ans et un millésime de belle maturité... Un triptyque qui donne au final un vin à la personnalité envoutante. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes florales, de fruits noirs et d’épices. Le tout se mêle avec une grande harmonie. Rien ne semble forcé dans ce vin, il livre simplement son faste avec une spontanéité déconcertante. Assurément nous sommes là dans la famille des plus grands rouges de la Côte de Beaune.  

Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2011 -16,5 sur 20
Millésime friand, facile à déguster dans sa jeunesse, 2011 a aussi le mérite de ne pas s’en laisser compter question longévité. Très ouvert sur le plan aromatique (de belles notes de rose et de pivoine), ce pommard parait encore particulièrement fringant. Une texture d’une grande élégance déroule ses tannins soyeux en bouche. Rien que du plaisir.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2010 – 18,5 sur 20
Attention grande bouteille ! S’il est de bon ton d’avoir une préférence pour les grands pinots noirs de la Côte de Nuits, ce Grand Clos des Epenots pourrait faire de l’ombre à bien des climats réputés du vignoble nuiton. Il délivre des notes de cerise fraiche avec beaucoup d’intensité et d’harmonie en bouche comme au nez. L’équilibre entre acidité et moelleux est idéal. Une finale pure et d’une grand classe conclut la dégustation.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2007 – 16 sur 20
Le millésime précoce était aussi peu évident dans les vignes, résultat d’un été maussade. Les raisins avaient souvent besoin de tri. La robe surprend par ses reflets rubis témoignant d’une évolution peu marquée. Confirmation au nez où la palette d’arômes primaires, fruits rouges frais, est encore dominante. La bouche est vigoureuse, d’une belle tenue tout au long de la dégustation. Une bonne surprise.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2006 – 15 sur 20
La robe légèrement orangée montre que cette bouteille a commencé tranquillement à évoluer. Le nez ne montre pas de fatigue aromatique et reste assez frais avec une dominante vanillée, épicée et légèrement kirschée. La bouche est souple, ample. Le millésime solaire qu’était 2006 a généreusement posé son empreinte.  

 

Domaine de Courcel - 29 Place de l’Eglise - BP 22 F-21630 Pommard - Tél : (0)3 80 22 10 64
www.domainedecourcel-pommard.fr

 

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Tastevinage : le palmarès des "Majors"

Pour la première fois le Tastevinage révèle ses « Majors ». Des vins sélectionnés à l’unanimité des jurés, « coups de cœur » du concours organisé par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin (lire aussi ici). De l'appellation régionale au grand cru, ils sont 17 à faire partie de cette première promotion. Nous les avons dégustés.

Crémant de Bourgogne brut blanc - Charles Ranville
Une cuvée de la maison Veuve Ambal, leader de la production de crémants de Bourgogne. Un bel effervescent, majoritairement issu de chardonnay, bien équilibré sur un profil en souplesse (dosage assez généreux) plus qu’en tension.


Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits blanc 2016 - Domaine Manuel Olivier
Manuel Olivier s’est installé en 1990. Il exploite aujourd’hui un vignoble de 11 ha dont de belles parcelles de chardonnay en Hautes-Côte de Nuits. Nous avons apprécié la précision et la longueur de ce vin. Fruits, fleurs blanches et la minéralité se conjuguent avec bonheur.


Montagny 1er cru Les Coères 2016 - Domaine Feuillat-Juillot
Le domaine mené par Françoise Feuillat-Juillot est l’une des valeurs sûres de l’appellation. Le domaine, s’étend aujourd'hui sur 14 ha avec une belle gamme de premiers crus à la carte. La concentration aromatique du millésime, associé à une texture fine en bouche assure à cette cuvée une belle harmonie.


Chablis 1er cru Mont de Milieu 2015 - Maison Simonnet-Febvre
Fondée en 1840 et dirigée aujourd'hui par Jean-Philippe Archambaud, cette maison est redevenue une belle référence à Chablis. Elle a été reprise en 2003 par Louis Latour. Ce Mont de Milieu n’est peut-être pas le plus typé des Chablis (le millésime 2015 est passé par là) mais surement l’un des plus flatteurs. Pour se faire plaisir dès aujourd’hui.


Chablis 1er cru Vaillons vieilles vignes 2015 - Domaine Guy Robin & fils
Une exploitation familiale d’une vingtaine d’hectares menée par Marie-Ange Robin. On apprécie la fraicheur et la pureté du nez malgré un élevage sous-bois qui apporte quelques notes boisées assez peu fréquente à Chablis. La bouche est soutenue par une bonne vivacité.


