Domaine Briday : "Le plaisir avant le prestige"

Fondé en 1976, le domaine Briday a été l’un des acteurs emblématiques de la renaissance de l’appellation Rully. Stéphane Briday est aujourd‘hui à la tête d’une quinzaine d’hectares en Côte chalonnaise. Un vigneron qui n’a pas oublié que le vin était avant tout synonyme de plaisir et de convivialité.

Dans le vin les belles histoires ne peuvent naitre qu’avec une bonne dose de détermination et un travail acharné. En 1976, Michel Briday est chef de culture dans un grand domaine viticole de Rully. Il a l’opportunité de reprendre 6 hectares de vignes en location. Le 8 août de cette même année il grêle. La récolte sera quasiment nulle… Pourtant dès le départ la décision de mettre en bouteille les vins du domaine est prise. Le domaine Briday sera l’un des acteurs emblématiques de la renaissance de l’appellation Rully. Il est aujourd‘hui constitué d’une quinzaine d’hectares sous la conduite de Stéphane Briday, fils de Michel et Lucette.
« Bourgogne. C’est un mot magique ! ». Stéphane Briday n’est pas de ceux qui cachent leur enthousiasme. Vigneron à 200% comme il se définit, rien de tel pour lui que d’avoir « le nez dans le feuillage ».
Il ne se revendique pas bio mais a intégré un mode de culture véritablement raisonné, certification à l’appui (Terra Vitis). Dès 1996, la décision a été prise d’arrêter les désherbants pour revenir à un travail du sol intégral.
Après récolte manuelle et tri, les vinifications s’effectuent avec un minimum d’interventions (pas de levurage, pas plus de 30% de futs neufs). Les vins du domaine conjuguent ainsi pureté et délicatesse pour les blancs, sans manquer de structure. Les rouges ont un temps été assez extraits. Si les cuvaisons restent toujours assez prolongée (20 à 25 jours), Stéphane Briday favorise aujourd’hui plutôt la gourmandise que la concentration. Le vigneron aime d'ailleurs à citer Paul Claudel : " En matière de vin, il faut savoir faire passer le plaisir avant le prestige."

Compte-rendu de notre dégustation dans les millésimes 2015 ou 2016.

 

 

Les blancs

 

Bouzeron « Cuvée Axelle » 2016 – 15 sur 20
Les parcelles du domaine Briday sont situées en haut de coteau sur un sol de marnes blanches. La terre y est moyennement profonde mais compacte. Les vignes cinquantenaires permettent d’y obtenir un aligoté d’une belle concentration. Le nez évoque les fleurs blanches et les agrumes. Récolté à pleine maturité ce millésime a donné un vin harmonieux, qui joue sa partition avec un belle cohérence.

Rully 2016- 14 sur 20
Cette cuvée est issue d’un assemblage de 4 parcelles différentes. Elle donne une bonne photographie du vignoble de Rully car les vignes sont toutes situées dans des secteurs différents.
« Le but n’est pas de boire un verre mais d’avoir envie d’en boire un autre », aime à souligner Stéphane Briday au sujet de cette cuvée. Le nez évoque la poire, le citron, les épices. Une petite note de fruits secs complète l’ensemble. La gourmandise et la fraicheur des chardonnays de l’appellation font bon ménage en bouche.


Mercurey 2016 – 16,5 sur 20
Situé dans la partie ouest de l’appellation, sur le Climat Roc blanc, ce terroir est exposé plein sud. Il bénéficie d’un ensoleillement maximal. Le sol est constitué de marnes blanches et de rocs de couleur rosâtre. « Il faut surveiller de près la progression du mûrissement des raisins pour éviter toute surmaturité » précise Stéphane Briday. Ici, c’est l’ampleur, l’opulence, qui l’emportent souvent mais le millésime 2016 lui a aussi apporté une bonne vivacité. Sur le plan aromatique des notes de chevrefeuille et de poivre s’expriment sans retenu. Un très joli blanc de la Côte Chalonnaise.

Rully 1er cru Les Cloux 2015 – 15 sur 20
Les Cloux est un premier cru situé au nord du village. Il est idéalement exposé, à l’est, recevant les premiers rayons du soleil. La parcelle du domaine est implantée sur un sol très profond en bas de coteaux. C’est un secteur où la maturité est atteinte assez précocement. Le vin montre généralement beaucoup d’amabilité dès sa jeunesse. Il a aussi pour particularité d’être très régulier d’un millésime à l’autre. Avec ses notes d’amandes grillées, le nez de ce 2015 est un peu marqué par le bois à ce stade. Un caractère floral apparait à l’aération. La bouche joue sur la densité, l’ampleur plutôt que la finesse.

Rully 1er cru La Pucelle 2016 – 16,5 sur 20
Situé en plein cœur de l’appellation Rully, ce premier cru est orienté plein est. La parcelle bénéficie d’une exposition au soleil très favorable au mûrissement des raisins. Les ceps sont implantés sur un sol argileux, peu profond, favorisant une certaine élégance dans les vins. Ce millésime 2016 répond parfaitement aux attentes sur ce point. Sur une dominante d’agrumes, il développe de la minéralité, de la subtilité avec une belle cohérence tout au long de la dégustation. La finale est longue évoquant la fleur d'acacia avec une note légèrement grillée.A garder 6 à 7 ans sans crainte.

Rully 1er cru Grésigny 2016 – 15,5 sur 20
Grésigny fait partie des « grands premiers crus » de l’appellation Rully. Nous sommes ici sur un terroir du sud de l’appellation Rully, sur un sol peu profond où le calcaire est dominant. La vigne se trouve donc rapidement en contact avec le minéral. C’est un secteur froid et venté où les maturités assez tardives réclament de la patience pour vendanger au bon moment. Les vins demandent un peu de temps pour s’ouvrir. Ce 2016 montre beaucoup d’harmonie, sur un profil tendu mais assez charmeur malgré tout. Des arômes floraux, de poire et une touche miellée montent au nez. En bouche, la finale est minérale.


