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2016 sera un millésime tardif

Les vignes sont en fleurs partout, ou presque, en Bourgogne. Cette phase importante du cycle de la vigne détermine la date des vendanges. Elles devraient ne pas débuter avant la fin septembre. 

Vignes en fin de floraison en Côte de Beaune. LG.
Vignes en fin de floraison en Côte de Beaune. LG.

« En plein dedans. La pleine fleur devrait être pour demain », confirme Nicolas Maillet, vigneron à Verzé (Mâconnais). Attention fragile : une étape très importante du cycle de la vigne est actuellement en cours. Elle détermine assez précisément la date de vendanges à prévoir. On compte une centaine de jours entre la pleine floraison et la maturité idéal des raisins. Cette floraison confirme donc le caractère tardif du millésime 2016.
«  Ça donne des vendanges pour la fin septembre », estime Nicolas Maillet. On va pouvoir prendre de longues vacances cette année... », plaisante-t-il. Référence sans doute aux débuts de saisons difficile qui a malmené les nerfs des vignerons (gel, grêle).
Même constat à Mercurey, chez Jean-Claude Theulot (Domaine Theulot-Juillot). Ses pinots noirs sont également en pleine fleur. Presque un étonnement pour lui. « Elle s’est déclenché dans des conditions qui n’étaient pourtant pas très favorable en début de semaine ».

Les échos de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits sont similaires : le compte à rebours avant les vendanges a débuté. Les différences d’évolutions de la vigne du nord au sud de la Bourgogne sont assez minimes cette année.
A Chablis Benoit Droin (Domaine Jean-Paul et Benoit Droin) a constaté de nombreuses inflorescences dans ses vignes à partir 21. « La nuit a été chaude et cela a favorisé le début de fleur. On devrait en pleine fleur cette fin de semaine », prédit le vigneron.  
La bonne nouvelle c’est que cette floraison se passe, pour l’heure, dans des conditions ensoleillées et sèches. Elles favorisent la bonne fécondation des baies et une certaine homogénéité dans le stade de maturation de futures grappes.  
La moins bonne : elle confirme les méfaits du gel de fin avril. « Nous avons eu du gel sur 4,5 hectares (ndlr : sur 12 ha au total), sur 3 d’entre eux il n’y aura quasiment pas de raisins », se résigne Jean-Claude Theulot.
Le constat est plus cruel encore à Chablis. Benoit Droin estime que 65% de son vignoble est touché par le gel mais aussi par les épisodes de grêle du mois de mai. Les conséquences de ces aléas se font immanquablement sentir : d’un cep à l’autre le stade végétatif peut-être décalé d’une dizaine de jours, voir davantage. Une situation qui sera difficile à gérer pendant les vendanges. « Ce millésime sera compliqué de toute façon. Si on peut avoir une floraison qui se passe bien, ce sera déjà ça ! », se rassure Benoit Droin. Là aussi c’est la météo qui aura le dernier mot…    

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La Bourgogne désigne ses ambassadeurs 2016

Le palmarès de la cave de Prestige de l'Interprofession des vins de Bourgogne (BIVB) a été rendu public il y a quelques jours. Après dégustation, à l'aveugle, 197 cuvées ont été retenues sur 1 020 vins présentés. La sélection est donc rude : 19,3% seulement des vins retenus... All About Burgundy vous livre son palmarès après dégustation.

Les cuvées, issues des quatre coins de la Bourgogne et de tous niveaux de prix, représenteront le vignoble lors des différents évènements en France et à l'étranger et pour les actions de formation de l'interprofession (y compris celles de l’École des Vins de Bourgogne). Nouveauté de l'année, 2 500 de ces vins seront mis à disposition de la Cité des Vins à Bordeaux, afin d’assurer la représentativité du vignoble auprès des touristes du monde entier.
Voici un aperçu gustatif de ce palmarès. Gustatif mais pas exhaustif : difficile de goûter la totalité des références lors de la matinée de présentation… On y retrouve beaucoup de valeurs sûres, des confirmations mais aussi quelques découvertes.



Blancs

 


Bourgogne "La Part des Anges" 2014 – Cave de Lugny – 14,5 sur 20
Un vin visiblement issu d’une vendange récoltée à haute maturité. Le nez évoque des arômes exotiques, de fruits de la passion. Une texture souple, suave et gourmande se déploie en bouche. A déguster sans attendre.