Saint-Aubin 1er cru Charmois 2015 - Domaine du Pimont
Un domaine de la Maison Michel Picard à Chagny. Les parcelles sont situées tout au sud de l’appellation à la limite avec Chassagne-Montrachet. Ce 2015 joue la carte de la générosité, de la gourmandise, exploitant ainsi le profil solaire du millésime. A déguster dès aujourd’hui et dans de 3 ou 4 ans.


Meursault Perrières 1er cru 2015 - Domaine Albert Grivault
Le Domaine Albert Grivault est bien connu pour exploiter le Clos des Perrières, l’un des plus fameux terroirs de l’appellation. Il dispose aussi d’une grande parcelle dans le lieu-dit Perrières-Dessous (voir la carte ici). Le vin montre à la fois une superbe intensité mais aussi une remarquable fraicheur pour le millésime. Une grande réussite.


Bourgogne rouge "Baron de Coulanges" 2015 - Val de Mercy
Établi à Chitry, le domaine (30 ha) est aussi présent en Côte de Beaune. Ce Bourgogne réalise le trait d’union entre ces différents vignobles. L’élevage sous bois (15% neuf) se ressent mais le fruit enjoué de 2015 est là aussi. La bouche se révèle longue et tonique. Un joli pinot noir.

Bourgogne hautes-côtes de Beaune rouge vieilles vignes 2015 - Domaine Claude Nouveau
On connait ce domaine depuis déjà de longues années notamment pour ses Santenay et ses Maranges. En 2010, Claude Nouveau a confié son vignoble de 14 ha à son gendre Stéphane Ponsard. Il livre un bourgogne particulièrement harmonieux et d’une belle allonge. La subtilité et la fraicheur d’un pinot noir bien né sont à l’honneur.


Moulin-à-Vent Les Grès Rouges 2015 - Villa Ponciago
Direction le Beaujolais avec cette propriété de la famille Henriot (Bouchard Père et fils). Le vignoble compte une cinquantaine d’hectares avec Fleurie comme fer de lance. Les vins sont élaborés par l'oenologue Frédéric Weber.  Un cuvée qui confirme que 2015 a été un très grand millésime dans le Beaujolais. Fin, floral au nez mais aussi dense et raffiné en bouche, ce Moulin-à-Vent joue dans la cour des grands.


Rully 1er cru Molesme 2016 - Château de Rully Antonin Rodet
Entrée dans le giron du groupe Boisset depuis 2010, Rodet est l’une des maisons qui a participé au renouveau de la Côte chalonnaise. Elle exploite le Château de Rully (32ha). Avec ses notes de cerise juteuse et de réglisse Ce Rully s'exprime dans le registre de la maturité. La bouche riche et souple le confirme.


Mercurey 1er cru Clos l’évêque 2015 - Domaine Belleville
Le domaine a connu une toute récente actualité avec son rachat par des investisseurs (lire ici). Ce domaine compte 25 ha essentiellement en Côte chalonnaise. Cette cuvée à l’élevage plutôt ambitieux (30% fût neuf) joue la carte de la spontanéité aromatique. Sa texture est délicate, friande et au final désaltérante. Un caractère digeste qui emporte l’adhésion.


Santenay 1er cru Grand Clos Rousseau 2015 - Domaine Nicolas père & fils
Le domaine Nicolas compte plus de 18 hectares, essentiellement dans les Hautes Côtes de Beaune mais aussi à Santenay et à Saint Romain. Alain Nicolas travaille en famille et propose un Santenay sur la cerise noire. La bouche est structurée mais sans rusticité. Un vin bien dans son appellation et dans son millésime.


Nuits-Saint-Georges 1er cru – Les Chaboeufs 2015 - Domaine Alain-Maurice Gavignet
Alexandre Gavignet est à la tête de ce petit domaine de 3 hectares. Ce Nuits premier cru fait partie des appellations phares du domaine avec le grand cru Echezeaux. D’une première approche toasté-torréfié (élevage à 50% fut neuf), cette cuvée se distingue surtout par la qualité de ses tannins et sa souplesse en bouche.


Vougeot 1er cru – Clos de la Perrière 2015 - Domaine Bertagna
Perrière veut dire carrière dans la toponymie des Climats bourguignons. C’est là que les moines ont été s’approvisionner en pierres pour construire le Château du Clos Vougeot. Le terroir donne très souvent des vins d’un soyeux remarquable. C’est le cas de ce millésime 2015 aux notes de fruits noirs et d’épices.