Rully Clos de Remenot (Monopole) - 2015 – 17 sur 20
Orienté plein sud, le Clos de Remenot réalise la synthèse entre chaleur et minéralité. Il est situé en haut du coteau dans un secteur où l’épaisseur de terre ne dépasse pas 10 cm. La roche mère calcaire est donc toute proche. Il s’agit de l’une des premières parcelles vendangées au domaine lors de la récolte. C’est un peu le « secret » du domaine : un simple village qui a tous les atouts d’un premier cru (la parcelle n’était pas plantée au moment du classement). Le vin réalise un mariage particulièrement réussi entre des qualités pouvant paraître contradictoires. Riche et opulent, il se montre aussi raffiné, comme soutenu par un zeste d’agrumes. Des notes de fruits mûrs caractérisent le nez. Une bouteille d’une grande intensité.

 

Les rouges

 

Rully « Les 4 vignes » 2015 - 16 sur 20
Sa dénomination l’indique : cette cuvée est issue d’un assemblage de 4 parcelles différentes. Comme la cuvée de Rully blanc, elle donne une excellente photographie du vignoble de Rully, car les vignes sont toutes situées dans des secteurs différents. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes de cerises juteuses, mais aussi de petits fruits comme la framboise, la groseille. En bouche, sa structure donne à ressentir des tannins concentrés mais d’une bonne finesse. Un vin à boire entre 4 et 10 ans.

Rully 1er cru Champs Cloux 2015 – 15,5 sur 20
La parcelle est située sur le coteau est de Rully, exposé au soleil levant, sous l’imposant château du village. Le sol y est argileux, assez profond tout en restant bien drainant, ce qui permet d’obtenir des raisins sains et bien constitués.Le nez se déploie avec beaucoup de grâce sur des notes florales  et de myrtille. Une petite touche boisée-épicée lui confère un surcroît de complexité. Une matière gourmande prend sa place en bouche. Des tannins fins assurent à cette cuvée un caractère croquant et charmeur. Un beau pinot noir bourguignon.

Rully 1er cru Les Pierres 2015 – 14,5 sur 20
Un tel nom laisse présupposer que nous sommes ici en présence d’un terroir caillouteux. Il l’est effectivement : le sol est constitué d’un cailloutis calcaire assez dense laissant peu de place à l’argile. Il est exposé plein est, à proximité de la Pucelle. C’est un petit climat en superficie et le domaine est l’un des deux seuls propriétaires. La parcelle donne de petites grappes, concentrées. Elles ont été vinifiées en vendanges entières à 20% en 2015. Le vin offre un profil charnu, suave en bouche, avec une solidité tannique en finale qui incite à le garder entre 5 et 10 ans. Un bouquet de petits fruits rouges à bonne maturité, accompagnés d’une note de rose fraiche se développe au nez.

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Le domaine Méo-Camuzet et les "millésimes solaires"

La Bourgogne a vécu en 2017 un millésime précoce. Un de plus ces dernières années… Les premiers coups de sécateurs ont été donnés dès la fin août dans bon nombre d’appellations. Cette précocité est presque devenue la norme. De telles dates auraient été pourtant vécues comme exceptionnelles, voire extraordinaires, il y a encore une quinzaine d’années. Dans la foulée des vendanges 2017, Jean-Nicolas Méo à la tête du domaine Méo-Camuzet (Vosne-Romanée) proposait de revenir sur quelques-uns de ces millésimes solaires qui ont marqué ces dernières années : 2012, 2009, mais aussi 2006.

2012

Peut-on parler de millésime solaire ? Pas tout à fait. L’année a surtout été climatiquement chahutée : humidité au printemps, grêle (peu en Côte de Nuits), pression des maladies mais aussi soleil en août. A tel point que certains raisins ont grillés à l’heure d’entamer la dernière ligne droite. Les vendanges se sont finalement déroulées à partir de la mi-septembre, sans précocité marquée, mais avec de bons niveaux de maturité. Et surtout des raisins sains et concentrés.

 

 

Vosne-Romanée premier cru Les Chaumes

Le Climat est assez vaste, de bas de coteau, sur un sol assez profond et argileux. Pourtant ce vin affiche souvent un profil élégant et fin, bien représentatif de son appellation. C’est le cas de ce millésime sans pour autant que la concentration de l’année ne se démente. Sa structure s’affirme à travers une solide trame tannique. Le nez évoque la cerise noire et le poivre. A garder encore quelques années.

 

Clos Vougeot

L’une des cuvées phares du domaine puisque la famille Méo-Camuzet est le deuxième plus grand propriétaire dans le Clos avec plus de 3 hectares de vignes. L’empreinte du millésime se fait là aussi sentir. Des notes de fruits noirs, presque confits, montent au nez. La bouche séduit par son ampleur et le soyeux de ses tannins. Une incontestable réussite.

 

 

2009

Avec 2005, le millésime 2009 est considéré comme l’autre grande année de la décennie. Nous sommes clairement ici en présence d’une année solaire avec près de 170 heures de soleil de plus que la moyenne pendant le cycle végétatif. Une météo quasi parfaite qui a débouché sur des vendanges dès la première quinzaine de septembre. Les 2009 sont globalement souples, gourmands et généreusement aromatiques.

 

 

Nuits-Saint-Georges premier cru Meurgers

On a parfois entendu dans la région que le millésime 2009 serait à boire assez rapidement pour profiter de son fruit. Nous avons la démonstration, avec ce superbe nuits-saint-georges, que des cuvées nées avec beaucoup de charme savent aussi vieillir. Cette bouteille n’a rien perdu de son pouvoir de séduction. Elle surprend même par sa grande jeunesse. Les épices et les fruits à belles maturités sont loin de montrer des signes de fatigue. La bouche affiche même une certaine fraicheur et de l’élégance. Une grande bouteille.