Chablis 2014- Stéphanie et Vincent Michelet – 15,5 sur 20
Un jeune couple de vigneron qui a créé son exploitation en 2008. Ils ont réussi un chablis d’une belle intensité. Son expression aromatique est pure. Une droiture qui se confirme en bouche. Un vin racé.


Chablis vieilles vignes 2014 – Domaine Servin – 15,5 sur 20
François Servin se plait à produire des chablis d’une bonne ampleur, de garde. Il le montre une nouvelle fois avec cette cuvée bien étoffée, sur des notes de pêche. Un vin gourmand.


Chablis premier cru Montmains 2014 – Domaine Besson – 16 sur 20
Légèrement toasté au nez, ce chablis est surtout un remarquable ambassadeur de son appellation par sa franchise, sa fraicheur (des notes d’agrumes et de minéralité). Tout ce qu’on apprécie dans un chablis…

 

Chablis grand cru Les Preuses 2014 – Nathalie et Gilles Fèvres – 17 sur 20
Le nez est très fin, précis et complexe : les notes florales, de fruits frais et de minéralité se succèdent au nez. Une matière dense et satinée se déploie en bouche, elle se prolonge par une finale d’une grande pureté.

Chablis grand cru Les Bouguerots  2014 - Domaine Laroche – 15 sur 20
Son grand cru Les Clos 2012 nous avait déjà tapé dans l’œil, en mars dernier. Ce Bouguerots, climat le plus à l’ouest de la colline des grands crus à Chablis, fait preuve d’une grande typicité. Finement ciselé et long en bouche, les notes minérales se développent au nez.

Savigny-lès-Beaune « Les Gollardes » 2014 – Guy et Yvan Dufouleur – 17 sur 20
Un très belle cuvée, concentrée, intense et d’une grande longueur. L’élevage en fût lui apporté des jolies notes vanillées sans masquer son fruit et sans nuire à son harmonie en bouche. Le domaine, davantage connu pour ses rouges, fait preuve de maitrise aussi en blanc.

Puligny-Montrachet premier cru Clos de la Pucelle 2013 – Domaine Jean Chartron - 15 sur 20
Un des plus fameux terroirs de la Côte de blancs, dans un millésime peu évident. Le résultat ne déçoit pas : la cuvée fait preuve, d’ampleur et d’équilibre. Sur des notes de pêche et de beurre, l’ensemble s’exprime avec suavité.

Chassagne-Montrachet premier cru Abbaye de Morgeot 2014 – Domaine Berthelemot - 17 sur 20
Le domaine exploite un peu plus d’un demi-hectare de ce terroir du sud de la Côte de Beaune. Les qualités de fraicheur et de finesse du millésime 2014 sont là. La propension de l’appellation chassagne à donner des vins amples et suave fait le reste. Un grand blanc, complet.

Saint-Aubin premier cru Le Puits 2014 – Bernadette Lamy – 17 sur 20
Indéniablement l’un de mes coups de cœur sur cette série de blanc. Le nez se tient sur la réserve mais fait preuve d’une belle finesse. La bouche est sèveuse, salivante, d’une grande harmonie. Une longue finale épicée vient conclure la dégustation. Un grand blanc de caractère.

Meursault-Genevrières 2014 – Domaine Latour-Giraud – 15 sur 20
Jean-Pierre Latour est l’un des principaux propriétaires dans ce magnifique terroir de Meursault. Enveloppée dans un beau boisé vanillé, cette cuvée fait preuve d’une grande vigueur. Elle développe un caractère citronné et minéral. Un vin tendu qui méritera quelques années de garde pour gagner en ampleur.

Mercurey 2014 Les Champs‐Michaux - Domaine Adélie 2014 - Albert Bichot – 16,5 sur 20
Un blanc d’une très grand profondeur : une matière ample et tonique emplie le palais. Le nez s’exprime sur un registre frais évoquant les agrumes avec une belle précision. Une vraie réussite.

Mâcon-Igé « Lieu-dit Château London » 2014 - Domaine Fichet – 16 sur 20
Un classique du Mâconnais, produit depuis 1978 par la famille Fichet sur une superficie de près de 5 ha. Le nez est expressif sur des notes de pêche juteuse. La bouche est gourmande, enveloppante à souhait.