Clos-Vougeot grand cru 2015 - Domaine Dufouleur Frères
Avec Marc et François-Xavier Dufouleur, la 12e génération est arrivée il y a une dizaine années au sein de cette maison de Nuits-Saint-Georges. Cette dernière exploite 21 ares dans le Clos Vougeot (lieu-dit Les Grands Maupertuis). Un grand cru 2015 qui fait preuve d’une grande distinction aromatique sur des notes épicées et fumée. Bien structurée, la bouche séduit aussi par sa grande persistance.


Clos-Vougeot grand cru vieilles vignes 2014 - Domaine François Labet
A la tête du Château de Latour (situé au sein du clos), François Labet est le plus important propriétaire de Clos Vougeot avec près de 5,5 ha. Une superficie qui lui permet de sélectionner les vieilles vignes. Vinifiés en grappes entières pendant près d'un mois les raisins donnent l’une des cuvées de référence de ce grand cru emblématique. Ce 2014 se montre d’une grande fraicheur : la finesse des tannins est mise en valeur par la pointe de vivacité propre au millésime. L’ensemble donne un Clos Vougeot profond mais aussi très élégant.

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Hospices de Beaune : notre palmarès des cuvées 2017

Notre sélection des meilleurs vins des Hospices de Beaune après dégustation de toutes les cuvées du millésime 2017. Des cuvées mises aux enchères le 19 novembre prochain.

 

Impressions générales : Après deux millésimes qui ont vu les vins atteindre des niveaux de concentration particulièrement élevés, ce millésime 2017 revient à des standards nettement plus habituels. Les cuvées de rouges affichent dans l’ensemble des matières assez friandes, souples, d’une persistance assez modérée. La raison est parfaitement identifiée : des rendements dans l’ensemble confortables. La vigne à produit cette année, et c’est là l’une des principales bonne nouvelle de ce millésime, après une suite de campagnes de disette. Une générosité qui s’est accompagné d’une météorologie bienveillante, permettant aux raisins d’atteindre une bonne maturité.
Le nombre de pièces mis en vente (fûts de 228 litres), 787 au total,  en est la concrétisation. La vente 2017 se situe parmi les quatre plus généreuses de l’histoire.  Ludivine Griveau, régisseur du domaine, insiste sur le travail nécessaire à mettre en place lors de cette campagne à la vigne pour contenir certaines parcelles trop productives : ébourgeonnage sérieux et éventuellement vendanges vertes. « Nous sommes à un rendement contenu d’un peu plus de 40 hectolitres par hectare. Avec une production nettement plus basse dans les grands crus, je pense au mazis-chambertin ou aux cortons, où nous avons récolté un peu plus de 30 hectolitres par hectares. Soit moins qu’en 2016 ». La date de vendanges était également primordiale : les parcelles les moins chargées ont muri plus facilement et profité des derniers jours d’aout pour parfaire leur maturation dans de bonnes conditions (coup d’envoi des vendanges le 1 septembre). Le retour de la pluie et d’un climat davantage de saison ont conduit les équipes des Hospices de Beaune à repousser la récolte des parcelles les plus tardives aux 20 et 21 septembre (monthelie, santenay, pernand-vergelesses).

 

Une fois en cuverie et triés, les raisins ont été systématiquement égrappés et vinifiés sans recherche d’extraction poussée. Les fruits étaient mûrs et ne manquaient pas d’expression aromatique. Un caractère flatteur que l’on retrouve dans la plupart des cuvées. Il fait dire à Ludivine Griveau que le millésime se rapprochant le plus de ce profil est 1999. Une année qui dans l’ensemble a laissé de bons souvenirs aux amateurs de vins de Bourgogne.

 

Voici nos notations et commentaires pour chaque cuvée :

 

La note maximale est ++++

 

Les Rouges

 

Mes coups de cœur :

 

- Le trio de Beaune premiers crus : Maurice Drouhin, Pierre Floquet et Nicolas Rolin.

 

- Volnay premier cru Santenots Gauvain

 

- Pommard premier cru Epenots Dom Goblet

 

- Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ

 

- Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey

 

 

 

Monthelie Lebelin +++

Une bonne entame de dégustation. Au nez, les touches expressives de fruits frais donnent la note de départ. En bouche, la souplesse, la densité et même la longueur de ce vin forment un ensemble harmonieux.