 

 

Vosne-Romanée premier cru Aux Brûlées

Situé au pied du grand cru Richebourg, le premier cru Aux Brûlées fait partie des joyaux du domaine Méo-Camuzet. Son positionnement au débouché d’une combe qui apporte de la fraicheur et son sol caillouteux donnent des vins assez sérieux, puissants. Les fruits noirs confits se donnent avec une grande générosité. La matière est dense, assez harmonieuse, même si ce vin ne nous apparait pas encore complètement à son apogée.  A attendre encore quelques années.

 

2006

Solaire, le millésime 2006 l’a surtout été en juillet avec des températures caniculaires. Changement de décor au mois d’août avec une météo automnale avant l’heure et des raisins qui commençaient à s’abimer. Les quinze premiers jours de septembre, avec le retour de la chaleur, ont sauvé la qualité.  Au final les grappes étaient bien mûrs mais demandaient un peu de tri.  La qualité des vins a agréablement surpris.  

 

Corton Clos Rognet

Nous sommes cette fois sur la Côte de Beaune, certes au nord mais tout de même plus près de Beaune que de Nuits-Saint-Georges. Sur ce terroir les raisins atteignent facilement de belles maturités. Il semble que le caractère charnu du millésime et la propension du terroir à donner des matières enveloppées se soient conjugués idéalement pour donner un vin tout en velouté, charmeur, sur des notes de coulis de fruits noirs.  

 

 

Vosne-Romanée premier cru Cros Parantoux

Le fameux terroir, si cher à Henri Jayer, ne manque généralement pas de vigueur ni d’acidité. Il n’a pas été dominé par le profil de l’année : le Cros Parantoux campe encore sur une trame assez sérieuse. La bouche est profonde mais se resserre en final. Il ne semble qu’au début de sa carrière. « C’est un millésime que nous avons bien réussi », confie Jean-Nicolas Méo-Camuzet. Cette très belle cuvée, tout comme le remarquable corton précédemment dégusté, ne le contredit pas.

 

 

Conclusion : Bien adapté au climat bourguignon, le pinot noir n’est pas un cépage qui apprécie la chaleur en excès. Mais comme toute vigne, il a besoin de chaleur et de soleil pour faire mûrir de beaux raisins. C’était le cas lors de ces trois millésimes. Aucune des cuvées dégustées n’a pour autant dénotées une quelconque surmaturité. Mieux, l’expression des terroirs y est parfaitement lisible. 

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Domaine de Courcel : 100% Pommard

Le Domaine de Courcel (10,5 hectares) est l’un des noms historiques de Pommard. Il dispose d’une superbe palette de terroirs dont deux des premiers crus emblématiques de l’appellation : le Grand Clos des Epenots (monopole) et Les Rugiens. Des climats mis en valeur par une viticulture exigeante et de petits rendements (une trentaine d’hectolitres par hectare).

Gilles de Courcel, ex directeur de Chanson Père et Fils, est à la tête du domaine familial. LG
Gilles de Courcel, ex directeur de Chanson Père et Fils, est à la tête du domaine familial. LG

Relativement discret dans la presse vin, la famille de Courcel a fait le choix d’une production de vins de longue garde. Les vinifications s’opèrent en vendanges entières*, « sans que cela soit une religion », tempère Gilles de Courcel, et les élevages sont longs (21 à 23 mois). C’est Yves Confuron (issu d’une famille vigneronne de Vosne-Romanée) qui est en charge des vinifications. Fondé au 17e siècle, le domaine a la particularité de s’être transmis par les femmes depuis quelques générations. Ancien dirigeant de la maison Chanson Père et fils, Gilles de Courcel, s’y consacre aujourd’hui pleinement. Nous avons dégusté les 2015 et quelques Grand Clos des Epenots de millésimes plus anciens.


* Bien avant que cette approche se répande largement, au moins pour une partie de la récolte, dans de nombreux domaines de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits…

 

Bourgogne – 17 sur 20

Trois parcelles limitrophes à l’appellation pommard village du domaine donnent un vin d’une complexité et d’une profondeur nettement supérieures aux « standards » d’une simple appellation régionale. L’élevage long (20 mois) et les 20% de fût neuf montre clairement que cette cuvée n’est pas considérée comme une simple entrée de gamme. La palette aromatique se révèle large (épices, fruits noirs) et la bouche riche.

 

Pommard Vaumuriens – 15 sur 20

Ce terroir tardif de haut de Coteau est situé au sud de l’appellation (près des Rugiens) et se caractérise par une terre peu épaisse. Le domaine y dispose de deux parcelles, les dernières à être vendangées à l’heure de la récolte. Ce terroir favorise un profil de vin plutôt réservé, se distinguant par une aromatique délicate. En bouche, les tannins sont sérieux offrant une texture davantage en longueur qu’en ampleur.

 

Pommard premier cru Croix Noires – 16,5 sur 20

Nous passons cette fois en piémont de côteau, prés du village, sur des sols argileux et profonds. L’ensemble donne un beau pommard, typé, sur des notes de fruits noirs à maturité, des épices douces. La bouche est dense mais surtout d’une grande longueur. Une belle réussite.

 

Pommard premier cru Fremiers – 15,5 sur 20

Quelques mètres plus au sud, par rapport aux Croix Noires, suffisent à atteindre Les Fremiers. Là aussi la terre est assez épaisse mais le vin semble un peu moins démonstratif à ce stade. Après une attaque plutôt discrète en bouche,  il développe une belle matière qui tend à s’installer durablement en bouche. La finale épicée fait montre d’une bonne persistance aromatique également.

