Vincent Girardin : métamorphose réussie

La maison Vincent Girardin s’est fait connaitre il y a 20 ans par ses vins faciles et flatteurs. Elle s’inscrit dorénavant, et depuis une bonne décennie, dans le grand classicisme bourguignon : terroirs et vins de garde.

La maison Vincent Girardin propose une belle gamme de blancs et de rouges de la Côte de Beaune notamment. LG.
La maison Vincent Girardin propose une belle gamme de blancs et de rouges de la Côte de Beaune notamment. LG.

« Il y a une dizaine d’années, nous n’aurions jamais fait déguster des vins de 4 ou 5 ans », souligne Eric Germain, œnologue de la maison Vincent Girardin. Comprenez qu’à l’époque, la jeune maison avait d’autres priorités que de produire des vins de garde, ou de faire allégeance au terroir. Elle s’inscrivait dans un style « moderne » avec ses vins expressifs et flatteurs jeunes mais ne gagnant rien à être attendus… « Nous ne faisons pas des vins d’antiquaires », martelait alors le fondateur, Vincent Girardin, peu adepte de la langue de bois. En quête d’une reconnaissance rapide et maitrisant parfaitement cette approche, Vincent Girardin s’est de fait forgé une belle réputation, devenant une référence parmi les maisons émergentes en Bourgogne.
Les temps ont changé, Vincent Girardin a vendu sa société en 2012 (basée à Meursault depuis 2002). Auparavant il a pris soin d’initier une nouvelle approche visant à assoir le statut de la maison parmi les amateurs de vins de terroirs, de garde… Aiguillonné par son fidèle vinificateur, Eric Germain, la maison s’inscrit depuis une grosse décennie dans la grande tradition bourguignonne. « Nous avons véritablement pris notre rythme de croisière en 2007 », se souvient Eric Germain. Mise en avant du parcellaire, peu d’intervention en cave et élevages longs (16 à 18 mois). Un nouveau challenge, sans doute pas le plus simple.

Eric Germain, oenologue de la maison Girardin. LG.
Eric Germain, oenologue de la maison Girardin. LG.

Mais Eric Germain, issu d’une famille vigneronne de Meursault, s’est rapidement senti comme un poisson dans l’eau avec ce nouvel objectif, confessant au passage un attachement viscéral au terroir. Car en plus d’être un œnologue avisé, l’homme est aussi un fin connaisseur du vignoble, celui de la Côte de Beaune en particulier.
Outre le domaine de 12 hectares dont elle dispose (15% de la production), la maison procède à des achats, en très grande majorité effectués sous forme de raisins, vinifiés dans ses locaux taillés sur mesure.


All About Burgundy a mesuré le chemin parcouru après dégustation d’une quinzaine de cuvées issues de 3 millésimes différents. 

 

 

 

Blancs



Meursault Narvaux 2014 – 15 sur 20
C’est selon Eric Germain l’un de ces terroirs de l’appellation meursault qui mériterait d’accéder au rang de premier cru. Dans sa partie basse, près des Genévrières, il donne des vins très racés. Cette cuvée d’une remarquable finesse   en apporte la confirmation. Le nez est citronné et minéral à la fois. Une tonicité présente également en bouche. La texture est tranchante, d’une consistance moyenne, mais d’une bonne longueur. Le temps devrait lui apporter un surcroît d’ampleur.

41 €

Meursault premier cru Charmes 2014 – 16,5 sur 20
Pas moins de 4 parcelles, situées dans les Charmes dessus, ont présidé à l’élaboration de cette cuvée. Des vieilles vignes pour la plupart (plus de 40 ans). Après un nez relativement retenu, sur les fruits jaunes, il dégage une harmonie et une plénitude qui en font une bouteille très prometteuse. « Pour moi le millésime 2014 est une grande année. Il présente un équilibre plus intéressant que les 2015 », souligne Eric Germain. C’est dit.
64 €