 

 

Santenay Christine Friedberg ++

Le nez mêle avec une certaine complexité des notes de framboise et de petits fruits noirs. Les tannins s’affirment avec une certaine vigueur en bouche, tout en montrant un peu moins de densité que dans le monthelie précédemment dégusté.

 

 

Pernand-Vergelesses premier cru Rameau-Lamarosse +++

L’élevage sous bois (en fût de 456 litres) a apporté d’agréables notes de pain grillé à ce pernand. Sa souplesse et sa gourmandise sont quant à eux certainement le fruit de vendanges tardives pour l’année (21 septembre). Un vin de plaisir immédiat.

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard

Un retour sur le catalogue après une année 2016 marquée par la grêle. Le nez se montre très avenant sur une tonalité de fleurs fraiches et de fruits rouges. La bouche mordante rend le vin austère, cinglant et difficile d’approche. A oublier, pour l’instant en tout cas…

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++++

Une cuvée composée de jolis terroirs de l’appellation : Serpentières, Gravains, etc. Ils ont donné une cuvée particulièrement harmonieuse, dense et longue en bouche. Le nez s’ouvre un bouquet de pivoine. Un beau premier cru.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Les Vergelesses Forneret +++(+)

Un petit peu moins flatteur que la cuvée Fouquerand, ce Forneret ne manque pas pour autant de caractère. Les tannins sont denses et fins à la fois. Il développe une belle palette aromatique sur les épices. Un vin à potentiel.

 

 

Auxey-Duresses premier cru Les Duresses Boillot ++

Changement d’appellation et changement de profil. Si les cuvées affichaient pour l’heure un caractère plutôt « féminin » nous sommes ici sur une trame plus robuste. Le tout est accompagné de notes finement épicées.

 

 

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron Montrevenots +++

Ce terroir de haut de coteau n’est pas le plus côté de l’appellation pourtant cette cuvée livre millésime après millésime des vins accomplis. L’attaque est précise, franche puis laisse se développer des tanins denses et agréables au touché malgré un boisé assez prononcé à ce stade.

 

 

Beaune premier cru Bétault +

A l’inverse de la cuvée de Montrevenots, Bétault peine régulièrement à nous emballer. Le nez se montre plutôt flatteur et expressif. La bouche manque d’allonge et plus globalement de présence pour un premier cru.

 

 

Beaune premier cru Brunet ++

Un vin sur la réserve qui laisse entrevoir des notes de framboise. La bouche est un peu rugueuse mais ne manque de fond. Sans doute une cuvée qui demande un peu de temps pour se mettre en place.

 

 

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++++

Le nez s’ouvre sur des notes florales d’une belle élégance. Une matière charnue, gourmande vient remplir la bouche. Un vin long et déjà séduisant. Généralement pas la cuvée la plus simple à déguster à cette époque, elle nous offre cette année un joli contrepied.

 

 

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++++

Marche après marche la gamme des Hospices nous emmène vers des vins de plus en plus complets. Ce beaune premier cru n’est pas le plus expressif sur le plan aromatique mais son équilibre et sa profondeur en fait très certainement une future très belle bouteille.

 

 

Beaune premier cru Grèves Pierre Floquet ++++

«  Les Hospices de Beaune semblent avoir trouvé un bon rythme de croisière avec cette cuvée mise à la vente pour la première fois en 2004 », écrivions-nous l’an dernier. Cela se confirme en 2017, avec ce vin un rien sévère aujourd’hui mais d’une concentration nettement au-dessus de la moyenne.

 

 

Beaune premier cru Clos des Avaux ++(+)

Terroir de bas de côteau, la profondeur argileuse et la richesse du sol du Clos des Avaux semblent vouloir se faire sentir dans cette cuvée. L’ensemble ne manque pas de fond mais souffre d’un petit déficit d’élégance pour atteindre le niveau des trois dernières cuvées dégustées.

 

 

Beaune premier cru Dames Hospitalières +

Une prise de bois marquée donne un caractère « plancheux » à cette cuvée qui généralement nous fait belle impression. A revoir.

 

 

Beaune premier cru Guigone de Salins +++

Le nom de Guigone de Salins, cofondatrice de l’Hôtel-Dieu, est associé notamment au Climat des Bressandes. Le nez développe une palette aromatique sur la finesse (une dominante florale). En bouche, le vin semble cette année digérer son bois plus difficilement qu’à l’accoutumé. L’ensemble reste plutôt prometteur.