 

Pommard premier cru Rugiens – 16 sur 20

Opposer la finesse des Epenots à la masculinité des Rugiens est un jeu auquel on se prête souvent lorsque l’on déguste les vins de Pommard. Le terroir, il est vrai est bien différent : nous sommes ici à mi-coteau au sud de Pommard avec une grande diversité de sols. Pour autant si les tannins sont un peu plus présents en final que dans le Grand Clos des Epenots (voir ci-dessous), la finesse aromatique  à dominante florale et un certain soyeux des tannins montrent que nous ne sommes pas là en présence d’un vin rustique.

 

 

Le Grand Clos des Epenots dans le temps

 

Le Grand Clos des Epenots, 4,89 hectares, est un monopole du domaine de Courcel. C’est un terroir du nord de l’appellation, dans un secteur quasiment plat. Le sol caillouteux est toutefois assez peu profond, 40 à 60cm, et filtrant. Après tri, les raisins sont encuvés sans égrappage. A l’image des autres cuvées du domaine, les extractions sont assez longues, environ un mois. De même, les élevages s’étendent sur une période de près de deux ans (20% fût neuf). Les vins sont mis en bouteilles sans ni collage, ni filtration.
Le Grand Clos des Epenots démontre à travers cette dégustation une belle régularité dans la qualité, quelque soit le profil du millésime. Le privilège des grands…

Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2015 – 17 sur 20
Un beau terroir, des vignes de 70 ans et un millésime de belle maturité... Un triptyque qui donne au final un vin à la personnalité envoutante. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes florales, de fruits noirs et d’épices. Le tout se mêle avec une grande harmonie. Rien ne semble forcé dans ce vin, il livre simplement son faste avec une spontanéité déconcertante. Assurément nous sommes là dans la famille des plus grands rouges de la Côte de Beaune.  

Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2011 -16,5 sur 20
Millésime friand, facile à déguster dans sa jeunesse, 2011 a aussi le mérite de ne pas s’en laisser compter question longévité. Très ouvert sur le plan aromatique (de belles notes de rose et de pivoine), ce pommard parait encore particulièrement fringant. Une texture d’une grande élégance déroule ses tannins soyeux en bouche. Rien que du plaisir.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2010 – 18,5 sur 20
Attention grande bouteille ! S’il est de bon ton d’avoir une préférence pour les grands pinots noirs de la Côte de Nuits, ce Grand Clos des Epenots pourrait faire de l’ombre à bien des climats réputés du vignoble nuiton. Il délivre des notes de cerise fraiche avec beaucoup d’intensité et d’harmonie en bouche comme au nez. L’équilibre entre acidité et moelleux est idéal. Une finale pure et d’une grand classe conclut la dégustation.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2007 – 16 sur 20
Le millésime précoce était aussi peu évident dans les vignes, résultat d’un été maussade. Les raisins avaient souvent besoin de tri. La robe surprend par ses reflets rubis témoignant d’une évolution peu marquée. Confirmation au nez où la palette d’arômes primaires, fruits rouges frais, est encore dominante. La bouche est vigoureuse, d’une belle tenue tout au long de la dégustation. Une bonne surprise.


Pommard premier cru Grand Clos des Epenots 2006 – 15 sur 20
La robe légèrement orangée montre que cette bouteille a commencé tranquillement à évoluer. Le nez ne montre pas de fatigue aromatique et reste assez frais avec une dominante vanillée, épicée et légèrement kirschée. La bouche est souple, ample. Le millésime solaire qu’était 2006 a généreusement posé son empreinte.  

 

Domaine de Courcel - 29 Place de l’Eglise - BP 22 F-21630 Pommard - Tél : (0)3 80 22 10 64
www.domainedecourcel-pommard.fr

 

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Tastevinage : le palmarès des "Majors"

Pour la première fois le Tastevinage révèle ses « Majors ». Des vins sélectionnés à l’unanimité des jurés, « coups de cœur » du concours organisé par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin (lire aussi ici). De l'appellation régionale au grand cru, ils sont 17 à faire partie de cette première promotion. Nous les avons dégustés.

Crémant de Bourgogne brut blanc - Charles Ranville
Une cuvée de la maison Veuve Ambal, leader de la production de crémants de Bourgogne. Un bel effervescent, majoritairement issu de chardonnay, bien équilibré sur un profil en souplesse (dosage assez généreux) plus qu’en tension.


Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits blanc 2016 - Domaine Manuel Olivier
Manuel Olivier s’est installé en 1990. Il exploite aujourd’hui un vignoble de 11 ha dont de belles parcelles de chardonnay en Hautes-Côte de Nuits. Nous avons apprécié la précision et la longueur de ce vin. Fruits, fleurs blanches et la minéralité se conjuguent avec bonheur.


Montagny 1er cru Les Coères 2016 - Domaine Feuillat-Juillot
Le domaine mené par Françoise Feuillat-Juillot est l’une des valeurs sûres de l’appellation. Le domaine, s’étend aujourd'hui sur 14 ha avec une belle gamme de premiers crus à la carte. La concentration aromatique du millésime, associé à une texture fine en bouche assure à cette cuvée une belle harmonie.


Chablis 1er cru Mont de Milieu 2015 - Maison Simonnet-Febvre
Fondée en 1840 et dirigée aujourd'hui par Jean-Philippe Archambaud, cette maison est redevenue une belle référence à Chablis. Elle a été reprise en 2003 par Louis Latour. Ce Mont de Milieu n’est peut-être pas le plus typé des Chablis (le millésime 2015 est passé par là) mais surement l’un des plus flatteurs. Pour se faire plaisir dès aujourd’hui.


Chablis 1er cru Vaillons vieilles vignes 2015 - Domaine Guy Robin & fils
Une exploitation familiale d’une vingtaine d’hectares menée par Marie-Ange Robin. On apprécie la fraicheur et la pureté du nez malgré un élevage sous-bois qui apporte quelques notes boisées assez peu fréquente à Chablis. La bouche est soutenue par une bonne vivacité.