Viré-Clessé 2015 –Domaine Le Virolys – 17 sur 20
Evidemment, la puissance, la richesse du millésime 2015 sont bien au rendez-vous. Laurent Gondard a su préserver de la fraîcheur et de l’équilibre. L’ensemble donne un vin particulièrement flatteur, harmonieux. A découvrir d’urgence.
  
Pouilly-Fuissé Les Vignes Blanches 2012 - Domaine Thibert – 14,5 sur 20
Beaucoup de fond, une belle texture, un potentiel certain, mais aussi une petite pointe de réduction dans ce Pouilly-Fuissé. Un vin de garde, à attendre ou à aérer quelques heures avant le service.

 

Rouges

 

 

 

Gevrey-Chambertin vielles vignes 2014 - Domaine des Beaumont – 14,5 sur 20

 

Lui aussi est un habitué de la cave de prestige. Thierry Beaumont livre un gevrey ample et velouté. L’ensemble est mis en valeur par un boisé toasté bien intégré.

 

 

Gevrey-Chambertin Les Jeune Rois – Domaine René Bouvier – 15,5 sur 20 

 

 Dans le style tout en finesse, mais en longueur et précision aromatique du domaine, ce gevrey-chambertin ravira les amateurs de pinots noirs bourguignons s’exprimant dans l’élègance et la pureté. 

 

 

Gevrey-Chambertin premier cru Les Cazetiers 2014  – Domaine Henri Magnien – 16 sur 20

 

Un terroir du nord de l’appellation, dont l’aptitude à donner des vins d’une grande finesse de texture n’est plus à démontrer. Ici le velours des tannins, mais aussi la profondeur de la matière en apporte un nouvel exemple. Une belle palette de fruits noirs se dévoile en prime.

 

 

Clos Vougeot 2013 – Domaine Prieur – 15 sur 20

 

D’une belle finesse aromatique sur les épices (clou de girofle) au premier nez, ce Clos Vougeot évolue sur un registre plus floral à l’aération. Les tannins sont assez denses et fermes en bouche tout en préservant une bonne harmonie générale.

 

 

Clos Vougeot 2014 – Domaine Castagnier – 15 sur 20

 

Installé sur le domaine familial de Morey-Saint-Denis, Jérôme Castagnier exploite un demi-hectare de clos-de-vougeot. Son 2014, dense et profond, présente le profil d’un grand vin de garde. Il s’exprime sur les épices et les fruits noirs frais. A noter que le Clos de la Roche du domaine figure également dans la sélection.

 

Vosne-Romanée premier cru En Orveaux 2014  - Domaine Guyon – 17 sur 20
Un domaine, habitué de la cave de prestige, qui gagnerait à être davantage connu. Adepte des vinifications en vendanges entières, il a réussi un remarquable2014 : aussi dense et profond en bouche qu’il est élégant (des notes florales et finement boisées) au nez.


Nuits-Saint-Georges premier cru Les Procès 2013 – Joseph Drouhin – 14,5 sur 20
La maison possède la moitié de ce Climat situé au sud et à proximité de la commune. Il s’exprime avec vigueur, bien assis sur des tannins denses et avec une pointe d’austérité. Bien dans la typicité de ce secteur de l’appellation Nuits.


Beaune premier cru Les Teurons 2012 – 17 sur 20
Millésime sans doute encore sous-évalué aujourd’hui 2012 fait preuve d’un grand potentiel. Une appréciation que l’on pourrait aussi accordé à bien des terroirs de l’appellation beaune, trop peu connus. D’une remarquable finesse aromatique, avec une dominante florale, cette cuvée développe un structure profonde, veloutée et réglissée. Grand vin.
Pommard premier cru Les Poutures 2014 – Domaine Lejeune – 16 sur 20
Un secteur de bas de coteaux au sud de l’appellation. Le nez, sur des notes de confiture de mûre, de camphre, fait belle impression dès la première approche. La bouche est dense, assise sur une solide trame tannique. Très pommard…   


Pommard premier cru Les Jarollières 2013 - Jean-Marc Boillot – 15,5 sur 20
Cette même cuvée, sur le millésime 2011, était déjà présente dans la cave de Prestige l’année dernière. Ce terroir du nord de Pommard nous gratifie d’une densité assez nettement supérieure à la moyenne de l’année. Les tannins sont fermes sans se départir d’une certaine élègance.