 

 

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++

Le dernier mot sur les beaune revient à Nicolas Rolin, co-fondateur des Hospices : une note finale profonde, intense et d’une grande longueur sur des notes de réglisse. Le nez livre une large palette de fruits noirs. Solide à son poste cette cuvée ne déroge pas à sa réputation.

 

 

Volnay premier cru Général Muteau ++++

Plaisir garanti ! Cette cuvée est une belle association entre finesse et gourmandise. Les tannins sont caressants en bouche, mis en valeur par un boisé bien intégré. Le nez sur les fruits rouges, la cerise en particulier, n’est pas en reste. Bien dans la typicité de son appellation

 

 

Volnay premier cru Blondeau ++

La finesse aromatique, sur un caractère floral, est au rendez-vous. La bouche davantage marquée par le bois laisse une sensation de rugosité un peu moins flatteuse à ce stade. Un peu de temps est surement nécessaire pour que la matière se fonde.

 

 

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++

Expressif sur des notes aromatiques d’une rare élégance (pivoine, rose), la cuvée Gauvain ne tarde à passer en mode séduction. La bouche soutenue par une belle vivacité est très harmonieuse. Une texture fine vient tapisser le palais. On en boirait dès aujourd’hui…

 

 

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++(+)

Les amoureux de ce beau terroir qu’est Les Santenots trouveront là une nouvelle occasion d’assouvir leur passion. Sur un profil assez similaire à la cuvée Gauvain, nous y avons trouvé peut-être un petit peu moins de précision. Une nuance qui n’en fait pas moins une belle réussite.

 

 

Pommard Billardet ++

Pas de doute nous avons basculé à Pommard, où en tout cas dans l’idée que l’on s’en fait le plus souvent : un vin solide, musclé, aux tannins bien affirmés. Celui-ci propose également une bonne longueur en bouche.

 

 

Pommard Suzanne Chaudron +++

Une cuvée où domine le climat Les Noizons (secteur nord de l’appellation). C’est l’un des pommard que nous apprécions le plus (avec la cuvée Dom Goblet). Son profil dessine un vin d’une belle densité aussi bien bouche, les tannins sont concentrés, qu’au nez. L’aromatique s’ouvre sur un fruité d’une bonne pureté.

 

 

Pommard Raymond Cyrot +

Ce pommard est le résultat d’un assemblage de nombreuses parcelles. Assez expressif sur le plan aromatique, comme la cuvée Chaudron, sa matière en bouche est moins bien définie et les tannins montrent davantage d’aspérité.

 

 

Pommard premier cru Dames de la Charité +++

Une belle synthèse entre densité et finesse sur des notes de petits fruits rouges (framboise). Les Petits Epenots et les Rugiens, deux beaux terroirs de pommard, se trouvent bien mis en valeur dans cette cuvée.

 

 

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++++

« Une cuvée qui surclasse d’une bonne tête les autres pommards de la série », écrivions-nous l’année dernière. On ne dira pas mieux pour ce millésime 2017. En complexité comme en intensité, ce vin affiche une grande classe. Un beau terroir mis en exergue avec talent.

 

 

Corton grand cru Charlotte Dumay ++

Cette cuvée issue de parcelles situées à mi-côteau (Les Bressandes et Les Renardes), au cœur de la colline de corton, se présente sous des atours plutôt charmeurs (dominante épicée). La bouche manque toutefois un peu d’harmonie et de définition à ce stade pour susciter une franche adhésion.

 

 

Corton grand cru Docteur Peste ++++

Une cuvée qui nous avait particulièrement séduit l’année dernière. Elle s’affirme sur un profil un peu plus réservé et avec davantage de finesse cette année. Une trame fraiche emmène sa texture en bouche vers la longueur. Voilà qui promet un beau vin de gastronomie.

 

 

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++

On retrouve la Baronne du Baÿ au niveau auquel elle nous avait habitué (décevant l’an dernier) : celui de l’une des très belles cuvées de rouges de la gamme des Hospices (climat Clos du Roi). Les fruits noirs et le réglisse s’en donnent à cœur joie en bouche. La bouche est charnue, profonde.

 

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey ++++

C’est sans doute la première fois depuis l’apparition de cette cuvée aux Hospices (2011) qui nous trouvons vraiment matière à s’enthousiasmer. Le nez évoque la cerise et la mure avec une belle intensité. Des tannins denses, patinés, soutenus par ce qu’il faut d’acidité lui assurent une présence majestueuse en bouche. D’autant plus que la persistance aromatique ne fait pas défaut. Grande classe.