Saint-Aubin 1er cru Charmois 2015 - Domaine du Pimont
Un domaine de la Maison Michel Picard à Chagny. Les parcelles sont situées tout au sud de l’appellation à la limite avec Chassagne-Montrachet. Ce 2015 joue la carte de la générosité, de la gourmandise, exploitant ainsi le profil solaire du millésime. A déguster dès aujourd’hui et dans de 3 ou 4 ans.


Meursault Perrières 1er cru 2015 - Domaine Albert Grivault
Le Domaine Albert Grivault est bien connu pour exploiter le Clos des Perrières, l’un des plus fameux terroirs de l’appellation. Il dispose aussi d’une grande parcelle dans le lieu-dit Perrières-Dessous (voir la carte ici). Le vin montre à la fois une superbe intensité mais aussi une remarquable fraicheur pour le millésime. Une grande réussite.


Bourgogne rouge "Baron de Coulanges" 2015 - Val de Mercy
Établi à Chitry, le domaine (30 ha) est aussi présent en Côte de Beaune. Ce Bourgogne réalise le trait d’union entre ces différents vignobles. L’élevage sous bois (15% neuf) se ressent mais le fruit enjoué de 2015 est là aussi. La bouche se révèle longue et tonique. Un joli pinot noir.

Bourgogne hautes-côtes de Beaune rouge vieilles vignes 2015 - Domaine Claude Nouveau
On connait ce domaine depuis déjà de longues années notamment pour ses Santenay et ses Maranges. En 2010, Claude Nouveau a confié son vignoble de 14 ha à son gendre Stéphane Ponsard. Il livre un bourgogne particulièrement harmonieux et d’une belle allonge. La subtilité et la fraicheur d’un pinot noir bien né sont à l’honneur.


Moulin-à-Vent Les Grès Rouges 2015 - Villa Ponciago
Direction le Beaujolais avec cette propriété de la famille Henriot (Bouchard Père et fils). Le vignoble compte une cinquantaine d’hectares avec Fleurie comme fer de lance. Les vins sont élaborés par l'oenologue Frédéric Weber.  Un cuvée qui confirme que 2015 a été un très grand millésime dans le Beaujolais. Fin, floral au nez mais aussi dense et raffiné en bouche, ce Moulin-à-Vent joue dans la cour des grands.


Rully 1er cru Molesme 2016 - Château de Rully Antonin Rodet
Entrée dans le giron du groupe Boisset depuis 2010, Rodet est l’une des maisons qui a participé au renouveau de la Côte chalonnaise. Elle exploite le Château de Rully (32ha). Avec ses notes de cerise juteuse et de réglisse Ce Rully s'exprime dans le registre de la maturité. La bouche riche et souple le confirme.


Mercurey 1er cru Clos l’évêque 2015 - Domaine Belleville
Le domaine a connu une toute récente actualité avec son rachat par des investisseurs (lire ici). Ce domaine compte 25 ha essentiellement en Côte chalonnaise. Cette cuvée à l’élevage plutôt ambitieux (30% fût neuf) joue la carte de la spontanéité aromatique. Sa texture est délicate, friande et au final désaltérante. Un caractère digeste qui emporte l’adhésion.


Santenay 1er cru Grand Clos Rousseau 2015 - Domaine Nicolas père & fils
Le domaine Nicolas compte plus de 18 hectares, essentiellement dans les Hautes Côtes de Beaune mais aussi à Santenay et à Saint Romain. Alain Nicolas travaille en famille et propose un Santenay sur la cerise noire. La bouche est structurée mais sans rusticité. Un vin bien dans son appellation et dans son millésime.


Nuits-Saint-Georges 1er cru – Les Chaboeufs 2015 - Domaine Alain-Maurice Gavignet
Alexandre Gavignet est à la tête de ce petit domaine de 3 hectares. Ce Nuits premier cru fait partie des appellations phares du domaine avec le grand cru Echezeaux. D’une première approche toasté-torréfié (élevage à 50% fut neuf), cette cuvée se distingue surtout par la qualité de ses tannins et sa souplesse en bouche.


Vougeot 1er cru – Clos de la Perrière 2015 - Domaine Bertagna
Perrière veut dire carrière dans la toponymie des Climats bourguignons. C’est là que les moines ont été s’approvisionner en pierres pour construire le Château du Clos Vougeot. Le terroir donne très souvent des vins d’un soyeux remarquable. C’est le cas de ce millésime 2015 aux notes de fruits noirs et d’épices.


Clos-Vougeot grand cru 2015 - Domaine Dufouleur Frères
Avec Marc et François-Xavier Dufouleur, la 12e génération est arrivée il y a une dizaine années au sein de cette maison de Nuits-Saint-Georges. Cette dernière exploite 21 ares dans le Clos Vougeot (lieu-dit Les Grands Maupertuis). Un grand cru 2015 qui fait preuve d’une grande distinction aromatique sur des notes épicées et fumée. Bien structurée, la bouche séduit aussi par sa grande persistance.


Clos-Vougeot grand cru vieilles vignes 2014 - Domaine François Labet
A la tête du Château de Latour (situé au sein du clos), François Labet est le plus important propriétaire de Clos Vougeot avec près de 5,5 ha. Une superficie qui lui permet de sélectionner les vieilles vignes. Vinifiés en grappes entières pendant près d'un mois les raisins donnent l’une des cuvées de référence de ce grand cru emblématique. Ce 2014 se montre d’une grande fraicheur : la finesse des tannins est mise en valeur par la pointe de vivacité propre au millésime. L’ensemble donne un Clos Vougeot profond mais aussi très élégant.