Meursault premier cru Perrières 2013 – 15,5 sur 20
En 2013, la maison est allée récolter assez promptement les raisins pour préserver la fraicheur des fruits. Le millésime n’était pas simple et c’est vrai qu’il souffre régulièrement de la comparaison avec ses proches voisins 2012 et 2014. Le nez, plutôt expressif, présente ici des petites touches de réduction (pétard), de fruits confits voire de pâtisserie. Une texture séveuse, comme on rencontre souvent dans les vins de ce magnifique climat, lui assure une belle colonne vertébrale.  
72 €


Chassagne-Montrachet premier cru La Romanée 2013 – 17 sur 20
La maison tient là un excellent approvisionnement. Des vignes âgées, un terroir de grande qualité et un vigneron qui sait mettre l’ensemble dans les meilleures conditions.  « C’est une cuvée de référence chez nous », confirme Eric Germain. Le vin parle de lui-même. D’une remarquable pureté aromatique, sur les agrumes, les fleurs blanches, la minéralité, il propose une texture d’une grande intensité, savoureuse de l’attaque à la finale. Une belle réussite dans le millésime.
64 €


Chassagne-Montrachet premier cru Cailleret 2012 – 18,5 sur 20
Une cuvée issue de deux parcelles dans un climat qui trône au milieu de l’appellation. La plupart des vignes ont entre 60 et 80 ans. Le nez évoque tout simplement le raisin bien mûr laissant au passage le sentiment qu’il en garde sous le pied. Sa texture fait preuve d’une très grande densité, d’une ampleur peu commune à ce niveau d’appellation. Un vin à gros potentiel, à attendre 3 ou 4 ans minimum.

62 €


Puligny-Montrachet premier cru Le Referts 2012 – 16 sur 20
En limite nord de l’appellation Puligny-Montrachet, ce climat est voisin des meursault-charmes. La comparaison s’arrête là : autant les charmes sont réputés pour leur souplesse (surtout la partie basse) autant c’est ici la vigueur qui s’impose. Le nez est assez monolithique sur des notes mentholées. La bouche est ciselée, tranchante et surtout d’une belle longueur. A garder patiemment. 

64 €


Puligny-Montrachet premier cru Combettes 2012 – 17 sur 20
Toujours au nord de l’appellation Puligny-Montrachet, juste au-dessus des Referts, les Combettes fait un joli mixte entre l’ampleur rencontrée dans beaucoup de meursault et la vivacité généralement présente dans les puligny. La cuvée est issue de 3 parcelles dont la maison achète les raisins. L’aromatique évoque les agrumes, le zeste d’orange. Là aussi la concentration du millésime 2012 est remarquablement mise en valeur. Il campe solidement sur ces positions en bouche mais laisse percevoir un caractère minéral en finale.

76.40 €   

Bienvenue-Bâtard-Montrachet 2012 – 19 sur 20
Un terroir confié à Vincent Girardin en 2002 par Bernard Clerc, parti à la retraite. Les vignes sont âgées d’une cinquantaine d’années. Cette cuvée offre un registre aromatique dans l’opulence et la maturité, comme aucune cuvée n’en avait pour l’heure fait preuve. Mais aucune lourdeur ici. Les notes de fruits jaunes juteux restent fines. Une matière d’une ampleur et d’une intensité hors du commun se déploie en bouche. La magie des grands vins est à l’œuvre : la puissance n’entrave pas la finesse ni la longueur. On s’imagine sans trop d’effort en compagnie d’un homard, d’un bar… 

218 € 

Bâtard-Montrachet 2012 – 17 sur 20
Avec des notes de chèvrefeuille et petite pointe mentholée, ce bâtard a décidé de prendre les a priori à contre-pied (ce grand cru est réputé pour son opulence). Le naturel revient tout de même au galop en bouche : la matière est là, solide, onctueuse. La finale finit sur une dominante de fraîcheur qui assure à l’ensemble de la longueur.
290 €

 

Rouges

   

Santenay premier cru Gravières 2013 – 15,5 sur 20
Nous sommes ici dans le village d’origine de Vincent Girardin, sur l’un de ces climats fétiches. Le nez s’ouvre spontanément sur des notes de fruits noirs (mûre), de sureau. Des tannins souples, gourmands, viennent flatter le palais. Un vin de plaisir immédiat, à déguster aujourd’hui et pendant 2 ou 3 ans. 