 

 

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter +++

Le millésime 2016 jouait la carte du fruit sans une énorme densité. C’est l’inverse cette année : les tannins sont costauds, bien affirmés. Le nez évoque la myrtille mais peine à se libérer d’un boisé dominant pour l’heure. Prometteur mais difficile d’approche aujourd’hui.

 

 

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++

La constance de ce terroir à produire un vin de grande classe est remarquable. Nous sommes ici sur une cuvée encore en retenue (l’inverse serait inquiétant deux mois après les vendanges) mais sa densité et la qualité de sa texture annoncent des futures grandes bouteilles. Une cuvée qui ne devrait pas se brader cette année et devrait encore arrondir le chiffre d’affaires de la vente…

 

 

Les blancs

 

Impressions générales : Millésime précoce, assez chaud et sec, 2017 présente a priori un profil météorologique plus favorable aux rouges qu’aux blancs. Les acidités sont en effet moins bien préservées lors de ce type d’année ce qui peut aboutir à un manque de vivacité dans les vins. Pourtant une floraison difficile pour les chardonnays a vu les rendements se restreindre dès le début du cycle de la vigne. Les raisins se sont concentrés tout au long de l’été. Les pressurages n’ont permis d’extraire que peu de jus. Les vins sont logiquement riches et denses. Un peu moins « lisibles » que les rouges à ce stade de la dégustation aussi. L’équilibre est là et ils s’annoncent de bonne garde. Ce millésime devrait faire date pour les chardonnays.

A noter que les cuvées de Chablis et de Puligny-Montrachet n’était pas présentée à la dégustation faute de volume suffisant.

 

Mes coups de cœur :
-Meursault Loppin
-Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay
-Corton-Charlemagne Roi Soleil

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Première cuvée récoltée dès la fin août, comme à son habitude, la cuvée Poisard fait valoir sa traditionnelle générosité et de sa souplesse en bouche. Elle exprime aussi une pointe végétale de bon aloi au nez.

Saint-Romain Joseph Menault +++
Changement de décor avec cette appellation de la côte de Beaune, en altitude. C’est ici davantage la finesse, la minéralité et une belle vivacité qui sont mis en exergue. Un vin précis.

Beaune premier cru Les Montrevenots Suzanne et Raymond ++(+)
Cette toute récente cuvée au catalogue des Hospices (parcelle replantée en chardonnay en 2010), nous a laissé jusqu’ici que de bonnes impressions. Le boisé est cette année un peu marqué (pain grillé) mais l’ensemble ne manque pas de fond. Prometteur.
 
Meursault Loppin ++++
Les deux terroirs du nord de l’appellation (Les Cras et les Criots) mis en avant ici ont donné ce qui pourrait bien être l’archétype des blancs de ce millésime : profond, riche, mais aussi intense sur le plan aromatique. Une cuvée qui annonce beaucoup de plaisir.

Meursault Goureau ++++
Comme la précédente cuvée, ce vin est le fruit d’un assemblage de terroir dans lequel on retrouve en partie des premiers crus (Porusots ici). La comparaison s’arrête là puisque ce vin joue la carte de la fraicheur, de la tension avec une dominante d’agrumes. On aime aussi !

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++
Porusots, terroir généralement minéral, aux vins purs et ciselés, exprime son caractère avec une certaine constance. C’est tout à fait le profil qu’il s’entête à nous montrer cette année encore…  Le tout avec une très belle persistance. De grandes promesses.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot  et Philippe Le Bon
Deux vins qui n’ont pas terminé leur fermentation. Le sucre résiduel rendant l’appréciation de l’équilibre très compliquée, nous nous abstiendrons de les noter.

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay ++++
Le nez développe de fines notes florales soutenues par une boisé bien intégré. Une matière d’une grande harmonie vient flatter le palais, le gras est rehaussé d’une pointe de minéralité et persiste longuement en finale. Un vin complet.

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++
Une cuvée qui développe des arômes de fruits à haute maturité : abricot, pêche, auxquels s’associent une touche vanillée. La matière est profonde, intense, d’une très grande longueur aussi.

Corton Docteur Peste ++
Le nez particulièrement prometteur s’exprime avec intensité et précision à la fois. La bouche laisse un peu sur sa faim. Le vin peine à prendre de la largueur. Une phase délicate ?