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Hospices de Beaune : notre palmarès des cuvées 2017

Notre sélection des meilleurs vins des Hospices de Beaune après dégustation de toutes les cuvées du millésime 2017. Des cuvées mises aux enchères le 19 novembre prochain.

 

Impressions générales : Après deux millésimes qui ont vu les vins atteindre des niveaux de concentration particulièrement élevés, ce millésime 2017 revient à des standards nettement plus habituels. Les cuvées de rouges affichent dans l’ensemble des matières assez friandes, souples, d’une persistance assez modérée. La raison est parfaitement identifiée : des rendements dans l’ensemble confortables. La vigne à produit cette année, et c’est là l’une des principales bonne nouvelle de ce millésime, après une suite de campagnes de disette. Une générosité qui s’est accompagné d’une météorologie bienveillante, permettant aux raisins d’atteindre une bonne maturité.
Le nombre de pièces mis en vente (fûts de 228 litres), 787 au total,  en est la concrétisation. La vente 2017 se situe parmi les quatre plus généreuses de l’histoire.  Ludivine Griveau, régisseur du domaine, insiste sur le travail nécessaire à mettre en place lors de cette campagne à la vigne pour contenir certaines parcelles trop productives : ébourgeonnage sérieux et éventuellement vendanges vertes. « Nous sommes à un rendement contenu d’un peu plus de 40 hectolitres par hectare. Avec une production nettement plus basse dans les grands crus, je pense au mazis-chambertin ou aux cortons, où nous avons récolté un peu plus de 30 hectolitres par hectares. Soit moins qu’en 2016 ». La date de vendanges était également primordiale : les parcelles les moins chargées ont muri plus facilement et profité des derniers jours d’aout pour parfaire leur maturation dans de bonnes conditions (coup d’envoi des vendanges le 1 septembre). Le retour de la pluie et d’un climat davantage de saison ont conduit les équipes des Hospices de Beaune à repousser la récolte des parcelles les plus tardives aux 20 et 21 septembre (monthelie, santenay, pernand-vergelesses).

 

Une fois en cuverie et triés, les raisins ont été systématiquement égrappés et vinifiés sans recherche d’extraction poussée. Les fruits étaient mûrs et ne manquaient pas d’expression aromatique. Un caractère flatteur que l’on retrouve dans la plupart des cuvées. Il fait dire à Ludivine Griveau que le millésime se rapprochant le plus de ce profil est 1999. Une année qui dans l’ensemble a laissé de bons souvenirs aux amateurs de vins de Bourgogne.

 

Voici nos notations et commentaires pour chaque cuvée :

 

La note maximale est ++++

 

Les Rouges

 

Mes coups de cœur :

 

- Le trio de Beaune premiers crus : Maurice Drouhin, Pierre Floquet et Nicolas Rolin.

 

- Volnay premier cru Santenots Gauvain

 

- Pommard premier cru Epenots Dom Goblet

 

- Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ

 

- Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey

 

 

 

Monthelie Lebelin +++

Une bonne entame de dégustation. Au nez, les touches expressives de fruits frais donnent la note de départ. En bouche, la souplesse, la densité et même la longueur de ce vin forment un ensemble harmonieux.

 

 

Santenay Christine Friedberg ++

Le nez mêle avec une certaine complexité des notes de framboise et de petits fruits noirs. Les tannins s’affirment avec une certaine vigueur en bouche, tout en montrant un peu moins de densité que dans le monthelie précédemment dégusté.

 

 

Pernand-Vergelesses premier cru Rameau-Lamarosse +++

L’élevage sous bois (en fût de 456 litres) a apporté d’agréables notes de pain grillé à ce pernand. Sa souplesse et sa gourmandise sont quant à eux certainement le fruit de vendanges tardives pour l’année (21 septembre). Un vin de plaisir immédiat.

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard

Un retour sur le catalogue après une année 2016 marquée par la grêle. Le nez se montre très avenant sur une tonalité de fleurs fraiches et de fruits rouges. La bouche mordante rend le vin austère, cinglant et difficile d’approche. A oublier, pour l’instant en tout cas…

 

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++++

Une cuvée composée de jolis terroirs de l’appellation : Serpentières, Gravains, etc. Ils ont donné une cuvée particulièrement harmonieuse, dense et longue en bouche. Le nez s’ouvre un bouquet de pivoine. Un beau premier cru.

 

Savigny-lès-Beaune premier cru Les Vergelesses Forneret +++(+)

Un petit peu moins flatteur que la cuvée Fouquerand, ce Forneret ne manque pas pour autant de caractère. Les tannins sont denses et fins à la fois. Il développe une belle palette aromatique sur les épices. Un vin à potentiel.

 

 

Auxey-Duresses premier cru Les Duresses Boillot ++

Changement d’appellation et changement de profil. Si les cuvées affichaient pour l’heure un caractère plutôt « féminin » nous sommes ici sur une trame plus robuste. Le tout est accompagné de notes finement épicées.

 

 

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron Montrevenots +++

Ce terroir de haut de coteau n’est pas le plus côté de l’appellation pourtant cette cuvée livre millésime après millésime des vins accomplis. L’attaque est précise, franche puis laisse se développer des tanins denses et agréables au touché malgré un boisé assez prononcé à ce stade.

 

 

Beaune premier cru Bétault +

A l’inverse de la cuvée de Montrevenots, Bétault peine régulièrement à nous emballer. Le nez se montre plutôt flatteur et expressif. La bouche manque d’allonge et plus globalement de présence pour un premier cru.

 

 

Beaune premier cru Brunet ++

Un vin sur la réserve qui laisse entrevoir des notes de framboise. La bouche est un peu rugueuse mais ne manque de fond. Sans doute une cuvée qui demande un peu de temps pour se mettre en place.

 

 

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++++

Le nez s’ouvre sur des notes florales d’une belle élégance. Une matière charnue, gourmande vient remplir la bouche. Un vin long et déjà séduisant. Généralement pas la cuvée la plus simple à déguster à cette époque, elle nous offre cette année un joli contrepied.