Rully premier cru Champs Cloux « Comtesse Yvert » 2014 – Domaine de Rully Saint-Michel - 15,5 sur 20
Une cuvée aux notes de fruits noirs expressifs au nez. Une spontanéité que l’on retrouve aussi bouche. La structure est friande, souple et aromatique. Un beau vin de plaisir. 

Mercurey premier cru Les Croichots 2014 – Domaine Theulot-Juillot – 15 sur 20
Un terroir apte à donner les rouges parmi les plus intéressants de la côte chalonnaise. Entre de bonnes mains il a donné cette cuvée à la matière dense mais aussi fine et fraiche. Un vin très harmonieux.


Mercurey Les Crêts 2014 – Domaine de Suremain – 15,5 sur 20
Avec ses notes de pivoine, mercurey annonce d’une remarquable finesse et fraicheur dès les premières notes aromatique. Un constat initial qui se confirme en bouche. Les tannins sont élègants, « féminins ».


Givry premier cru Les Bois Gauthiers 2014 – Michel Sarrazin – 16 sur 20
Equilibre irréprochable et tannins de velours, les frères Sarrazin ont un coup de patte remarqué pour livrer des vins d’une superbe élégance. Les épices et les fruits noirs se marient avec bonheur au nez.    

> La totalité du palmarès est à découvrir ici : lien.

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« On ne peut pas compenser systématiquement la perte de volume par les prix. Il faut avoir la sagesse de dire stop ! »

Damien Leclerc, directeur de la Chablisienne et directeur général de Vignerons associés (La Chablisienne, Nuiton-Beaunoy et Cave des Terres Secrètes) a un œil sur 10% du vignoble bourguignon. Il évoque les pesticides, le Brexit et les conséquences du gel ...

Damien Leclerc, directeur de la Chablisienne et de Vignerons Associés. LG
Damien Leclerc, directeur de la Chablisienne et de Vignerons Associés. LG

Quel bilan tirez-vous de ces premières semaines très difficiles du millésime 2016 pour les vignes ? Êtes-vous préoccupé ?
Bien-sûr. Il y a plusieurs choses : les aléas climatiques du moment et puis la récurrence. A Chablis, en 8 mois, nous avons connu la sécheresse, la grêle avant les vendanges, les gelées et de nouveau la grêle. Ça fait un peu beaucoup.  Dans certains secteurs de Côte-d’ Or il y a une récurrence sur 5 ans. Le paradoxe, c’est que le marché attend nos produits et nous ne serons peut-être pas en capacité de les fournir. On risque aussi de voir disparaître des exploitations. Ce serait totalement incongru avec cette demande positive. Les grands équilibres de la filière sont fragilisés avec un niveau de stock qui reste faible.

 

> Lire aussi : Grêle à Chablis, la moitié de la récolte perdue ?


Les conséquences sur les prix des échanges entre producteurs et négociants se font déjà sentir. C’est une source d’inquiétude ?
La première conséquence, c’est effectivement une hausse des prix, notamment pour le millésime 2015. Il faut rappeler que nous ne sommes pas sur une île déserte. Il y a une concurrence internationale forte. Nous avons déjà beaucoup augmenté  les prix ces 5 dernières années. On risque de perdre définitivement certaines parts de marché. On ne peut pas compenser systématiquement la perte de volume par les prix. Il faut avoir la sagesse de dire stop.
Pour moi la notion essentielle dans notre métier c’est la pérennité. Tout sauf le court terme. Le cours volatil, c’est déstructurant pour le consommateur, pour le metteur en marché, pour les distributeurs, pour les producteurs. Ce n’est qu’un vœu pieu puisque malheureusement, nous connaissons une période de concentration du négoce. La filière est en plein repositionnement. Les aléas climatiques amplifient ces phénomènes. C’est inquiétant parce qu’on défend un terroir mais aussi un territoire. Le jour où il n’y aura plus que des sites de production et que les centres de décisions seront ailleurs, cela voudra dire que le destin de la région se joue ailleurs.