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson +++
La cuvée la plus au nord de la Côte de Beaune pour les Hospices de Beaune. On retrouve au nez les notes d’une maturité assez avancée du fruit. La bouche se distingue par une petite pointe d’amertume qui lui donne un surcroit de vigueur.

Corton-Charlemagne Roi Soleil +++++
Particulièrement prometteur et porté par une belle minéralité en 2015, le Roi Soleil récidive cette année. Il semble aimer les années précoces ! On apprécie sa grande finesse, sa finale longue et salivante. Un grand blanc en devenir.

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins +++
Droite, pure, cristalline, cette cuvée peut revendiquer un lien de parenté avec le précédent corton-charlemagne. Il est toutefois un peu plus austère, un rien hermétique à ce stade. Les aléas d’une dégustation précoce.

Bâtard-Montrachet grand cru +++
Dans un millésime d’une belle concentration on pouvait s’attendre à un bâtard-montrachet au format XXL. Il est effectivement riche et intense sans pour autant tout écraser sur son passage. Il n’a pas non plus la finesse rencontrée dans les deux corton-charlemagne précédents. D’où une note assez moyenne.

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Vincent Dureuil-Janthial : notre palmarès des 2015 (à l'aveugle)

Compte-rendu d'une dégustation improvisée, ou presque. Conclusion d'une journée de vendanges dans l'un des domaines phares de Rully...

Vincent Dureuil-Janthial est l'un des vignerons les plus doués de sa génération. Ses vins s’imposent aux amateurs de bourgognes épurés, fins et sincères.  Il porte haut les couleurs de son appellation, Rully. Et plus généralement ceux de la Côte Chalonnaise. Viticulteur imprégné de ses terroirs et vinificateur en perpétuel recherche, son absence de certitudes est sans doute ce qui le caractérise par dessus tout. Un trait de personnalité qui le pousse à un professionnalisme de tous les instants, au perfectionnisme. Au cours de notre venue au domaine pendant les vendanges, il nous a proposé de prolonger la journée en prenant place à la tablée des vendangeurs. Un moment où le vigneron se plaît à proposer une dégustation à l'aveugle et à demander au « panel » de dégustateurs ainsi improvisé d'établir un palmarès des vins. Ici des blancs du millésime 2015.

Rully premier cru Meix Cadot – 18 sur 20
A la question préalable si les vins présentés étaient de sa production Vincent Dureuil-Janthial a décidé de ne pas répondre. La première bouteille s'en charge pour lui sans plus attendre. Nous voici devant l'archétype d'un grand bourgogne blanc. D'une grande pureté sur des notes florales, le nez s'accompagne des touches épicées issues d'un boisé bien intégré. La bouche est à la fois profonde, tendue et persistante. Un terroir solaire qui a su aussi préserver une certaine fraicheur. "Nos acidités se tiennent mieux depuis que nous sommes passés en bio. Le laboratoire avec lequel nous travaillons pour les analyses de vins nous le confirme chaque millésime", explique le vigneron. Un départ en fanfare.        

Rully premier cru Chapitre – 16,5 sur 20
Une petite parcelle de jeunes vignes qui livre une cuvée généreuse. Le nez évoque la pêche bien juteuse. L'opulence du millésime est bien là en bouche mais sans lourdeur, la finale se montre longue. Une nouvelle belle réussite dans un millésime où il n'était pas simple de préserver la fraîcheur.
 
Puligny-montrachet premier cru Champ-Gains – 15,5 sur 20
De l'intérêt de déguster à l'aveugle. Puligny un nom qui fait a priori davantage rêver que Rully, et pourtant, ce vin trouve à qui parler avec les deux flacons précédents. Le nez évoque des tonalités un peu plus pâtissières. La bouche est finement ciselée, se concluant sur une finale d'une bonne vivacité. 
 
Rully Maizières – 14,5 sur 20
Un peu plus austère, et un peu plus marquée par l'élevage à ce stade, ce rully village pâti sans doute de l'ordre aléatoire de la dégustation. La comparaison avec les premiers crus ne tournent pas à son avantage. C'est assez finalement rassurant sur la classification des terroirs du village... Son joli fond de vin incite toutefois à la patience.  