28 €

Savigny-lès-Beaune premier cru Les Marconnets 2013 – 14,5 sur 20
Ce terroir argilo-sableux de la partie sud de l’appellation Savigny-lès-Beaune, est simplement séparé du vignoble de Beaune (ou l’on retrouve un climat homonyme) par l’autoroute A6. Le nez associe les arômes de framboise et de pierre à fusil. L’attaque en bouche affiche une belle ampleur, les tannins font preuve d’un peu de rugosité amenant une pointe de rusticité en finale.
28 €


Volnay premier cru Santenots 2013 – 15,5 sur 20
C’est l’une des cuvées phare de la maison en rouge avec pas moins de 2 hectares de vignes dont la moitié exploitée directement par la maison. Les parcelles comptent  de très vieilles vignes donnant des pinots noirs fins et qualitatifs. Le nez se déploie sur un registre floral (rose) et épicé, typique des vinifications en vendanges entières. C’est effectivement le cas. Depuis quelques millésimes, Eric Germain met en cuve une proportion de raisins non égrappés (30% ici). En bouche les tannins sont soyeux, caressants. L’ensemble dégage beaucoup d’harmonie et de fond. Comme souvent dans les Santenots…
48 €


Pommard premier cru Les Epenots 2012 – 17,5 sur 20
Un pommard de grande classe, profond et complexe. Le nez développe des arômes de fruits noirs à grande maturité : ils évoquent la cerise burlat, la mûre. Une touche poivrée ajoute de la complexité.  Une matière à la trame fine et consistante s’exprime au palais. La finale est longue traduisant une grande persistance aromatique.

53.60 €


Volnay premier cru Les Pitures 2012 – 15,5
De très vieilles vignes, cultivées en bio, issu d’un terroir voisin de Pommard sur des marnes rouges et blanches. Un triptyque prometteur… Le nez, sur la retenue, propose des notes épicées et animales. La bouche, avec sa matière d’une très grande densité, dessine les contours d’un vin à la concentration comme on en rencontre rarement. Pas d’analogie possible ici avec le caractère élégamment féminin souvent attribué aux vins de volnay. C’est la richesse des tannins, d’une belle  finesse par ailleurs, qui emporte toute autre considération sur son passage. Un vin, issu d’une vinification à 100% en vendanges entières, taillé pour la longue voire la très longue garde.  
43.40 €


Corton grand cru Perrières 2012 – 16,5 sur 20
La colline de Corton offre un large patchwork de terroirs et de donc de nuances.  Situé au-dessus et à proximité du village d’Aloxe-Corto, exposé sud-est, le climat Les Perrières s’exprime le plus souvent dans un registre élégant. C’est le cas de cette cuvée qui ne s’impose pas par sa carrure mais par son style et sa longueur. Un élevage bien dosé met judicieusement cette belle texture en valeur. Sur le plan aromatique, il évoque la violette, le réglisse, les épices.

62 €

 

Les prix sont des prix TTC (particuliers) , départ cave.

 

> www.vincentgirardin.com

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Commentaires : 2
  • #1

    Claude-Ol. Rochat (mercredi, 21 septembre 2016 15:15)

    N'êtes-vous pas un peu présomptueux avec votre appréciation de "vins immédiats" ?
    Le Chambertin et l'Echezeaux 2002 de Girardin sont aujourd'hui somptueux. Mon seul regret est la disparition de sa gamme du Pommard Vignots, que j'achetais millésime après millésime, en toute confiance. 2005 et 2006 sont maintenant parfaits.

  • #2

    Laurent Gotti (mercredi, 21 septembre 2016 15:54)

    @Claude-Ol. Rochat Merci de votre intérêt. Permettez ce petit rectificatif : il est écrit "vins faciles et flatteurs" et non pas "immédiat". C'est ce qui caractérisait en effet la grande partie de la gamme V.Girardin d'alors. Pour l'Echezeaux et Chambertin 2002, c'est une bonne nouvelle que ces vins tiennent une quinzaine d'années mais c'était loin d'être le cas de l'essentiel de la production. Les grands terroirs ont ceci de magistral qu'ils prennent parfois le dessus sur la patte de l'homme....

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