Ces évolutions valident-elles votre politique de mise en bouteille d’une part grandissante de votre production ?
L’union fait la force mais pour moi ce n’est pas suffisant. Au-delà de l’effet de taille, il y a un autre élément déterminant : la qualité des produits, du marketing pour pouvoir générer de la valeur ajoutée. Il faut aussi travailler sur le faire savoir, c’est indispensable. Tous ces éléments mis bout à bout peuvent permettre d’atteindre un bon niveau de cohérence.


En Angleterre, de loin son principal marché export, Chablis va mieux. La perspective du « Brexit » vous inquiète-t-elle ?
C’est une grosse incertitude. Il y a un risque sur les parités monétaires. Si effectivement le Royaume-Uni sort de l’Union européenne, sa croissance s’affaiblira avec des conséquences significatives pour nos activités. Mais c’est vrai, le Royaume-Uni va mieux. Les consommateurs restent très attachés à nos produits, c’est une bonne chose et le commerce est bien reparti. On a beaucoup développé nos marques propres. Cela veut dire renforcer le lien direct avec le consommateur final. C’est très important. Ce n’est pas simple non plus. Le modèle grande distribution n’est pas bon. Nous avons beaucoup parlé ces dix dernières années des pays émergents mais 10 ans plus tard on constate que l’on n’a pas réellement ouvert de nouveaux marchés.


Comment réagissez-vous aux menaces qui ont été envoyées à Jérôme Chevalier (président des producteurs de Mâcon). Sentez-vous localement cette crispation autour de l’activité viticole. Cela vous incite-t-il à revoir certaines pratiques ?  
Il y a sur ce point un manque de courage et de vision, de communication. Et une démission de nos élus. L’enjeu de demain c’est de nourrir le monde, une planète à 7 milliards d’habitants. Pensez-vous qu’on va pouvoir le faire sans OGM, sans pesticides, sans productivité ? Des éléments qui ne sont pas forcément indissociables de la protection de l’environnement. Il ne faut pas tomber dans la caricature. Peut-être sommes-nous allés trop loin, il y a quelques années dans l’utilisation de certains produits de traitement. Ce que l’on fait aujourd’hui n’a plus rien à voir. Nous ne sommes peut-être pas dans le bio mais dans du raisonné. Nous avons fait de gros progrès en terme de pulvérisation, de doses, de nombre de traitements. Des produits ont disparu. Aujourd’hui une frange de la population passe à l’acte sur tout un tas de thématique. Il ne faut pas oublier que l’agriculture a toujours existé. Attention au syndrome Roissy-Charles-de-Gaulle : on a construit un aéroport à 50 km de Paris pour être à l’écart et maintenant les gens qui se sont installés entre-temps à proximité protestent contre l’aéroport. Les choses étaient pourtant connues de tous. Bien évidemment, on ne doit pas faire n’importe quoi avec les pesticides.  Mais qu’est-ce qu’on va faire à la fin de ce pays à force de durcir de contraindre, de légiférer ? Un endroit où il y aurait seulement des touristes ? On a d’autres choses à proposer. 

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Pesticides : tensions dans le Mâconnais

Menaces de mort, témoignages de soutien et conférence de presse... Alors que la vigne reprend doucement son cycle, les esprits s'échauffent au sujet des pesticides dans le Mâconnais. Le sujet est pris très au sérieux par les viticulteurs. Comme par les habitants de la région...

Les images de cartes postales cachent parfois une difficile cohabitation... Les Roches de Solutré et de Vergisson. LG
Les images de cartes postales cachent parfois une difficile cohabitation... Les Roches de Solutré et de Vergisson. LG