Rully premier cru Rabourcé – 15 sur 20
S'agirait-il d'un vin pirate ? D'une bouteille piège sans rapport avec le producteur ou le millésime ? Cette bouteille dénote par son aromatique un peu plus « épaisse » et un gras assez démonstratif en bouche. L'ensemble donne un vin déjà agréable à boire, gourmand, mais qui tranche quelque peu avec le style épuré de Vincent Dureuil-Janthial. Il est pourtant bien l'auteur de ce vin à la nuance près qu'il s'agit de moûts achetés auprès de l'un de ses collègues (après vendanges à la machine).   

 

Rully premier cru Meix Cadot vieilles vignes – 17 sur 20
Des vignes plantées dans les années 1920 par le grand-père de Vincent Dureuil-Janthial. C’est sans doute le nez le plus fin et le plus pur qu’il nous a été donné d’approcher lors de la soirée : les notes de chèvrefeuilles et de minéralité sont d’une grande classe. La bouche joue la puissance et la concentration. Un vin de matière disposant d'un bel avenir. 

Rully premier cru Grésigny – 17,5 sur 20
Un vin en retenu où les notes de fruits blancs et jaunes sont accompagnées d'une touche boisée toastée. Une matière d'une grande classe se déploie en bouche : elle offre un touché satiné que l'on retrouve uniquement sur les plus beaux terroirs à blanc de Bourgogne.

Rully premier cru Margotés – 17,5 sur 20
Ce margoté ferme le podium des vins qui nous auront le plus conquis lors de cette dégustation. Issu de vieilles vignes (plantées après-guerre), cette bouteille propose à la fois de la chair, de la longueur et un fond minéral en bouche. Tout simplement une cuvée au caractère bien trempée démonstration que ce millésime 2015, d'une grande maturité, pouvait respecter l'expression de chaque terroir. Un constat qui devrait se confirmer avec la garde.  

10, rue de la Buisserolle - 71150 Rully
Tél : 03 85 87 26 32
vincent.dureuil@wanadoo.fr

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Domaine Faiveley : Corton est son jardin

Sur la colline de Corton, le magnifique terroir du « Clos des Cortons Faiveley », est l'une des références du nord de la Côte de Beaune. Monopole du domaine Faiveley (2,76 ha), le millésime 2015 est exceptionnelle réussite, gourmand, long et riche, il tutoie les sommets. Le domaine est, à tort, moins connus pour ses blancs. Dans le même millésime, le corton-charlemagne est d’une longueur en bouche exceptionnelle. Il délivre des notes de poivre blanc et de minéralité avec une rare intensité. Un grand blanc vinifié et élevé à 50 à 60% en fûts neuf pendant 18 mois.
La famille Faiveley a acheté cette parcelle en 1874 (0,87 ha) avec le Clos des Cortons Faiveley. Les deux parcelles sont situées l'une à côté de l'autre au-dessus de Ladoix-Serrigny.

 

Autres superbes réussites dans les premier crus en 2015 : le Gevrey-Chambertin Lavaux Saint-Jacques (à la texture fine, racée) et le Puligny-Montrachet Champ Gain (satiné et minéral en bouche).
Le domaine est aussi largement présent en Côte Chalonnaise : le Mercurey blanc Clos Rochette (floral et vigoureux), le Montagny (remarquablement équilibré), ainsi que le Mercurey rouge La Framboisière (frais et réglissé) sont autant de beaux ambassadeurs de leurs vignobles.

Corton-charlemagne 2015 : 221 €


La nouvelle génération aux commandes
Erwan Faiveley est arrivé à l’âge de 25 ans à la tête du domaine familial. C’était en 2005. Le jeune bourguignon s’est entouré d’hommes de confiance : Bernard Hervet (lire interview ici), ancien directeur général de Bouchard Père et fils, et Jérôme Flous, technicien à la compétence à la fois viticole et œnologique (arrivé en 2007). Le domaine de Nuits-Saint-Georges avait alors la réputation d’élaborer des vins rouges avec une certaine fermeté dans leur jeunesse. Des investissements conséquent ont porté sur de nouvelles cuves thermorégulées et des systèmes pour encuver et décuver les vins avec un minimum de trituration des raisins. L’élevage en fût a également été revu en profondeur avec de nouveaux fournisseurs. Le style a évolué vers plus de subtilité, d’équilibre. A la vigne le suivi du parcellaire se fait plus précis. Le travail ne manque pas : Faiveley exploite 130 hectares du nord de la Côte de Nuits, à la Côte chalonnaise. Dont 12 grands crus et 25 premiers crus.

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