Millésime 2017 : la bouffée d'oxygène

Le millésime 2017 tranche avec les récoltes précédentes en Bourgogne. L’excellente nouvelle ce sont en priorité les volumes conséquents récoltés en rouge. Mais c’est du côté des blancs qu’il faut chercher les plus belles promesses sur le plan qualitatif.

 

« Le millésime 2017 nous a redonné le sourire, comme à beaucoup de vignerons, et va nous permettre de reconsidérer les projets que nous avions mis entre parenthèses », explique Guillaume Lavollée à la tête du domaine Genot-Boulanger (Meursault).
Toutes couleurs confondues, les premières estimations situent la récolte à environ 1,5 million d’hectolitres, dans la moyenne haute des dernières années. Un soulagement tant les caves sonnent vides depuis de longs mois en Bourgogne.
Les rouges tirent les volumes vers le haut en 2017. Plus particulièrement les AOC de Côte-d’Or et de la Côte Chalonnaise. Le comité régional de l’Institut des appellations d’origine (INAO) a ainsi validé de nombreuses demandes d’augmentation de rendements. Un souhait difficile à ne pas prendre en considération tant la compensation des pertes des années précédentes était attendue par la profession.
En revanche, le Mâconnais et surtout Chablis n’ont une nouvelle fois pas fait le plein (voir plus bas).
 

« Le millésime qu’il nous fallait »


« On tient un millésime parmi les grands », s’enthousiasme Claude-Chevalier, président délégué de l’Interprofession des vins de Bourgogne (BIVB), viticulteur à Ladoix-Serrigny. « C’est exactement le millésime qu’il nous fallait après plusieurs années de faibles récoltes. Les vins s’annoncent sur un profil très sur le fruit, avec des acidités assez basses. Ce sera un millésime commercial, prêt à boire jeune, à l’image d’une année comme 1999 », embraye Louis-Fabrice Latour, président du BIVB et pdg de la maison Louis Latour (Beaune).
En blanc, les vignerons ont unanimement rentrés des raisins bien mûrs, riches, et bien équilibrés. Le tout avec des acidités souvent supérieures au millésime 2015, lui aussi marqué par la précocité et un bel été.
Une fois les frayeurs printanières passées les sourires ont prévalu pendant tout l’été. Au domaine Mugneret-Gibourg (Vosne-Romanée), les raisins étaient magnifiquement constitués et riches en sucre au moment de la récolte.  « Après cette épisode de gelés du mois d’avril, on peut parler d’un millésime miraculé », note Marie-Christine Mugneret-Gibourg.
L’homogénéité de la récolte en blanc devrait toutefois contraster avec la situation des rouges : le pinot noir supporte mal les excès de production. Certaines parcelles ont été trop généreuses pour en espérer des merveilles. Le cépage a fleuri dans d’excellentes conditions et la vigne a certainement compensée sa faible production de l’an dernier. Enfin et surtout, la volonté des producteurs de « faire du vin » ne doit pas être négligé. Un peu moins de rigueur dans la tenue des rendements (taille, ébourgeonnage, vendanges en vert) ont pu faire de grosse différence à l’arrivée. D’autant que la pluie a fait son apparition début septembre. Les vignes peu chargées étaient prêtes à être récoltées, les autres nécessitaient encore un peu de patience. Ces dernières ont donc été davantage exposées à l’humidité. Rien d’excessif mais pas sans impact sur la concentration des raisins. Au final, les vignerons sérieux peuvent nourrir les espoirs de tenir un millésime dans la lignée de 2015, 2009 ou 2005. Trois grandes années. Les autres feront sans doute des vins corrects mais un peu juste en concentration.  Le constat global reste plus que positif : la Bourgogne est incontestablement une des rares régions françaises qui s’en sort bien en 2017.


Le Mâconnais et surtout Chablis ont peu récolté

 

« Nous sommes entre moins 10 et moins 15% par rapport à une année normale », estime Michel Barraud, président de la Cave des Terres Secrètes (Prissé). Plus au nord, Damien Leclerc, directeur général de La Chablisienne, envisage même un manque de 20 à 25%.  Le retour de sévères gelées printanières dans l’Yonne (Chablis, Saint-Bris, Epineuil, Tonnerrois, etc.) n’a pas fait de cadeau.

 

Plus largement, la faible productivité des blancs est une constante dans toute la région. « La floraison s’est moins bien déroulée pour les chardonnay que pour les pinot noirs », note Vincent Dureuil-Janthial, vigneron à Rully (Côte Chalonnaise).

 


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