 

 

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes ++++

Marche après marche la gamme des Hospices nous emmène vers des vins de plus en plus complets. Ce beaune premier cru n’est pas le plus expressif sur le plan aromatique mais son équilibre et sa profondeur en fait très certainement une future très belle bouteille.

 

 

Beaune premier cru Grèves Pierre Floquet ++++

«  Les Hospices de Beaune semblent avoir trouvé un bon rythme de croisière avec cette cuvée mise à la vente pour la première fois en 2004 », écrivions-nous l’an dernier. Cela se confirme en 2017, avec ce vin un rien sévère aujourd’hui mais d’une concentration nettement au-dessus de la moyenne.

 

 

Beaune premier cru Clos des Avaux ++(+)

Terroir de bas de côteau, la profondeur argileuse et la richesse du sol du Clos des Avaux semblent vouloir se faire sentir dans cette cuvée. L’ensemble ne manque pas de fond mais souffre d’un petit déficit d’élégance pour atteindre le niveau des trois dernières cuvées dégustées.

 

 

Beaune premier cru Dames Hospitalières +

Une prise de bois marquée donne un caractère « plancheux » à cette cuvée qui généralement nous fait belle impression. A revoir.

 

 

Beaune premier cru Guigone de Salins +++

Le nom de Guigone de Salins, cofondatrice de l’Hôtel-Dieu, est associé notamment au Climat des Bressandes. Le nez développe une palette aromatique sur la finesse (une dominante florale). En bouche, le vin semble cette année digérer son bois plus difficilement qu’à l’accoutumé. L’ensemble reste plutôt prometteur.

 

 

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++

Le dernier mot sur les beaune revient à Nicolas Rolin, co-fondateur des Hospices : une note finale profonde, intense et d’une grande longueur sur des notes de réglisse. Le nez livre une large palette de fruits noirs. Solide à son poste cette cuvée ne déroge pas à sa réputation.

 

 

Volnay premier cru Général Muteau ++++

Plaisir garanti ! Cette cuvée est une belle association entre finesse et gourmandise. Les tannins sont caressants en bouche, mis en valeur par un boisé bien intégré. Le nez sur les fruits rouges, la cerise en particulier, n’est pas en reste. Bien dans la typicité de son appellation

 

 

Volnay premier cru Blondeau ++

La finesse aromatique, sur un caractère floral, est au rendez-vous. La bouche davantage marquée par le bois laisse une sensation de rugosité un peu moins flatteuse à ce stade. Un peu de temps est surement nécessaire pour que la matière se fonde.

 

 

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++++

Expressif sur des notes aromatiques d’une rare élégance (pivoine, rose), la cuvée Gauvain ne tarde à passer en mode séduction. La bouche soutenue par une belle vivacité est très harmonieuse. Une texture fine vient tapisser le palais. On en boirait dès aujourd’hui…

 

 

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++(+)

Les amoureux de ce beau terroir qu’est Les Santenots trouveront là une nouvelle occasion d’assouvir leur passion. Sur un profil assez similaire à la cuvée Gauvain, nous y avons trouvé peut-être un petit peu moins de précision. Une nuance qui n’en fait pas moins une belle réussite.

 

 

Pommard Billardet ++

Pas de doute nous avons basculé à Pommard, où en tout cas dans l’idée que l’on s’en fait le plus souvent : un vin solide, musclé, aux tannins bien affirmés. Celui-ci propose également une bonne longueur en bouche.

 

 

Pommard Suzanne Chaudron +++

Une cuvée où domine le climat Les Noizons (secteur nord de l’appellation). C’est l’un des pommard que nous apprécions le plus (avec la cuvée Dom Goblet). Son profil dessine un vin d’une belle densité aussi bien bouche, les tannins sont concentrés, qu’au nez. L’aromatique s’ouvre sur un fruité d’une bonne pureté.

 

 

Pommard Raymond Cyrot +

Ce pommard est le résultat d’un assemblage de nombreuses parcelles. Assez expressif sur le plan aromatique, comme la cuvée Chaudron, sa matière en bouche est moins bien définie et les tannins montrent davantage d’aspérité.

 

 

Pommard premier cru Dames de la Charité +++

Une belle synthèse entre densité et finesse sur des notes de petits fruits rouges (framboise). Les Petits Epenots et les Rugiens, deux beaux terroirs de pommard, se trouvent bien mis en valeur dans cette cuvée.

 

 

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++++

« Une cuvée qui surclasse d’une bonne tête les autres pommards de la série », écrivions-nous l’année dernière. On ne dira pas mieux pour ce millésime 2017. En complexité comme en intensité, ce vin affiche une grande classe. Un beau terroir mis en exergue avec talent.

 

 

Corton grand cru Charlotte Dumay ++

Cette cuvée issue de parcelles situées à mi-côteau (Les Bressandes et Les Renardes), au cœur de la colline de corton, se présente sous des atours plutôt charmeurs (dominante épicée). La bouche manque toutefois un peu d’harmonie et de définition à ce stade pour susciter une franche adhésion.

 

 

Corton grand cru Docteur Peste ++++

Une cuvée qui nous avait particulièrement séduit l’année dernière. Elle s’affirme sur un profil un peu plus réservé et avec davantage de finesse cette année. Une trame fraiche emmène sa texture en bouche vers la longueur. Voilà qui promet un beau vin de gastronomie.

 

 

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++

On retrouve la Baronne du Baÿ au niveau auquel elle nous avait habitué (décevant l’an dernier) : celui de l’une des très belles cuvées de rouges de la gamme des Hospices (climat Clos du Roi). Les fruits noirs et le réglisse s’en donnent à cœur joie en bouche. La bouche est charnue, profonde.