Une cartouche de fusil de chasse et des menaces de mort. C’est ce qu’a découvert Jérôme Chevalier, président de l’Union des Producteurs de Vins Mâcon (UPVM) dans une enveloppe à son domicile le 18 mai dernier. L'auteur(e), anonyme faut-il le préciser, a demandé l’arrêt de l'usage des produits phytosanitaires, " s'il n'y a pas de réaction, alors il y aura des victimes chez les viticulteurs", précisait le courrier.
Une plainte a été déposée et l’affaire n’en est pas restée là. Les acteurs de la filière ont souhaité lui donner un retentissement particulier. Au cours d’une conférence de presse, le 31 mai, Jérôme Chevalier a reçu publiquement le soutien des politiques (maire de Mâcon, président du département, vice-président de la région) et du préfet.
Marc Sangoy, vice-Président des producteurs du Mâconnais a rappelé qu’une prise de conscience générale a eu lieu ces 20 dernières années pour « limiter l’impact des traitements sur l’environnement et les riverains ». Il a également  égrené les différentes mesures prises dans ce sens. Celles-ci n’ont visiblement pas suffi à prévenir les inquiétudes et les tensions sur le sujet. En témoigne la création d’un « collectif Mâconnais pesticides et santé » le mois dernier (qui a fermement condamné les menaces à l’encontre de Jérôme Chevalier). Son but est d’obtenir une meilleure protection des enfants dans les lieux sensibles (écoles, crêche, etc .) vis-à-vis des traitements phytosanitaires.
Le constat s'impose : la pression sociétale est de plus en plus forte sur l’emploi des pesticides. L’émission Cash investigation de février dernier en apporté une nouvelle preuve.

 

Rappel à la réglementation

Jérôme Chevalier, président de l’Union des Producteurs de Vins Mâcon. LG
Jérôme Chevalier, président de l’Union des Producteurs de Vins Mâcon. LG

Bernard Lacour, président de la fédération des exploitants agricole de Saône et Loire,  a déploré un contexte de « dégradation du vivre ensemble dans nos territoires autour de l’activité agricole ». « Nos professions agricoles ont un besoin permanent de communication, d’expliquer notre travail, ces évolutions (…).Il faut nous adapter au mieux aux attentes des consommateurs et de la société ».
De son côté, Jérôme Chevalier n’a d’ailleurs pas hésité à condamner les pratiques de certains viticulteurs « qui font n’importe quoi » tout en affichant sa détermination à les remettre dans le droit chemin.
Le préfet de région n’a pas manqué de repréciser les règles : « La réglementation précise bien, quel que soit les produits utilisés, que des mesures de précaution, de protection, doivent être prises à proximité d’établissements sensibles. A défaut l’autorité administrative, en l’occurrence le préfet, peut être amenée à prendre des arrêtés interdisant la diffusion de produits phytopharmaceutiques à proximité des établissements. »
Chacun avait en tête l’arrêté mis en place en Gironde, en mars dernier, interdisant la pulvérisation à proximité des établissements à certains créneaux horaires en fonction du type d’équipement utilisé par les viticulteurs (dans un rayon de 50 mètres à 5 mètres). Le préfet n’exclut pas de prendre un arrêté de ce type. Pour l’instant l’autodiscipline est l’approche privilégiée. Le préfet et les viticulteurs travaillent sur une charte. Le texte doit servir de base pour mener une concertation locale impliquant les maires.  « Si localement des mesures n’étaient pas respectés, on s’orientera vers des mesures draconiennes notamment un arrêté de prescription.  Explication et communication ne portent dans la durée que si les actes sont en cohérence avec les discours », a prévenu le préfet. Les prochaines semaines feront donc office de test grandeur nature…

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Le domaine Arnaud Mortet est né !

Clémence et Arnaud Mortet (Domaine Denis Mortet). LG
Clémence et Arnaud Mortet (Domaine Denis Mortet). LG

Arnaud Mortet et sa sœur Clémence, à la tête du domaine Denis Mortet (Gevey-Chambertin), viennent de reprendre l’exploitation de 4 hectares. Les vignes sont situées aussi bien en appellation gevrey-chambertin village (2,5 ha), qu’en premiers crus (Lavaux Saint-Jacques, Perrières) mais aussi en grands crus : Mazoyères-Chambertin (40 ares) et Charmes-Chambertin (20 ares). Le vigneron qui les exploitait a passé la main suite à des soucis de santé.
Arnaud Mortet et sa sœur restent à la tête du domaine Denis Mortet. Un domaine qu’Arnaud mène depuis le décès brutal de son père en janvier 2006. La superficie exploitée par la famille monte à 16 ha. « Ces vignes vont nous permettent d’assurer la transmission du domaine de mon père, explique Arnaud Mortet. Il est aussi possible que nous séparions de certaines parcelles. Notre objectif est en priorité de garder la même qualité dans notre travail ». Des travaux d’extension de la cuverie et de réaménagement des installations sont programmés.

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