 

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey ++++

C’est sans doute la première fois depuis l’apparition de cette cuvée aux Hospices (2011) qui nous trouvons vraiment matière à s’enthousiasmer. Le nez évoque la cerise et la mure avec une belle intensité. Des tannins denses, patinés, soutenus par ce qu’il faut d’acidité lui assurent une présence majestueuse en bouche. D’autant plus que la persistance aromatique ne fait pas défaut. Grande classe.

 

 

Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter +++

Le millésime 2016 jouait la carte du fruit sans une énorme densité. C’est l’inverse cette année : les tannins sont costauds, bien affirmés. Le nez évoque la myrtille mais peine à se libérer d’un boisé dominant pour l’heure. Prometteur mais difficile d’approche aujourd’hui.

 

 

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon ++++

La constance de ce terroir à produire un vin de grande classe est remarquable. Nous sommes ici sur une cuvée encore en retenue (l’inverse serait inquiétant deux mois après les vendanges) mais sa densité et la qualité de sa texture annoncent des futures grandes bouteilles. Une cuvée qui ne devrait pas se brader cette année et devrait encore arrondir le chiffre d’affaires de la vente…

 

 

Les blancs

 

Impressions générales : Millésime précoce, assez chaud et sec, 2017 présente a priori un profil météorologique plus favorable aux rouges qu’aux blancs. Les acidités sont en effet moins bien préservées lors de ce type d’année ce qui peut aboutir à un manque de vivacité dans les vins. Pourtant une floraison difficile pour les chardonnays a vu les rendements se restreindre dès le début du cycle de la vigne. Les raisins se sont concentrés tout au long de l’été. Les pressurages n’ont permis d’extraire que peu de jus. Les vins sont logiquement riches et denses. Un peu moins « lisibles » que les rouges à ce stade de la dégustation aussi. L’équilibre est là et ils s’annoncent de bonne garde. Ce millésime devrait faire date pour les chardonnays.

A noter que les cuvées de Chablis et de Puligny-Montrachet n’était pas présentée à la dégustation faute de volume suffisant.

 

Mes coups de cœur :
-Meursault Loppin
-Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay
-Corton-Charlemagne Roi Soleil

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Première cuvée récoltée dès la fin août, comme à son habitude, la cuvée Poisard fait valoir sa traditionnelle générosité et de sa souplesse en bouche. Elle exprime aussi une pointe végétale de bon aloi au nez.

Saint-Romain Joseph Menault +++
Changement de décor avec cette appellation de la côte de Beaune, en altitude. C’est ici davantage la finesse, la minéralité et une belle vivacité qui sont mis en exergue. Un vin précis.

Beaune premier cru Les Montrevenots Suzanne et Raymond ++(+)
Cette toute récente cuvée au catalogue des Hospices (parcelle replantée en chardonnay en 2010), nous a laissé jusqu’ici que de bonnes impressions. Le boisé est cette année un peu marqué (pain grillé) mais l’ensemble ne manque pas de fond. Prometteur.
 
Meursault Loppin ++++
Les deux terroirs du nord de l’appellation (Les Cras et les Criots) mis en avant ici ont donné ce qui pourrait bien être l’archétype des blancs de ce millésime : profond, riche, mais aussi intense sur le plan aromatique. Une cuvée qui annonce beaucoup de plaisir.

Meursault Goureau ++++
Comme la précédente cuvée, ce vin est le fruit d’un assemblage de terroir dans lequel on retrouve en partie des premiers crus (Porusots ici). La comparaison s’arrête là puisque ce vin joue la carte de la fraicheur, de la tension avec une dominante d’agrumes. On aime aussi !

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++
Porusots, terroir généralement minéral, aux vins purs et ciselés, exprime son caractère avec une certaine constance. C’est tout à fait le profil qu’il s’entête à nous montrer cette année encore…  Le tout avec une très belle persistance. De grandes promesses.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot  et Philippe Le Bon
Deux vins qui n’ont pas terminé leur fermentation. Le sucre résiduel rendant l’appréciation de l’équilibre très compliquée, nous nous abstiendrons de les noter.

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay ++++
Le nez développe de fines notes florales soutenues par une boisé bien intégré. Une matière d’une grande harmonie vient flatter le palais, le gras est rehaussé d’une pointe de minéralité et persiste longuement en finale. Un vin complet.

Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++
Une cuvée qui développe des arômes de fruits à haute maturité : abricot, pêche, auxquels s’associent une touche vanillée. La matière est profonde, intense, d’une très grande longueur aussi.

Corton Docteur Peste ++
Le nez particulièrement prometteur s’exprime avec intensité et précision à la fois. La bouche laisse un peu sur sa faim. Le vin peine à prendre de la largueur. Une phase délicate ?

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson +++
La cuvée la plus au nord de la Côte de Beaune pour les Hospices de Beaune. On retrouve au nez les notes d’une maturité assez avancée du fruit. La bouche se distingue par une petite pointe d’amertume qui lui donne un surcroit de vigueur.

Corton-Charlemagne Roi Soleil +++++
Particulièrement prometteur et porté par une belle minéralité en 2015, le Roi Soleil récidive cette année. Il semble aimer les années précoces ! On apprécie sa grande finesse, sa finale longue et salivante. Un grand blanc en devenir.

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins +++
Droite, pure, cristalline, cette cuvée peut revendiquer un lien de parenté avec le précédent corton-charlemagne. Il est toutefois un peu plus austère, un rien hermétique à ce stade. Les aléas d’une dégustation précoce.

Bâtard-Montrachet grand cru +++
Dans un millésime d’une belle concentration on pouvait s’attendre à un bâtard-montrachet au format XXL. Il est effectivement riche et intense sans pour autant tout écraser sur son passage. Il n’a pas non plus la finesse rencontrée dans les deux corton-charlemagne précédents. D’où une note assez moyenne.

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